Les crises qui secouent l’Afrique depuis plusieurs décennies alimentent un concept qui semble avoir été créé pour exorciser l’impression trop négative qui finissait par prévaloir : l’afro-pessimisme1. Avec le temps, le concept a été érigé en tabou et la pensée dominante se démarque désormais assez systématiquement de « l’afro-pessimisme ambiant ». Elle appelle davantage l’attention sur les avancées de l’Afrique, sur ses réussites, et même parfois sur les sourires qui continuent de fleurir dans les bidonvilles malgré la misère... Un peu plus libres que les universitaires, des journalistes ont pu s’affranchir de ces pressions insidieuses (Kapuscinski, 1998), mais certains (Smith, 2003) ont été vivement pris à partie (Diop, 2005) pour avoir évoqué sans trop de précautions les malheurs du continent.
Certes, on préférerait des images moins désespérantes et d’autres journalistes s’emploient à privilégier la bouteille à moitié pleine (Robert, 2004) pendant que les économistes de l’AFD (Agence française de développement) alignent des taux de croissance à deux chiffres pour tenter de démontrer que le pire n’est jamais sûr (Sévérino, 2007). Mais d’autres données sont inquiétantes : selon l’Atlas stratégique 20082, sur 35 conflits graves répertoriés dans le monde, 13 sont situés en Afrique, où 15 pays (sur 53) sont concernés par une « crise d’intensité moyenne à haute ». On se souvient qu’en 1996 la revue Afrique contemporaine avait déjà consacré un numéro entier à « L’Afrique face aux conflits », et l’on constate que la situation, loin de se calmer, s’est au contraire aggravée. Les tensions pourraient même s’exacerber en raison de la nouvelle géostratégie des matières premières (Antil, 2007).
Et c’est ainsi qu’au début du XXIème siècle, il y a en Afrique davantage de soldats étrangers participant aux opérations de maintien de la paix qu’il n’y en avait un siècle plus tôt dans les armées coloniales de conquête. A cette époque, on parlait (déjà) de pacification… En 2008, sur 88 000 casques bleus de l’ONU déployés dans le monde, 61 000 sont engagés sur le continent africain3, dans huit conflits ouverts ou larvés (voir tableau). Pour les Nations unies, la facture militaire africaine atteint 5,5 milliards de dollars (sur un total mondial de 7,2 milliards)4. On peut y ajouter 11 000 soldats français stationnés dans neuf pays, ainsi que plusieurs milliers de Britanniques et, depuis peu, des Américains dont 1 500 sont visibles et basés à Djibouti, et quelques autres moins en vue dans le désert malien5.
| Pays | Casques bleus | Soldats français |
| Centrafrique | 85 | 415 |
| Tchad | 1 100 | |
| Tchad-Eufor | 2 200 | |
| Djibouti | 2 900 | |
| Sud-Soudan | 9 952 | 10 |
| Soudan-Darfour | 9 213 | |
| Ethiopie-Erythrée | 503 | |
| Congo | 18 408 | |
| Cameroun | 50 | |
| Gabon | 800 | |
| Côte d’Ivoire | 9 126 | 2 400 |
| Liberia | 13 586 | |
| Sénégal-Cap Vert | 1 200 | |
| Sahara occidental | 220 | |
| Total | 61 093 | 11 075 |
Présence
militaire (ONU et France)
en Afrique en 2008
Or, non seulement toutes ces turbulences africaines sont lourdement meurtrières, mais elles génèrent d’importants mouvements de population à l’intérieur des frontières ou sur les marges de celles-ci (Guichaoua, 2004). Bien que les chiffres soient difficiles à établir – car l’UNHCR n’est pas en charge de toutes ces populations – on estime généralement que l’Afrique héberge le tiers des réfugiés (soit environ 6 millions) et la moitié des déplacés (soit environ 25 millions) de la planète. Même si les épisodes de famine génèrent encore parfois des regroupements sur les lieux de distribution de l’aide alimentaire, les réfugiés et déplacés sont aujourd’hui de plus en plus des personnes qui fuient les combats et l’insécurité. On compte ainsi 1,3 millions de déplacés en RD Congo, 1 million en Somalie, et probablement près d’un million d’habitants du Soudan qui se sont soit réfugiés au Tchad soit déplacés dans leur propre pays.
Si l’on affine l’analyse, on trouve sur le continent une trentaine de pays qui, sans être ouvertement en guerre, sont soumis de temps à autre à des accès de violence. Et si l’on choisit un autre angle d’attaque, celui des libertés individuelles, on note que l’indice établi par Freedom House ne classe en 2008 que 7 pays6 sur 53 dans la catégorie « libres » (FH, 2008). De telle sorte que même les plus afro-optimistes des économistes n’accordent qu’à un pays africain la note « A2 » en termes de risques-pays7. On commence à apercevoir le lien pervers entre le développement économique et la paix civile…
Notre
intervention propose donc de relire la géographie
politique africaine sous l’angle des paramètres
habituellement retenus pour expliquer les conflits et les guerres8,
c’est-à-dire les luttes pour conquérir le pouvoir
ou pour contrôler des territoires (Lacoste, 2004). Mais
l’exercice sera contextualisé : qu’entend-on,
en Afrique, par « pouvoir » et par
« territoire », et est-il pertinent de
cloisonner les deux concepts ? La décomposition observée
ne prend-elle pas ses racines dans la crise socio-économique
traversée par la quasi-totalité des pays africains ?
