| La fermeture
de la dernière mine de charbon en juin 2004 semble clore un cycle industriel
et énergétique qui avait fait la fortune de la région quand
celle-ci avait pu adosser son développement industriel sur le coffre-fort
énergétique que représentait son potentiel charbonnier au
point que Raymond Cartier ( Paris Match, 1961) avait fait de la Lorraine le nouveau
« Texas français » pour caractériser notamment
les taux de croissance des villes-champignons nées de l'activité
industrielle et houillère. La fin du cycle charbonnier en Lorraine nous
conduit aujourd'hui à nous interroger sur les atouts dont la région
pourrait encore bénéficier à une époque où
l'on tente de promouvoir une croissance durable qui doit s'appuyer sur le développement
des énergies renouvelables et une meilleure maîtrise de l'énergie.
Nous verrons ainsi comment la Lorraine peut
jouer de ses héritages énergétiques , notamment en matière
de production décentralisée de l'énergie, pour participer
aux nouveaux objectifs du développement durable. Il s'agira aussi d'analyser
comment la Région , en tant que structure politique, peut constituer l'échelon
le plus pertinent pour mettre en œuvre des politiques de maîtrise
de l'énergie dont les enjeux se dessinent largement à l'échelle
mondiale. Comment
la Lorraine peut-elle participer aux impératifs d'efficacité énergétique
notamment en matière de réduction des GES ?
De quelles spécificités dispose-t-elle pour promouvoir un développement
énergétique durable ? Dans quelle mesure les politiques régionales
mises en œuvre traduisent-elles cette volonté de changement ? I
) les éléments du contexte énergétique : la prise
en compte de trois niveaux d'échelle A)
L'évolution de la question énergétique au niveau mondial
-
Les contraintes
qui pèsent sur l'offre énergétique
La question de la promotion d'un développement
durable à l'échelle mondiale fait prendre conscience de la contradiction
à concilier croissance économique et une consommation énergétique
effrénée alors que l'on sait notre stock d'énergies fossiles
désormais compté. Comment dans ce contexte marqué par l'explosion
des besoins dans les PDEM et surtout dans les PVD assurer la sécurité
de nos approvisionnements énergétiques ? (l'augmentation de
la demande en Inde et en Chine représentant près de la moitié
de l' accroissement de la demande mondiale en énergie d ici à 2030)
Comment inverser la tendance au réchauffement climatique et promouvoir
une croissance moins énergivore ?) Les
différentes énergies disponibles (pétrole, gaz, charbon,
nucléaire, énergies renouvelables ) présentent toutes des
atouts mais aussi des limites.
La poursuite de l'exploitation pétrolière sera
fortement indexée aux conditions de prospection et d'exploitation de nouveaux
gisements liés tant à des paramètres d'ordre économique
qu'écologique. Le
charbon, reste une énergie compétitive avec le développement
de l'Asie à condition toutefois de trouver des solutions pour réduire
son impact sur l' environnement (émission de CO2). Le
gaz naturel est quant à lui une énergie en plein développement.
Le gaz propose un bon rendement énergétique, des facilités
d utilisation, un impact limité sur l' environnement mais des
tensions géopolitiques s annoncent sur la question des approvisionnements.
L' énergie nucléaire présente
un prix compétitif et une répartition équilibrée du
combustible. Sa production a des conséquences
très limitées en terme d émissions de CO2 mais pose cependant
le très lourd débat de la gestion des déchets nucléaires.
L'énergie nucléaire est donc un
dossier central dans le débat du développement durable. En outre,
elle est loin d' avoir aplani les inquiétudes liées à la
transparence et à la sécurité de son exploitation. La catastrophe
de Tchernobyl va demeurer sur ce plan un souvenir angoissant de la mémoire
collective. L' accès de nombreux pays à la technologie nucléaire
amplifierait ces problèmes (déchets et sécurité) et
poserait en outre la question des réserves en uranium. Les
différentes énergies renouvelables devraient pour leur part se développer
à l'avenir, notamment en Europe qui s est fixée des objectifs ambitieux
à ce niveau ( 20% de la consommation énergétique d'ici 2020).
Cependant, elles ne pourront pas à elles seules répondre de manière
réaliste à tous les besoins énergétiques. Ainsi,
l'offre énergétique ne pourra que rester diversifiée.
Le progrès technologique au niveau mondial ne pourra faire l'impasse
sur aucune des filières accessibles sauf à compromettre à
terme la sécurité de l'approvisionnement en énergie.
