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Patrice GIELEN |
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L'article complet |
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Les relations des hommes et de leur environnement
sont au cur de la problématique de lenseignement
de la géographie scolaire depuis plus dun siècle.
Cependant, au fil du temps une évolution sest
opérée : elle prend en compte une nouvelle définition
de la géographie et la place nouvelle de la géographie physique.
Dune étude centrée sur la géographie physique,
et particulièrement sur la géomorphologie, on est passé
progressivement à une géographie systémique qui intègre
les rapports entre les sociétés et leur milieu, puis à
une géographie de lenvironnement davantage spatialisée.Cette conférence-débat, organisée autour de quatre interventions, apporte sa contribution à létude des relations hommes-nature dans lenseignement de la géographie au collège et au lycée. De la géographie
physique classique à une géographie environnementale.
Quelle évolution à travers les programmes de la classe
de seconde de 1963 et de 1981 ? » Claudine CASTELLANI,
professeur au lycée Gaston Bachelard de Bar-sur-Aube. Dans les années 50 et 60, la géographie
a beaucoup évolué. La nature même de la géographie
a changé : elle est passée de létude
des rapports entre la nature et les hommes à une étude
de lorganisation de lespace. La place de la géographie
physique a elle-même évolué dans le champ de la
géographie.
Les programmes scolaires ont-ils tenu compte
de cette évolution, notamment en classe de sconde ? Deux
programmes de géographie de la classe de seconde sont symptomatiques
dans cette évolution : celui de 1963 et celui de 1981.
Le programme de 1963 accorde une place écrasante à la géographie physique. Après une courte introduction sur les représentations de la terre, la géographie physique occupe deux tiers du programme (le troisième tiers étant consacré à la géographie humaine). Lorganisation est la même que pour le programme de 1944-1945. Il sagit dune géographie générale très proche de celle de Vidal de la Blache qui ancre la géographie dans le champ des sciences de la nature. Cest une géographie « à tiroirs » très marquée par le « traité de géographie physique » de E. de Martonne (1909) qui établit quatre parties distinctes à savoir : climat, hydrographie, relief, biogéographie mais avec une prépondérance de la géomorphologie. La partie consacrée à létude du relief, par exemple, est riche denseignements, elle vise à « apprendre aux élèves à identifier les grandes familles de formes ». Suit un catalogue des grandes formes : socles, massifs, chaînes de formation récente, fossés tectoniques, plaines et bassins sédimentaires... Ce programme intègre cependant quelques données qui prennent en compte les nouvelles connaissances et les débats en géographie physique. Ainsi, dans létude de latmosphère, il est conseillé dévoquer, certes, la théorie ancienne de la cheminée équatoriale mais aussi « la théorie moderne fondée sur le mouvement général de lair douest en est dans la moyenne et haute atmosphère ...». Toutefois, les grands bouleversements seront pris en compte, dix huit ans plus tard, dans le programme de 1981. Ce programme est en rupture par rapport au précédent. La coupure ente la géographie physique et la géographie humaine nest plus si nette. La géographie nest plus considérée comme une science naturelle mais comme la science qui étudie lhomme dans son espace. Lapproche de la nouvelle géographie est prise en compte mais timidement. La conception se renouvelle, le catalogue disparaît et une volonté de problématiser sesquisse. On entre désormais par la notion de ressources et les notions de cycle et de système (écosystème) empruntées aux autres sciences font leur apparition. Cest larrivée dune géographie systémique et environnementaliste où lhomme est au cur des approches. Au total, ces deux programmes mettent en évidence une nette évolution de 1963 à 1981 qui suit le passage dune science naturelle à une science sociale qui saccompagne de nouvelles interrogations et de nouvelles problématiques. Toutefois, il faut attendre le programme de 1995 pour que les concepts denvironnement et daménagement deviennent les thèmes fédérateurs de lensemble du programme. « Le concept denvironnement dans le programme de géographie de la classe de seconde de 1995 ». Pierre PERE, professeur au lycée Maurice Genevoix de Decize. Lenvironnement relève dabord de la perception. Il peut être perçu tout à la fois comme un bien commun, un héritage, un potentiel ou encore une contrainte. Le paysage est une fraction visible de lenvironnement, une des formes démergence du système spatial perçu à partir dun lieu et dun point de vue donnés. Les sociétés humaines agissent sur leur environnement. (dcument 1) Lenvironnement est un espace occupé. Ce qui pose le problème de lutilisation optimale dun environnement donné ; quel est le rôle des conditions naturelles