Les pouvoirs : des « techniques d’encadrement » à la (mauvaise) gouvernance
Lorsque Pierre Gourou, dans ses travaux d’après-guerre, a appelé l’attention sur l’importance des « techniques d’encadrement », il fut suspecté de colonialisme. De fait, il évoquait sous ce terme l’organisation des sociétés humaines et de leur espace, en précisant qu’il fallait mettre en place, pour sortir le continent du sous-développement, une forme de pouvoir capable du supplanter les chefferies traditionnelles et l’administration coloniale. Il fallait de « l’autorité » : « Discipline donc : mais qui l’imposera ? Au moment où s’affaisse l’autorité des puissances colonisatrices, qui imposera aux autochtones et aux colons européens les regroupements indispensables et l’obéissance absolue qui sont les conditions de la bonne mise en train de l’économie tropicale ? […] D’autre part, les méthodes démocratiques aboutissent généralement à des compromis qui ne sont pas compatibles avec les exigences de la connaissance scientifique. » (Gourou, 1948).
Replacées dans leur contexte historique, ces lignes sont riches d’enseignements. L’auteur sent venir les indépendances, semble avoir compris que les sociétés colonisées n’ont pas parfaitement intégré le modèle de l’Etat occidental, et s’interroge sur la nature des pouvoirs qui vont se mettre en place lors de la décolonisation. Peut-être eût-il fallu se pencher avec davantage d’intérêt sur les modes de gouvernement des hommes et des territoires tels qu’ils fonctionnaient avant la colonisation. En effet, sans sombrer dans une réécriture rousseauiste de l’histoire de l’Afrique, on ne doit pas oublier que des « empires » et des « royaumes » – ce sont les termes européens qui ont été repris faute d’avoir été approfondis – ont existé et prospéré dans de nombreuses régions du continent. L’encadrement dont parlait Pierre Gourou était une réalité précoloniale, mais les processus à l’œuvre n’entraient pas toujours dans la rationalité ou la logique des colonisateurs, et ceux-ci avaient dans bien des cas réduit considérablement les pouvoirs dits traditionnels.
C’est donc autour du transfert des modèles « d’encadrement » que la période post-coloniale a connu des ratés. On est passé d’un pouvoir illégitime, celui des gouverneurs coloniaux, à une autre forme de pouvoir illégitime, celui des hommes politiques fabriqués par les colonisateurs9 pour entrer dans le moule de l’Etat occidental. L’une des premières mesures prises par les nouveaux chefs d’Etat fut d’ailleurs d’amputer la vie politique locale du multipartisme, et donc de vider de son sens le modèle démocratique qui avait pourtant commencé à être appliqué dans certains pays africains à la fin des années 1950.
Ce fut alors le temps des dictateurs et des coups d’Etat à répétition. On a recensé 73 putschs réussis entre 1952 et 2004 (sur plus de 200 tentés), et 35 rien que pour l’Afrique de l’Ouest entre 1960 et 2006 (Souare, 2007). Pas moins de 101 chefs d’Etat ont quitté le pouvoir par la force dans les quarante années qui ont suivi les indépendances, et 2/3 d’entre eux ont été tués, emprisonnés ou condamnés à l’exil (Bart, 2003). Peut-être ces prises de pouvoir brutales sont-elles devenues moins fréquentes depuis que les pays européens ont ajouté à la quatrième Convention de Lomé (1995) le fameux article 366 bis, qui est une clause de non exécution des partenariats entre l’UE et les pays ACP en cas de manquement aux règles de l’Etat de droit. Toute aide est alors suspendue jusqu’au retour à la démocratie. Mais, de leur côté, les dictateurs tiennent bon : 15 chefs d’Etat s’accrochent au pouvoir depuis plus de vingt ans, les plus coriaces étant Omar Bongo (41 ans) et Mouammar Kaddafi (39 ans)10
Parmi les membres de ce cercle non vertueux, certains se sont illustrés dans des guerres parfois longues et toujours meurtrières pour la conquête du pouvoir, puisant là l’essentiel de leur « légitimité » : Issayas Afeworki en Erythrée, Idriss Déby au Tchad (après Hissene Habré), Paul Kagamé au Rwanda, Yoweri Museveni en Ouganda, Charles Taylor au Liberia (traduit, depuis juin 2006, devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité), Meles Zenawi en Ethiopie. D’autres ne sont pas parvenus à leurs fins, mais ont conduit des guérillas tout aussi sanglantes. Ce fut le cas de Mohammed Farah Aïdid pendant sept ans en Somalie, de John Garang pendant douze ans au Soudan, de Jonas Savimbi pendant dix-sept ans en Angola, et surtout de Foday Sankoh qui, pendant sept ans a semé la terreur en Sierra Leone en pratiquant des centaines (des milliers ?) d’amputations de mains, de bras ou de jambes à l’endroit de ses adversaires, civils ou militaires11 (Gaud et Porgès, 1996). Quant à ceux qui ont détourné massivement les ressources de leur pays, ils sont aussi innombrables qu’impunis et il a fallu attendre la mort de Sani Abacha, chef de l’Etat du Nigeria, en 1998 pour estimer le montant du pillage (entre 3 et 5 milliards de dollars) et commencer à en réclamer le remboursement aux banques suisses et britanniques où l’argent avait été mis à l’abri12.