 Source :
CESL , Conseil Economique et Social de Lorraine
-
Les
nouvelles orientations des politiques énergétiques Les
enjeux énergétiques posent un certain nombre de nouvelles considérations
qu'il faut essayer de prendre en charge en terme de : -
renchérissement des énergies fossiles dans un contexte de forte
croissance de la demande et de raréfaction de la ressource. -
risques géopolitiques et géoéconomiques de rupture dans la
sécurité des approvisionnements -
marché de permis d'émissions de CO2 et de « certificats
blancs » dans le cadre des obligations faites aux acteurs d'économiser
l'énergie. -
volatilité
croissante des prix de l'énergie nécessitant de mettre en place
un système d'assurances pour se prémunir des risques B)
les paramètres européens du contexte énergétique
-
La difficile mise en œuvre d'une politique
énergétique commune … …
malgré la prise de conscience ( Sommet de Mars 2006)
pour garantir la sécurité des approvisionnements et faire face à
la flambée des prix du pétrole -
De
fortes divergences énergétiques expliquent la difficulté
de mettre en œuvre une véritable politique commune d'énergie ;
deux énergies particulièrement révélatrices de ces
dissemblances : le nucléaire (78% de la production d'électricité
en France) avec la Suède constituent les deux principaux producteurs ,
la France ayant décidé de lancer filière EPR et de développer
les énergies renouvelables (7% en France, 2% en Allemagne mais 26% de la
production d'énergie primaire en Suède) -
La
question de la sécurité des approvisionnements est liée pour
l'Europe à ses relations avec la Russie et le partenariat euro-méditerranéen :
trois portes d'entrée essentielles : mer du Nord, bassin de la Caspienne
et Ukraine. -
1000 milliards € d'investissements
seront nécessaires dans les 20 ans qui viennent pour moderniser les infrastructures
énergétiques. -
L' Union
européenne a décidé de participer pour 8% à la réduction
des GES de 1990 à 2012 ce qui suppose de renforcer et faire appliquer la
législation en matière d'économies d'énergie.
-
La question de la
libéralisation des marchés -
Elle s'inscrit dans la dynamique du marché unique basée sur le principe
d'une libre concurrence mais s'oppose souvent à la conception de garantie
de « service public » ce qui en fait une question à
forte sensibilité politique. -
La
libéralisation progressive des marchés de l'énergie entre
1996 et 2007 contribue à faire émerger de nouveaux acteurs sur la
scène énergétique européenne issus du processus de
fusions acquisitions, le projet de fusion Suez-Gaz de France devant à terme
doter l'UE d'une capacité de négocier avec d'autres opérateurs
énergétiques tel le géant russe Gazprom la possibilité
d'accéder au contrôle des ressources en échange de l'accès
au marché. -
Aujourd'hui, un même
fournisseur peut diversifier son offre énergétique et vendre aussi
bien de l'électricité que du gaz ( c'est le cas d'EDF et de Gaz
de France, par exemple). -
L'insuffisante
indépendance entre les transporteurs et les distributeurs de gaz et
d'électricité, le manque de transparence dans
l'établissement des nouveaux tarifs pour
le consommateur , la discrimination à l' encontre des
nouveaux entrants, constituent
encore autant d'obstacles ou de limites à l'édification
de ce nouveau marché. C) Les paramètres nationaux
- La structure de l'offre
énergétique se caractérise par sa faiblesse qui fait la part
belle au nucléaire ( pour 85% en 2004) à la différence
d'autres pays qui disposent d'une offre énergétique plus variée
(pour l'Allemagne et l'Espagne , en plus de l'électricité le charbon
, pour les Pays-Bas le gaz, pour le Royaume-Uni, le pétrole, le gaz et
le charbon). Par ailleurs, les ENR
représentent seulement 12% du volume total de la production énergétique
en France en 2002.