dans la fixation et le développement des grands foyers de peuplement ? Comment concevoir une gestion évolutive des densités ? Quelle est limportance des « environnements rêvés » dans la motivation des migrations. Lenvironnement se caractérise par des ressources et des contraintes. (document 2). Utiliser des ressources demande denvisager le repérage des besoins des sociétés, leur mode de gestion des ressources et les formes de compétition entre les utilisateurs. Le temps court de lutilisation des ressources nest ni celui de la gestion, ni celui de leur renouvellement. Répondre aux contraintes de toutes sortes (naturelles, de société comme les contraintes juridiques, le bâti ancien...) amène à explorer la notion de risque, naturel ou technologique. Environnement et aménagement forme un couple indissociable. Aménager des territoires induit la transformation des conditions naturelles aussi prégnantes soient-elles. Plus généralement, toutes les activités humaines ont des effets sur le milieu naturel (activités agricoles ou industrielles et de transport, modes de vie urbains). Créer de nouveaux environnements, cest prendre en compte leur intégration aux environnements préexistants. Sauvegarder lenvironnement implique den considérer une partie comme patrimoine naturel ou culturel, cest-à-dire de préciser les valeurs communes qui fondent les critères de leur conservation. « Lavalanche du 25 février 1995 à Peisey-Nancroix (Savoie) : environnement-risque naturel-pratiques sociales. Jean-Jacques MISERY, Inspecteur dAcadémie-inspecteur Pédagogique Régional. A travers une étude de cas (une avalanche emportant des chalets dalpages devenus résidences secondaires habitées été et hiver) dans une vallée de Savoie, il est possible daborder dune part les conditions naturelles qui prévalent dans les milieux de montagnes tempérées et dautre part la situation de crise qui peut naître de comportements liés à des changements de pratiques sociales et de représentations de ces milieux. En sappuyant sur lanalyse dun corpus documentaire (extrait de carte IGN, dépêche AFP, bulletin météorologique, historique des avalanches, déclaration du maire de la commune), les élèves sont invités à comprendre une situation géographique où un phénomène naturel classique en montagne (la survenue dune avalanche) se transforme en risque du fait des comportements humains : avec le développement de la pratique du ski, les chalets dalpages habités autrefois temporairement lété ont été aménagés et restaurés pour être habités toute lannée (en France, le permis de construire nest pas dissocié du permis dhabiter). (documents 3a, 3b, 4a,4b, 5a,5b). Cet exemple met en relation un système spatial qui a évolué dans le temps (un hameau de chalets précaires jadis fréquentés lété devenu un hameau de résidences secondaires habitées toute lannée), un système social dont les acteurs, et leurs stratégies, ont profondément changé (les éleveurs font place aux touristes, le rôle de lONF dans la restauration des terrains de montagne, une municipalité soucieuse de conserver son patrimoine architectural...). Au total, ce travail débouche sur la prise de conscience que lévolution fonctionnelle du site a favorisé laugmentation du risque lié aux avalanches. Cette notion de risque se situant à larticulation dune situation physique et dun comportement sociétal. Ainsi, la responsabilité des élèves, leur prise de conscience en tant que citoyens ne peuvent que sen trouver renforcées, létude de cas montrant bien le rôle et laction des acteurs sociaux devant les atouts et les contraintes de la nature. « La géographie de la nature au collège : les paysages touristiques tropicaux et les représentations des élèves ». Dominique CHANVILLARD, professeur au collège Jacques Twinger de Strasbourg. Les programmes de collège, de la sixième à la quatrième, font référence aux paysages : en sixième plus particulièrement avec les paysages-types. Ces études permettent de poser différentes problématiques qui intègrent la Nature, transformation des espaces « naturels » par les sociétés humaines, contraintes spécifiques de certains milieux naturels, mais aussi demande de « Nature » de la part des sociétés. Cest lobjet de cette étude de cas proposée à une classe de cinquième. Dans le cadre dune différenciation des espaces en Amérique, aux frontières des deux Amériques, elle propose létude dun paysage touristique aux Antilles. Les élèves disposent dimages de la République Dominicaine extraites dun catalogue de voyagistes pour répondre à la question « quelle image des Antilles ce catalogue propose-il aux touristes européens ? (document 6) Pourquoi là ? Cocoteraies, plages de sable fin, climat, éloignement des villes... Dans un deuxième temps, dautres documents, tableau statistique, articles, permettent de corriger cette image de lîle . Ce « rêve
géographique », paysage-type, météo-type,
correspond à une demande des sociétés « riches ».
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