Avant ces tristes épisodes, et après une trentaine d’années de règne des partis uniques, les pays africains avaient été « rappelés à l’ordre » – quel ordre ? – par la communauté internationale, France en tête13, et priés de bien vouloir s’engager dans un processus démocratique à valeur universelle, c’est-à-dire celui qui prévaut en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord. La Banque mondiale et le FMI, qui tiennent la plupart de ces pays sous perfusion financière, en ont même fait une « conditionnalité » (le mot a été sinon créé du moins réactivé à cette occasion). Il a donc fallu entrer dans ce nouveau moule et les choses n’ont pas été simples. Dans certains cas, on a convoqué des « conférences nationales » pour définir en commun les nouvelles règles du jeu. Ailleurs, on a tenté de ruser, comme en Côte d’Ivoire en suggérant une forme de multipartisme au sein du parti unique, ou en feignant de ne pas comprendre. Presque partout, les leaders politiques en place ont fait un usage plutôt dévoyé de cette démocratie nouvelle qu’on leur imposait
C’est surtout autour du multipartisme que les malentendus se sont accumulés, à la fois sur la forme et sur le fond (Bouquet, 2004 et 2007). En effet, au plan idéologique, les divergences pouvant émerger entre plusieurs modèles de société n’avaient guère été encouragées pendant les années de parti unique, de telle sorte que les oppositions, rendues presque obligatoires par le multipartisme, ont dû se chercher d’autres fondements pour exister et sont malheureusement trop souvent restées dans le repli sur l’identité régionale (pour éviter de dire « ethnique »). Par ailleurs, il a fallu gérer autrement le système de redistribution clientéliste sur lequel reposaient les régimes post-coloniaux (et pré-coloniaux ?). De telle sorte que le modèle démocratique d’inspiration occidentale a connu des applications chaotiques dans la plupart des Etats africains. L’actualité récente continue d’ailleurs de fournir des illustrations décourageantes de l’usage qui en est fait, que ce soit au Kenya ou au Zimbabwe, où la communauté internationale semble, hélas, très tentée de valider de véritables dénis de démocratie. Elle préfère parler de « démocratie émergente »…
Mais la démocratie est-elle le remède universel, notamment pour faciliter le « développement » ? S’il est vrai que, dans le monde, des régimes démocratiques récoltent les fruits d’une forte croissance (Botswana, Chili), d’autres sont à la peine (Sénégal)14 pendant que des régimes autoritaires obtiennent d’excellents résultats économiques (Chine, Vietnam), ou bien stagnent (Congo, Cuba). Là encore, il est imprudent de généraliser.
Et le modèle de l’Etat ? Il faut reconnaître que, même si la greffe occidentale a pu prendre sans rejet, il a été mis à mal à la fois au plan général par la mondialisation et au plan africain par le poids de la dette. La globalisation a donné aux autorités supranationales et aux entreprises multinationales un poids tel que le pilotage des politiques nationales n’est plus vraiment possible. Et les institutions financières internationales, ainsi que les banques privées, sont devenues incontournables du fait des intérêts des emprunts à rembourser, et leur pression pèse terriblement sur les budgets nationaux. Quant à l’OMC, en privilégiant actuellement les intérêts des pays riches, elle fragilise les économies des pays pauvres alors que ses règles de base devraient au contraire les aider à se mêler au jeu international.
Lorsque la pauvreté s’installe dans les campagnes et plus encore dans les villes, et lorsque les fonctions régaliennes se l’Etat sont affaiblies par les politiques d’ajustement imposées par les bailleurs de fonds (obligation de réduire les budgets des services publics), un boulevard s’ouvre devant la corruption. Alors s’installe la transgression généralisée, le contournement des lois et l’impunité. La déliquescence du pouvoir d’Etat favorise l’émergence des pouvoirs parallèles, notamment ceux des seigneurs de guerre, ces aventuriers qui ont su mettre la main sur des richesses locales à haute valeur ajoutée pour accumuler de la fortune et payer des miliciens, voire des enfants-soldats. Les exemples se multiplient : en RD Congo autour du coltan, au Liberia et en Sierra Leone autour du diamant (Foday Sankoh en avait été le précurseur), au Nigéria autour du pétrole, en Côte d’Ivoire autour de différents trafics illicites, en Somalie... La communauté internationale tente parfois d’enrayer cette spirale mafieuse en édictant de nouvelles règles commerciales fondées sur une forme de « morale » (exemple : le processus de Kimberley pour le diamant), mais, là encore, les contrevenants inventent généralement des parades. En tout état de cause, ils trouvent toujours des marchands pour leur vendre des armes, et des clients pour acheter leur marchandise. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir comment la firme Sony s’est ravitaillée en colombo-tantalite pour fabriquer sa dernière PlayStation. On pourrait aussi aller voir de plus près comment les Chinois signent leurs contrats pétroliers avec les pays (chefs d’Etat ?) africains producteurs.