-
Outre
une consommation en hausse de 50% en 30 ans absorbée pour plus des 2/3
par le bâtiment et les transports, l'une des spécificités
françaises est la faiblesse de son rendement énergétique
ce qui suppose d'améliorer la maîtrise des consommations d'énergie
( rôle de l'ADEME) en diminuant notamment l'intensité énergétique
de 2% par an d'ici 2015. Transport et bâtiment restent aussi les deux premières
cibles pour l'émission des GES -
La
volonté de la France de conserver une part importante de production d'
origine nucléaire ( réacteur EPR d'ici 2015 et projet ITER pour
réduire la production de déchets et disposer avec la fusion d'une
énergie renouvelable inépuisable), même si la production d'
électricité devra désormais reposer sur une part croissante
d' énergies renouvelables et maintenir le potentiel hydroélectrique
et thermique. ( les ENR devraient couvrir 10% de nos besoins en énergie
d'ici 2010) II) Les spécificités
énergétiques lorraines A)
Le bilan énergétique lorrain : 4è région
productrice d'énergie en France, 1ère région consommatrice
d'énergie par habitant
-
L'électricité représente
désormais l'essentiel de la production La
production énergétique continue d'apporter une valeur ajoutée
intéressante à la région : même si le secteur
de l'énergie a perdu 8000 emplois depuis la fermeture des mines de charbon,
soit les 2/3 de ses emplois en la matière, avec 12 755 emplois en
2003 et un peu moins de 8% de l'emploi industriel, l'énergie assure encore
à la Lorraine avec 4 autres secteurs industriels de figurer dans les 10
premières régions industrielles françaises. La
centrale nucléaire de Cattenom travaille en partenariat avec plus de 70
entreprises locales et régionales. La production et les retombées
économiques de la centrale représentent une manne de 30 à
45 millions d'Euros par an pour les collectivités locales ( emplois, sous-traitance,
TP, services, logements …) Traditionnellement,
1è ou 2è région productrice de charbon en France avec le
NPDC, la Lorraine est une grande région productrice et exportatrice d'énergie :
avec 8,7% de la production d' énergie primaire en 2002,
elle arrive au 4è rang. Avec
11,5 M tep en 2002 et malgré l'arrêt de l'exploitation charbonnière,
la Lorraine se situe encore au 4è rang français des régions
productrices d'énergie après Rhône-Alpes, Centre et Haute
Normandie sachant que 7 régions françaises assurent en tout 80%
de la production d'énergie primaire. La
structure de la production énergétique a toutefois fortement évolué
depuis les années 1970 : 97% du bilan énergétique lorrain
provenait du charbon alors qu'aujourd'hui plus des 90% de l'énergie produite
vient de l'électricité. La production
totale d électricité française est plus particulièrement
concentrée dans cinq régions
qui produisent 71% de l électricité, dont la Lorraine (8,6% de l'électricité
produite en France) et 13% de l'électricité nationale exportée :
sa part est encore plus significative dans le domaine de l' électricité
thermique (hors nucléaire) : avec 22% de l'électricité
produite, la Lorraine arrive encore au 2è rang national pour la production
d'électricité thermique classique (la Maxe, Blénod-les-Pont-à-Mousson,
Richemont) : ces centrales consomment principalement du charbon (le tiers
de la consommation française est utilisé en Lorraine, mais également
du gaz de hauts-fourneaux et de four à coke). Quant
aux énergies renouvelables thermiques comme le bois, elles ne représentent
que 485 Ktep, soit 4,2% de la production d'énergie primaire recensée
en région Lorraine occupant ainsi une part encore modeste.
-
Une consommation énergétique
orientée encore fortement vers l'industrie Même
si la Lorraine est la cinquième région de France en terme de consommation
d' énergie finale avec 5,7% (après l' Ile de France, Rhône
Alpes, Nord Pas de Calais et PACA), elle constitue la première région
française en consommation d'énergie par habitant ou par unité
de PIB. L' industrie représente la
moitié de la consommation d'énergie lorraine (contre un peu plus
du quart pour la moyenne des régions françaises). Cette consommation
(10,7% de la consommation nationale) se répartit majoritairement dans la
sidérurgie (43%) et dans la chimie (10%). La
consommation du secteur résidentiel et tertiaire connaît en revanche
une progression de 21% et représente
31% de la consommation d'énergie lorraine (c'est moins que
la moyenne nationale de 41%). Il convient de noter par ailleurs
que le gaz représente plus de 40% de la consommation en Lorraine dans le
secteur résidentiel-tertiaire.
