Risques
naturels et risques de société autour de Messine (Sicile)
Les
populations des régions méditerranéennes semblent plus exposées,
depuis quelques années, aux risques naturels, séismes et glissements
de terrain notamment. Est-ce vérifiable ? Et quelles en sont les
raisons ?
1.
Un risque sismique accru.
- Les régions
méditerranéennes, au contact de deux plaques en mouvement, connaissent
naturellement des séismes, souvent nombreux, parfois graves, comme
celui de décembre 1908 à Messine, qui fit 60 000 morts.
- Cependant,
les enregistrements ne montrent pas d'aggravation ces dernières
années, ni dans la gravité des phénomènes, ni dans leur fréquence.
- En revanche,
la multiplication des constructions récentes autour de Messine,
sur des terrains mal consolidés et dans des zones hautement sismiques,
modifie considérablement le degré de risque. La nature n'y est
pour rien, le risque est d'origine socio-spatiale.
2.
Glissements de terrain et ravinements.
- Les glissements
de terrain se produisent volontiers, dans cette région instable
et aux sols mal consolidés, sous l'effet des averses méditerranéennes,
intenses et agressives. La végétation, réduite par les incendies,
ne joue plus son rôle stabilisateur.
- Les glissements
de terrain ont ainsi été nettement plus nombreux depuis 20 ans,
mais sont localisés à proximité et à l'aval des nombreuses routes
goudronnées créées dans les années 60 et 70 : la densité des routes
a doublé en 20 ans ! Ces aménagements limitent l'infiltration,
canalisent l'écoulement superficiel, renforcent les effets du
ravinement.
- Le développement
de l'automobile et l'obligation d'une desserte régionale complète
ont créé un risque nouveau d'instabilité des versants, un risque
d'origine sociale.
Les
risques naturels n'ont donc guère varié. Ce sont les sociétés humaines
qui s'exposent aujourd'hui davantage à ces risques ou qui en génèrent
de nouveaux.
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