Qu’en est-il donc du pouvoir, ou des pouvoirs, en Afrique ? Voudrait-on maintenir à distance cet afro-pessimisme qu’on ne saurait pour autant masquer que la grande majorité des chefs d’Etat n’ont pas de véritable légitimité, qu’ils s’enrichissent pour la plupart éhontément et indûment, qu’ils règnent sur des peuples rarement libres, et que prospèrent parallèlement des petits potentats qui mettent en coupe réglée des portions d’un espace devenu inaccessible au pouvoir central. La décomposition des pouvoirs va donc de pair avec la décomposition des territoires.
Les
territoires : les limites et leur transgression
Sur ce sujet, il n’est pas davantage inutile de revenir aux
fondamentaux. Si la définition basique du territoire est :
« un espace délimité et administré »15,
on vient de voir que, pour l’Afrique, le second qualificatif a
du plomb dans l’aile. Le premier n’est pas davantage
assuré. En effet, la « limite »
territoriale relève,
sur le continent africain, de « logiques » qui
ne sont pas familières aux occidentaux. Est-ce en raison d’un
relatif sous-peuplement qui, notamment en Afrique de l’Ouest,
n’a pas généré les contraintes habituelles
quand la densité de population est trop forte ? Est-ce
lié au régime foncier pré-colonial, qui ignorait
l’appropriation privée ? Toujours est-il que les
notions de frontière linéaire bornée ou même
de plan cadastral (du moins dans les régions relativement peu
peuplées d’Afrique de l’Ouest) ne sont apparues
qu’avec la colonisation. Auparavant, du temps des
« empires » ou des
« royaumes » pré-coloniaux, les
territoires n’étaient séparés les uns des
autres (sauf exception ?) que par des marges ou des confins,
c’est-à-dire des larges bandes qu’on qualifierait
aujourd’hui de no man’s land. A tort car
il
s’agissait souvent de zones de parcours saisonniers pour les
pasteurs nomades ou d’anciens terrains de chasse datant de
l’époque où la sédentarisation était
peu avancée. Il y avait donc une forme d’appropriation,
mais variable dans le temps et dans l’espace. Pouvons-nous
comprendre ce « concept » ? Les colonisateurs ont donc introduit le
modèle de la frontière
marquée au sol, avec des bornes visibles plantées en
des points précisément localisés au compas et à
la boussole, à l’issue de traités signés
entre puissances coloniales16.
Généralement, les Européens s’appuyaient
sur leur conception des frontières dites
« naturelles »
et s’attachaient à suivre le tracé des rivières
ou des lignes de crête dans les montagnes ; sinon, ils
tiraient des traits droits. En Afrique, dans tous les cas, ils
couraient le risque de couper en deux des communautés
linguistiquement ou ethniquement homogènes, voire des champs
de culture ou des zones de pâturage17. L’Histoire a montré que ce risque a été
pris et, même s’il est devenu aussi banal qu’inutile
de condamner les « frontières artificielles »
de l’Afrique, le continent a bel et bien hérité
d’un découpage inepte, aggravé par la
balkanisation des années 196018.
La carte politique des indépendances était tellement
critiquable que, pour éviter toute contestation,
l’Organisation de l’Unité africaine (OUA, devenue
UA depuis) a décidé en 1964 de figer les frontières
dans leur cartographie coloniale et d’interdire toute remise en
cause des tracés qui, pour l’essentiel, étaient
ceux des frontières franco-anglaises. Les Etats africains se sont donc glissés
dans le moule des
frontières d’origine européenne, dont 40% de la
longueur n’ont toujours pas été matérialisés
sur le terrain. Nul n’a imaginé de recomposer les
territoires sur d’autres critères, par exemple selon les
grandes familles linguistiques comme y était parvenue l’Inde,
mais nous confinons là à l’utopie. Naturellement,
il y a eu quelques mouvements de révolte dans les années
qui ont suivi la décision de l’OUA, notamment la
tentative de sécession du Biafra (1967-70) qui a fait entre un
et deux millions de morts, et quelques contestations sur les tracés.
Ainsi la bande d’Aozou au Tchad a-t-elle été
longtemps contestée, voire annexée19,
par la Libye. De même, la, péninsule de Bakassi entre le
Nigeria et le Cameroun vient tout juste d’être restituée
au second (14 août 2008). Et, très récemment
(juillet 2008), l’îlot Mbanié a fait l’objet
d’un litige entre le Gabon et la Guinée équatoriale.