Le secteur des transports reste sous-représenté
malgré l'importance que joue en Lorraine à ce sujet la fonction
de transit. (L'achat de carburant au Luxembourg peut constituer une partie de
l'explication). -
Une
région fortement consommatrice de GES La
Lorraine, huitième région industrielle et grande productrice et
consommatrice d énergie, connaît un taux de rejet de gaz à
effet de serre (GES) parmi les plus importants des régions. Avec
19,9 tonnes d'équivalent C02 (16,2 t uniquement pour le CO2) par habitant,
la Lorraine est la première région française émettrice
de GES. Le secteur de la transformation de
l' énergie représente à lui seul 28 % des GES, ce qui très
supérieur à la moyenne des régions françaises. Les
centrales thermiques fonctionnent principalement avec du charbon, gros émetteur
de GES. L'industrie avec 26 % est également un important émetteur
de GES et l'agriculture occupe également une place dans le domaine.
B) marquée par une forte
autonomie des acteurs locaux (régies) : un processus de décentralisation
et de diversification de l'offre relativement ancien
-
Les éléments d'une certaine
autonomie énergétique Si
en France, les réseaux de distribution d'électricité et de
gaz sont la propriété des communes sur lesquelles ils sont construits,
EDF ayant été de 1946 à 2007 le seul concessionnaire autorisé,
antérieurement à la loi de nationalisation, un certain nombre de
communes avaient choisi d'exploiter elles-mêmes leur réseau, notamment
dans le cadre de régies municipales qu'elles ont pu maintenir après
1946 et qu'elles continuent de faire fonctionner sous le nom d'ELD.
(170 ELD en France dont 40 en Lorraine qui emploient 670 salariés dont
600 en Moselle, couvre 164 communes et 400 000 habitants : la plus importante
est l'UEM qui participe outre la production d'électricité à
la production de chaleur ( cogénération) pour l'alimentation du
réseau de chauffage urbain, récupère aussi l'énergie
issue de la combustion des déchets. Ainsi,
13% de l'électricité produite en Lorraine le sont par des
unités indépendantes d'EDF, l'une des proportions les plus élevées
en France ; production principalement d'origine thermique, le reste étant
assuré essentiellement par les mini centrales hydrauliques de l'UEM . Ces
régies municipales sont autant d'occasion de valoriser de manière
indépendante des ressources énergétiques locales, ce qui
peut constituer un atout éventuel dans le contexte de libéralisation
des marchés de l'énergie. Cependant,
depuis la création de la centrale de Cattenom, EDF assure aujourd'hui 75%
de la production d'électricité régionale, SODELIF ( Société
d'exploitation du lit fluidisé circulant de Carling) filiale du groupe
SNET ( Société nationale d'électricité et de thermique,
elle même filiale de CDF à 81% et EDF) représentant avec plus
de 81% la part essentielle de la production électrique non EDF en Lorraine
(donc des 12% restant). La SNET est ainsi le principal concurrent d'EDF en Lorraine.
-
Ce processus de décentralisation
de l'offre a permis une adaptation expérimentale de nouvelles techniques
de production : -
En
1984, l' usine Thiriet d' Eloyes mettait en place une cogénération
par moteur à gaz, -
En 1987, la
société des Eaux minérales de Vittel remplaçait ses
chaudières à charbon par -
une
turbine à gaz, Au début
des années 90, à la faveur d un tarif de rachat d électricité
produite par cogénération, les hôpitaux et les réseaux
de chaleur lorrains installaient les uns après les autres des cogénérations.
Parmi les nombreuses références, on peut citer les hôpitaux
de Nancy et Thionville, le réseau de chaleur de l UEM, de Nancy Energie,
Farebersviller et Bar le Duc, Dans la deuxième
moitié des années 90, des industriels externalisaient leur production
de vapeur par la mise en place de turbines à gaz. Ainsi, Solvay (40 MW),
Novacarb (80 MW), les Salins du Midi et de l' Est (40 MW) confient respectivement
à Elyo, Dalkia et Cofatech la construction et l' exploitation de turbine
à gaz et chaudière gaz. Le début
du 21ème siècle a vu se développer en Lorraine plusieurs
petites applications expérimentales
de production décentralisée d ‘électricité.
Ces sites ne dépassent pas quelques kilowatts : -
Une production
d'électricité (10 kW) et de chaleur par moteur Stirling sur une
maison de retraite à Créhange. Cette installation constitue un site
expérimental d EDF, -
Une production
d'électricité (4,8 kW) et de chaleur par pile à combustible
sur le site de l' INPL à Vandoeuvre les Nancy. Cette réalisation
constitue un site expérimental de Gaz de France, -
Une
production d'électricité (4,7 kV) et de chaleur par pile à
combustible sur une résidence
collective de l' OPHLM de Sarreguemines (site expérimental d EDF et de
Dalkia), 3)…
par sa position frontalière et la place qu'occupe les ELD, la Lorraine
se trouve dans une situation particulièrement sensible dans le nouveau
jeu concurrentiel européen De nouvelles
obligations d'ordre social, environnemental ou d'organisation sont désormais
imposées aux ELD. Par exemple,
les plus importantes d entre elles (celles, comme l' UEM, qui comptent plus de
100 000 clients) devront se réorganiser en profondeur avant 2007 dans l'objectif
de dissocier les activités d' acheminement du reste de leur activité,
notamment de la fourniture d' électricité. De plus, comme l' ensemble
des entreprises appartenant au secteur de l' électricité et du gaz,
les ELD devront également s'adapter à de nouvelles contraintes sociales
(mise en place d'un nouveau système de rémunération des salariés,
financement des retraites) : l'entreprise ne pourra plus payer directement
les retraites et oblige de mettre en place un suivi dans le système de
cotisation avec des caisses complémentaires : beaucoup de petites
ELD ne pourront pas suivre cet accroissement de charges. Les
ELD vont aussi subir la concurrence d'autres opérateurs sur leur territoire
alors que par définition, elles restent prisonnières de petits territoires
pour se développer d'après leur statut juridique. S'y ajoutent la
question du coût et des modalités d'exploitation du réseau.
Certaines envisagent de se regrouper sous forme de GIE ou de SEM pour étendre
leurs activités sur une zone géographique plus large ou bien de
s'associer avec un partenaire du secteur énergétique. C)
La Lorraine constitue un maillon essentiel dans les réseaux nationaux et
européen de l'énergie
-
Une région fortement exportatrice
d'électricité La
Lorraine constitue également un maillon essentiel dans l'organisation des
réseaux nationaux et européen de l'énergie : Ainsi
EDF gère un réseau de transport de 37 423 km dont 1977 en très
haute tension ( >à 400 000 volts). Ce réseau fait l'objet d'une
attention particulière étant donné sa vocation exportatrice
vis à vis de l'étranger comme des régions voisines (ligne
Vigy-Marlenheim à destination de l'Alsace et de Strasbourg). Si le secteur
énergétique représente 4% des exportations françaises,
il en représente 10% en Lorraine soit plus du double. L'Allemagne,
par sa position frontalière est la première cliente de la Lorraine
et de la France. Elle absorbe 30% des exportations totales régionales soit
le double de la part de ce pays dans les exportations françaises. ( exportations
marquées surtout vers le secteur automobile). La
Belgique et le Luxembourg sont les deuxième clients de la Lorraine (1.8
Mds €) leur part dans les exportations lorraines est aussi légèrement
supérieure à celle enregistrée au plan national : 11%
contre 8%. Les exportations lorraines de produits énergétiques vers
ces deux pays représentent 16% des exportations globales en 2000 et 24,2%
en 2003. Depuis 1994, croissance de plus 70% pour la Lorraine contre + 48% pour
la France. Depuis le 1er juillet 2000, les
activités de gestion du réseau de transport d' électricité,
auparavant assurées par EDF en Lorraine comme sur tout le territoire national,
ont été confiées par la loi à une société
indépendante filiale d EDF : Réseau Transport Electricité
(RTE). RTE a quatre missions principales
: -
L' exploitation, l ‘entretien
et le développement du réseau public de transport d' électricité
à haute et très haute tension (63 000 et 400 000 volts), -
La mise à disposition d'un accès
équitable au réseau de transport à tous les utilisateurs
(producteurs, distributeurs, clients industriels), -
L'
ajustement de la production et de la consommation, -
La
sûreté de fonctionnement du système électrique.
-
La Lorraine : point unique d'entrée
du gaz russe, lieu de transit notable du gaz européen En
matière de gaz , le réseau lorrain constitue l'un des points essentiels
d'ancrage du réseau d'oléoducs en provenance de l'Est européen
et notamment de la Russie qui représente plus du tiers de l'approvisionnement
français en gaz naturel ( la Lorraine dispose ainsi de l'un des 14 sites
de stockage souterrain en GN en France, le site de Cerville-Velaine permettant
le stockage de 1500 millions de m3 soit trois mois de consommation régionale).