Mais s’agit-il de revendications « nationales »
fondées sur l’idée d’appartenance à
une culture commune – une « identité
nationale » – ou bien de visées économiques,
ou encore d’opérations de politique intérieure ? La réponse est contrastée dans le seul cas
dérogatoire
à la doctrine de l’OUA : l’Erythrée.
Celle-ci a obtenu son indépendance en 1993 après plus
de quinze ans de guerre dite « de libération »,
privant ainsi l’Ethiopie d’un débouché sur
la mer et espérant faire de Massaoua ou d’Assab des
ports dynamiques sur la Mer Rouge. Or l’Erythrée
maintient la pression militaire sur sa frontière (contestée)
avec son ancienne puissance de tutelle, et a même ouvert un
front avec Djibouti pour un désaccord autour de Ras Doumeira20.
Le pays est donc encore mal à l’aise dans ses limites
territoriales. Le 53ème Etat
africain sera-t-il le
dernier ?
Personne ne pourrait en jurer, surtout quand on observe les
cartographes jouer avec les pointillés au cœur de la
Somalie, pays sans Etat depuis près de quinze ans, et de
facto coupé en trois (Somalie, Somaliland, Puntland). La
décomposition pourrait toucher d’autres régions,
notamment toutes les zones grises occupées par les seigneurs
de guerre car, si ceux-ci n’ont pas encore érigé
des frontières autour de leurs territoires, c’est tout
simplement parce que chacun sait où s’arrête
l’Etat de droit et où commence le non-droit sur lequel
sont fondées leur existence et leur « légitimité ».
Il serait intéressant, bien que terriblement provocateur, de
dessiner cette nouvelle carte de l’Afrique sur laquelle
apparaîtraient des taches – zones grises – à
l’intérieur de nombreux pays en fonction de la présence
(ou de la reconnaissance) ou non de l’appareil d’Etat.
Hasardons-nous à en citer quelques-uns en Afrique de l’Ouest
et centrale : le Sénégal (Casamance), le Niger et
le Mali (rébellion touarègue), la Côte d’Ivoire
(Forces nouvelles du Nord), le Nigéria (la zone pétrolière
du Sud-Est, ou les Etats ayant adopté la charia),
le
Tchad (rébellion de l’Est), le Soudan (Darfour), la
Centrafrique (rébellion du Nord-Est), la RD Congo (zones
minières de l’Est), et plusieurs autres. Toute cette fermentation – dont la métaphore
induit la
décomposition – a bien évidemment suscité
des réactions de la communauté internationale, très
attachée à la stabilité des Etats, à la
fois parce qu’il y va de la sécurité de millions
de personnes mais aussi de celle des investissements économiques.
Parallèlement aux opérations directes de maintien de la
paix et aux programmes de renforcement des capacités des
armées locales (Recamp21),
on a essayé d’élaborer des plans en matière
de prévention des conflits, en s’attachant plus
particulièrement à mieux gérer les disparités
« régionales » (pour ne pas dire
ethniques) à l’intérieur des Etats. C’est
ainsi qu’on a successivement testé les modèles
(encore une fois importés) du fédéralisme et de
la décentralisation, c’est-à-dire tenté de
recomposer les territoires. C’est l’expérience du Nigéria qui prévaut
en matière de fédéralisme (Bach, 1996). En
effet, pour résoudre au mieux les problèmes posés
par ce grand pays déjà très peuplé et
affichant des identités différentes (Hausa/Fulbé
au Nord, Ibo à l’Est et Yoruba
à
l’Ouest), un découpage en trois grandes régions
avait été arrêté par la Constitution de
1960. Lorsque la sécession du Biafra – région
riche en pétrole – éclata en mai 1967, le modèle
montra ses limites et il fut sérieusement amendé à
l’issue de la guerre par un processus d’accroissement
progressif du nombre des régions : on passa de 19 en 1976
à 36 en 1996, et, pour les administrer, de 300 à plus
de 600 collectivités territoriales. D’autres Etats ont été tentés (ou invités
à passer) par la solution fédérale, notamment
lorsque des conflits de nature « ethnique » ont
menacé leur intégrité territoriale. Mais aucun
n’a finalement opté pour ce mode de recomposition qui
s’avère difficile à tracer sur le terrain et
surtout à gérer financièrement, car il faut
donner aux structures administratives créées pour
l’occasion les moyens de fonctionner. Tout le monde ne dispose
pas de la rente pétrolière du Nigéria. Le modèle est donc revenu sous une autre
forme (avatar ?)