Il constitue ainsi le deuxième maillon de distribution de gaz russe en
France, dans le prolongement de la station de réception d'Obergailbach
près de Sarreguemines. Un nouveau centre de stockage est prévu sur
le site de Trois Fontaines entre Champagne et Lorraine. Au total, le réseau
lorrain comprend plus de 2300 km de gazoducs.
Le réseau dispose aussi de deux stations de compression
en ligne. La première station est située à Morelmaison dans
les Vosges sur l' artère des Marches du Nord-Est (mise en service en 2000).
Cette artère assure principalement le transport de gaz vers l' Italie.
La deuxième station, située à Laneuvelotte en Meurthe et
Moselle, a été inaugurée en 2005. Elle assure le transit
du gaz en provenance de Russie, des Pays Bas et de la Norvège. En outre,
20 % du gaz naturel consommé en France transitera par cette station.
3) De nouvelles valorisations possibles du
potentiel énergétique gazier Si
la région est encore la 3è région productrice de gaz ( après
l'Aquitaine et le Nord Pas de Calais ( grâce au gaz de haut fourneau, de
cokerie et dans une moindre mesure de mine en forte régression), la Lorraine
reste un lieu important pour le transit du gaz. (participe à la construction
du réseau gazoduc du NE qui court de la frontière belge à
la frontière suisse), passe en Lorraine à travers la Meuse et les
Vosges sur plus de 200 km). La Lorraine pourrait
tirer parti de ses compétences dans le domaine du gaz pour développer
une énergie moins polluante que le pétrole comme carburant: GDF
investit particulièrement en Lorraine pour développer une véritable
filière en la matière dans les transports collectifs enjeu d'autant
plus important qu'il pourrait être initié dans un cadre transfrontalier
avec des partenaires sarrois et luxembourgeois déjà très
impliqués en la matière.
D) Une place honorable en matière
d'énergies alternatives et d'énergies nouvelles renouvelables
-
L'éolien : une activité
en développement L'éolien
avec 65Mw de capacité de production à la fin 2005 a fortement progressé
en Lorraine au point que la Lorraine est devenue la 3è région française
en la matière en puissance installée derrière Languedoc-Roussillon
et Bretagne ( même si le parc français ne représente que 1.9%
du parc européen avec 757 MW). Pour
faire face à la concurrence allemande, les entreprises lorraines se sont
regroupées au sein du Pôle éolien lorrain (PEL) pour proposer
une offre globale de sous-traitance pour la construction et l'entretien des machines.
-
L'énergie
solaire suscite l'engouement des particuliers Véritable
boom de la filière solaire thermique principalement pour la production
de chaleur : le nombre d'installations a été multipliée
chaque année par 2.5 depuis 2001. Cet engouement , qui peut aussi s'observer
au niveau national s'explique en grande partie par le crédit d'impôt
accordé par l'Etat et qui peut représenter jusqu'à la moitié
du montant de l'investissement. La région Lorraine est particulièrement
impliquée dans le dispositif. L'aide
régionale à l'investissement s'élève entre 800 et
1300€ selon la taille de la surface des capteurs, l'ensemble des aides représentant
26% du coût de l'exploitation, pose comprise. Moselle
et Meurthe-et-Moselle sont les deux départements les plus équipés
(73% de l'équipement solaire régional). Même
si la puissance installée ne permet guère que d'économiser
l'énergie de consommée par 200 personnes pendant une année,
le solaire représente un investissement de haute technologie qui contribue
à restructurer la filière chauffagiste. Le
solaire photovoltaïque progresse également avec 27 projets aidés
par le CR en 2005 (2è position après Poitou-Charentes et Franche-Comté).