dans les années 1990 : la décentralisation. L’idée
de départ s’appuyait sur le double constat qu’il
fallait donner davantage d’autonomie de fonctionnement à
des entités régionales promptes à revendiquer
une identité propre, et que la gouvernance gagnerait à
se rapprocher des communautés de base. Et c’est ainsi
que les bailleurs de fonds encouragèrent (le mot est faible)
les Etats africains, pourtant peu à l’aise dans leurs
frontières nationales, à surdécouper leur
territoire en introduisant, dans le cas des anciennes colonies
françaises, les échelles de la commune, du département
et de la région. Quand on se penche sur le processus de
décentralisation en
Afrique, on entre de plain pied dans la thématique des
pouvoirs et des territoires. D’abord – territoires
– parce qu’il a fallu de nouveau se livrer à un
travail cartographique et dessiner des limites visibles sur le
terrain et acceptées par les populations. Or, on se souvient
que l’exercice n’avait pas été simple pour
les frontières des Etats, et les appareils cadastraux n’ont
guère progressé depuis. On est donc resté dans
l’approximation, et dans certains cas, comme au Mali, on a même
renoncé (Lima, 2006). Il est patent que les cartes
obligeamment communiquées par les services officiels de la
plupart des pays tracent des lignes à 5 ou 10 km près…
Mais, pour l’heure, la notion de limite territoriale de
compétence n’a pas beaucoup d’importance puisque
les communes, conseils généraux et conseils régionaux
ne disposent pratiquement d’aucun moyen d’intervention
sur le terrain, l’essentiel de leur maigre budget passant dans
les salaires des élus et des employés nés de la
décentralisation. Ensuite – pouvoirs –
parce qu’il a fallu
définir le mode de gouvernance de ces nouvelles collectivités
territoriales. Dans un premier temps et jusqu’à une date
récente, les « élus » (notamment
les maires) étaient nommés par le pouvoir central.
Puis, le « vent de la démocratie » étant
apparemment irrésistible, il a fallu organiser des élections,
de préférence « libres et transparentes ».
Dans l’ensemble, on en est encore loin et les nouveaux élus
manquent autant de légitimité que leurs
circonscriptions d’identité réelle. On observe
que les maires, conseillers municipaux, généraux ou
régionaux, sont souvent des personnels politiques de second
rang, placés là par compensation, ou encore et de plus
en plus, des entrepreneurs ou hommes d’affaires qui jouent sur
leur identité régionale pour se tenir à l’affût
des marchés potentiels… A une autre échelle que l’infra-nationale,
des entités
beaucoup plus vastes ont également vu le jour au plan
supra-national. Retour (tardif) sur des découpages souhaités
par quelques visionnaires africains (voir supra),
ou nouvel
alignement sur des modèles étrangers ? Toujours
est-il que le continent a vu peu à peu apparaître des
organisations régionales ou des unions transnationales fondées
sur des intérêts communs, la plupart du temps
économiques, mais préludant peut-être à un
effacement progressif des frontières étatiques puisque
leur point commun est de faciliter « l’intégration
régionale ». Les géographes ont d’ailleurs
découvert à cette occasion le terme « sous-région »
qui désigne en Afrique l’espace concerné par ces
nouveaux découpages. Force est bien de constater que les nouveaux
territoires ainsi créés
se chevauchent et s’empilent à la manière d’un
mille-feuilles, car on dénombre plus de 160 structures
intergouvernementales de coopération régionale visant à
promouvoir les échanges inter-étatiques. Pour
simplifier, on peut ne retenir pour l’Afrique subsaharienne que
les quatre principales, bien que trois d’entre elles se
recouvrent partiellement :
La
CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique
de l’Ouest), qui a succédé la CEAO (créée
en 1974), regroupe actuellement 15 pays22
et vise la constitution d’un grand marché unique
ouest-africain. A défaut de réussir une véritable
union monétaire, la CEDEAO s’est dotée en 1990
d’une force militaire d’interposition qui a fait ses
premières armes au Liberia (l’Ecomog). Elle reste,
hélas, beaucoup plus active dans la gestion des conflits que
dans le secteur de l’intégration économique
régionale, et elle suit de très près la crise
ivoirienne. La
CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique
centrale), créée en 1983, est peu présente sur
le plan international, et 4 de ses 11 membres23
font également partie du COMESA et de la SADC. La
SADC (Southern African Development Community), créée
en 1980 et qui compte 14 membres24
(dont 10 appartienne nt aussi au COMESA), s’est également
donné des objectifs dans les domaines politiques et sociaux
pour faciliter l’intégration économique. Le
COMESA (Common Market for Eastern and Southerne Africa), créé
en 1994, est le plus vaste ensemble puisqu’il compte 21
membres25
et vise l’instauration d’une véritable zone de
libre échange qui concernerait plus de 400 millions de
« consommateurs ».
Les « territoires » ainsi circonscrits restent
très virtuels, et il serait encore plus vain de rechercher une
quelconque identité « sous-régionale »
ici qu’au sein de l’Union européenne, qui
constitue pourtant le modèle d’intégration. Les
frontières n’ont jamais vraiment disparu, mais ont-elles
jamais existé ? Et, entre autres mauvais jus, s’exprime
de ce tableau un concept mort-né : l’Etat-nation.
Les frontières coloniales ayant coupé en morceaux les
territoires fondés sur l’identité culturelle,
ont-elles contribué à forger une nouvelle identité
trans-ethnique ou supra-ethnique, c’est à dire
« nationale » ? La question reste entière,
et les éléments précédents n’apportent
guère d’éléments positifs de réponse.
Conclusion : seuil de pauvreté, seuil d’instabilité, pour un dollar de plus…
Ce mouvement de décomposition-recomposition des pouvoirs et des territoires est alimenté par un moteur qui se situe au-delà de l’extrême pauvreté frappant chroniquement les populations africaines. Son énergie vient du creusement des inégalités, qui permet aux plus riches d’acheter des armes (et des consciences corrompues), et qui oblige les plus pauvres à se vendre. On doit donc en revenir à l’afro-pessimisme du début, ne serait-ce qu’en citant deux indicateurs récents dont le croisement renforce le point de vue initial.
Il y a d’abord le dernier rapport de la Banque mondiale, fort opportunément ou cyniquement) intitulé « Les pays en développement sont plus pauvres qu’on le croyait, mais le combat qu’ils mènent contre la pauvreté porte ses fruits » (BM, 2008). On peut y lire que le nombre de pauvres dans le monde a diminué de 500 millions depuis 1981, mais que l’Afrique enregistre une augmentation sensible du nombre de ses habitants vivant avec moins de 0,7 dollar par jour (de 200 à 380 millions en 25 ans). De plus, le renchérissement des produits de première nécessité, et l’impuissance des Etats à prendre des mesures efficaces pour y faire face, risque de faire basculer dans la misère plusieurs dizaines de millions d’Africains en plus. Certes, « même dans les bidonvilles, ils gardent le sourire ». Sans doute « parce qu’ils sont débrouillards », et cette énergie sociale – sorte d’instinct de survie – s’inscrit dans les interstices du non-droit. Car lorsque l’on vit avec moins d’un dollar par jour, les codes moraux s’infléchissent forcément…
S’affiche alors le classement de Transparency International (TI, 2007), qui ne mentionne que 13 pays africains (sur 53) dans la première moitié du tableau26 contre 22 pays au-dessous de l’indice 2,5. L’ONG pointe d’ailleurs dans ses commentaires « la forte corrélation entre corruption et pauvreté », ainsi d’ailleurs que l’incidence des crises et conflits sur la « performance » des pays touchés : « Les pays ravagés par des conflits paient un lourd tribut à leur capacité à gouverner. Avec des institutions publiques paralysées ou non existantes, des individus se servent tels des mercenaires dans les ressources publiques et la corruption prospère ».
Traduction ou illustration sur le terrain : la crise socio-économique qui affecte la plupart des pays d’Afrique se manifeste par la paupérisation de catégories de travailleurs eux-mêmes engagés dans les secteur du maintien de l’ordre, de la justice, des douanes, des impôts, de l’éducation, c’est-à-dire des fonctionnaires théoriquement au service d’un Etat de droit. Dramatiquement sous-payés – puisque la communauté financière internationale a verrouillé les budgets qui les concernent – ils sont forcément vulnérables à la corruption et, « pour un dollar de plus », peuvent fermer les yeux et faciliter ainsi l’impunité de la dérive des pouvoirs. Dans ce même contexte de misère économique, ceux qui ont accès aux ressources peuvent aisément se constituer un arsenal27, recruter des (enfants) soldats en grand nombre et se tailler un petit empire que la communauté internationale aura bien du mal à réduire.
Territoires aux limites confuses et pouvoirs borderline : on est loin du cercle vertueux que dessineraient des pays respectant une démocratie exemplaire, avec la libre expression des différences et des désaccords, et une large concertation préalable à la définition des territoires.
Dans l’attente de lendemains meilleurs, on peut tracer aujourd’hui une nouvelle carte de l’Afrique, où l’on isolerait les régions sécessionnistes de facto, les zones grises du non-droit, et – pourquoi pas ? – l’off-shore des compagnies pétrolières28 ainsi que les zones franches. On ne se pose même plus la question de savoir qui gouverne ces territoires. S’il n’y avait ce tabou de l’afro-pessimisme, on pourrait parler d’une géographie politique du chaos.
Heureusement, pour contrebalancer l’image
négative des
prébendiers qui se gavent sans vergogne, il y a celle des
dizaines de millions de « sans-voix » qui
inventent des solutions pour survivre. Les uns et les autres sont
dans le délit. Mais basculons dans l’afro-optimisme et
parions sur les seconds.
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1
On relira avec intérêt ce qui était déjà
écrit sur le sujet il y a plus de 10 ans (Levallois, 1996).
2
Hors-série du mensuel Diplomatie, oct. 2007, 98
p.
3
et 27 000 dans le reste du monde (Haïti, Kosovo, Chypre, Golan,
Liban, Géorgie, Timor oriental)
4
On a bien compris que les interventions en Afghanistan et en Irak ne
sont pas prises en compte puisqu’elles relèvent soit de
l’OTAN soit d’engagements non validés par l’ONU.
5
Certes, ils sont là dans le cadre de la lutte
anti-terroriste, mais ils sont basés sur le continent
africain.
6
Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Ghana, Lesotho, Mali,
Sénégal.
7
Accordée annuellement par la COFACE aux pays dont la
stabilité contribue à garantir les retours sur
investissements. Il s’agit ici du Botswana. Maurice, la
Namibie et l’Afrique du Sud bénéficient de la
note A3. On trouvera sur http://www.trading-safely.com/sitecwp/cefr.nsf
l’évaluation des risques-pays et des risques sectoriels
dans le rating de la COFACE.
8
La guerre et les crises du Rwanda ne seront pas abordées dans
cette communication, par incompétence de l’auteur.
9
Même si certains s’étaient illustrés dans
la lutte anticolonialiste.
10
On a aussi vu deux anciens dictateurs marxistes, Mathieu Kérékou
(Bénin) et Didier Ratsiraka (Madagascar), revenir au pouvoir
par les urnes et sous des étiquettes ultra-libérales
quelques années après en avoir été
chassés.
11
Foday Sankoh avait été, peu avant sa mort (2003),
inculpé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone
de crimes contre l’humanité et autres exactions.
12
Les Congolais (ex-Zaïrois) ont et moins de chance : nul ne
songe à rapatrier les 5 milliards de dollars détournés
par Mobutu Sese Seko entre 1965 et 1997. Quant au gabonais Omar
Bongo, il bénéficie d’un étonnant
« soutien populaire » lorsque la justice
française l’interroge sur l’origine des fonds qui
lui ont permis d’acheter autant d’hôtels
particuliers, d’appartements et de véhicules de luxe.
13
Discours de La Baule, 30 juin 1990.
14
On pourra lire la chronique de Pierre-Antoine Delhommais dans Le
Monde du 17-18 août 2008.
15
Nous n’ignorons pas que « territoire »,
récent buzzword des géographes, appelle des
dizaines d’autres définitions. On pourra lire le
dossier consacré à ce thème dans le n° 403
de Historiens et Géographes, juillet-août 2008,
pp. 51-102.
16
Avec parfois, en amont, des traités également signés
avec les chefs locaux.
17
Pour « fixer » les bornes entre la Côte
d’Ivoire et le Ghana, il a fallu planter sur près de
300 km une double haie de tecks…
18
Au moment des indépendances, les nouveaux leaders africains
n’ont pu se mettre d’accord sur des regroupements de
territoires, tels que les recommandaient Senghor ou Nkrumah,
éventuellement sur la base des anciennes AOF et AEF. On a
donc transformé plus de 13 000 km de frontières
intra-coloniales en frontières « nationales »
(Foucher, 1991).
19
Théodore Monod, qui voyageait souvent dans cette région,
aimait montrer des boîtes de sardines libyennes sur
lesquelles, dans les années 1970, la carte de la Libye
incluait la bande d’Aozou.
20
Quelques escarmouches militaires ont fait plusieurs dizaines de
morts en juin 2008.
21
Programme multilatéral de « renforcement des
capacités africains au maintien de la paix »,
initié en 1997 et dans lequel la France a joué un rôle
important.
22
La CEDEAO regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte
d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le
Sénégal, le Togo, le Nigéria, le Ghana, le
Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Gambie et le
Cap-Vert.
23
La CEEAC regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée
équatoriale, la République centrafricaine, le Tchad,
Sao Tomé, l’Angola*, le Burundi*, le Rwanda*, la RD
Congo*, les quatre derniers appartenant également au COMESA
et à la SADC.
24
La SADC regroupe la RD Congo, le Rwanda, le Burundi, l’Angola,
la Namibie, la Tanzanie, la Zambie, le Malawi, le Zimbabwe, le
Swaziland, le Lesotho*, l’Afrique du Sud*, le Botswana*, et le
Mozambique*, ces quatre derniers n’appartenant pas au COMESA.
25
Le COMESA regroupe l’Egypte, le Soudan, l’Erythrée,
l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le
Burundi, la Tanzanie, la RD Congo, l’Angola, la Zambie, la
Namibie, le Zimbabwe, le Malawi, le Swaziland, Madagascar, les
Comores, les Seychelles et Maurice.
26
Le Botswana apparaît comme le pays le moins corrompu du
continent (38ème rang, indice 5,4) et la Somalie
comme le pays le plus corrompu du monde (179ème
rang, indice 1,4).
27
Les campagnes de contrôle des armes (Control Arms)
organisées par Amnesty International et Oxfam ont inspiré
un intéressant documentaire de Paul Moreira diffusé
dans la série Thema par Arte le
2 septembre
2008 (Des armes à abattre). On y distingue bien les relations
entre les seigneurs de guerre, le coltan et nos téléphones
portables…
28
Les zones off-shore, si prisées par les compagnies
pétrolières, ne sont plus à l’abri des
turbulences, puisque la plate-forme Bonga appartenant à la
Shell et située à près de 120 km des côtes
nigérianes a été attaquée en juillet
2008 par un commando du MEND (Mouvement d’émancipation
du delta du Niger).