-
Le bois :
un potentiel énergétique renouvelé Avec
800 000 ha de forêt soit 36% de la surface de la région, la
Lorraine assure 10% de la production française de bois qui emploie 24000
personnes dans 4330 entreprises. La Lorraine constitue la 1ère
région française pour la gestion durable de l'ensemble du massif. Le
bois peut être utilisé en tant que matériau énergétique
sous forme de bûches, de granulés ou de plaquettes et même
les déchets peuvent être valorisés. Trois
types d'utilisation possible : les industries (principale consommation avec
les chaudières à bois), le bois de chauffage, et les chaufferies
installées. La production de bois énergie permet ainsi d'éviter
tout rejet de GES dans l'atmosphère. La
Lorraine figure dans le peloton de tête des régions qui ont développé
les chaudières à bois : l'offre est surtout concentrée
dans les Vosges (81% de la puissance lorraine installée). Le
bois étant aussi un excellent isolant thermique, il peut être utilisé
comme matériau de construction : le développement de la filière
bois construction se révélant particulièrement porteuse (
la filière énergie étant confrontée à des capacités
de production restreintes). Sur le plan économique,
la filière construction représente 5000 emplois. L'association GEPIBLOR
encourage la structuration d'une véritable filière BTP bois. (composants,
techniques, main d'œuvre) -
Un
potentiel géothermique en devenir La
Lorraine dispose d'un potentiel intéressant en matière géothermique
(Amnéville-les-Thermes, Nancy thermal ) par forage vertical dans la nappe
de grés vosgien de 600 à 1000 m de profondeur).Le Conseil Régional
de Lorraine s'intéresse au développement de l'utilisation de pompes
à chaleur verticales jusqu'à une profondeur de 100 m ( basse énergie)
pour l'équipement de particuliers ou de collectivités. Dispositif
aussi aidé par le CR. Travail de labellisation des installations par la
DRIRE, le BRGM, l'ADEME, l'AREL.
-
Biogaz et biocarburants :
un potentiel sous-exploité L'utilisation
du biogaz provient de la transformation des matières organiques issue des
déchets, des boues d'épuration (procédé de méthanisation),
d'effluents industriels, de produits agricoles (lisiers) ou de déchets
ménagers en gaz qui peut être récupéré pour
la production d'air chaud, de chaleur ou d'électricité ( par cogénération),
de carburants, ou remis dans le réseau du gaz naturel. La France pourrait
ainsi produire 3.5Mt de gaz par ce procédé soit 20% de sa consommation
annuelle de gaz naturel.
Deux seuls sites à Nancy et Sarreguemines sont équipés
pour permettre véritablement à l'échelle industrielle de
développer ce type de procédé ( 1% du potentiel valorisé)
. Un projet de méthanisation
à Migneville en Meurthe-et-Moselle est en cours de financement, un autre
à l'étude en Moselle-Est ( Syndicat mixte de transport et de traitement
des déchets de Moselle-Est) pour la méthanisation de déchets
ménagers pour la production de carburant . La
production de biocarburants peut représenter une solution intéressante
pour lutter contre les GES et préserver l'emploi agricole, mais pour satisfaire
10% de la consommation en carburants, il faut mobiliser 30 à 40% des terres
agricoles disponibles. La Lorraine pourrait
toutefois se trouver bien placée dans le développement de la filière
du biodiesel ou Diester à partir de l'huile de colza dont elle est la 2è
région productrice en France. Une seule usine de valorisation du colza
existe à Dieulouard en Lorraine ; un projet d'estérification
(qui permet de récupérer les résidus d'huile végétale)
est prévu dans le cadre du plan gouvernemental sur le site de Verdun-Baleycourt
( groupe britannique INEOS pour 150 000t/an). La Lorraine pourrait ainsi
valoriser sa situation géographique dont elle tire déjà partie
mais seulement pour servir d'aire de transit par l'axe Moselle-Rhin ( rôle
des ports de Metz, Frouard, Belleville) vers l'Allemagne, sans permettre une véritable
valorisation du colza in situ : avec le développement d'une filière
biodiesel , elle réduirait ainsi les coûts de logistique. III
) La région : un acteur clé en matière énergétique
A) Energie et développement
durable : des priorités renforcées
Si l' Etat incite les différentes collectivités
à mener des actions en faveur des ENR et du développement durable,
la région s'impose petit à petit au titre du lien qu'elle peut réaliser
en amont des politiques d'Aménagement du Territoire comme le chef de file
de l'action régionale en matière de maîtrise d'énergie
et de développement durable d'autant qu'elle se trouve à l'interface
du pilotage des politiques publiques mises en œuvre au niveau européen
et national et décliné dans les différents échelons
territoriaux. Pour la première
fois, c'est au niveau véritablement des régions et non plus exclusivement
des Etats que seront mises en œuvre les bases d'une politique européenne
commune de l'énergie faute de pouvoir la décliner dans ses conceptions
stratégiques à l'échelle des Etats. (objectif aussi des nouveaux
Contrats de projets Etat-région, CPER). Il
semble toutefois que depuis 2004 et le changement de majorité au CR, même
si la préoccupation des ENR et du développement durable n'est pas
nouvelle, le nombre de dossiers de financement de projets en faveur des ENR a
plus que doublé ( surtout en matière de chauffe-eau solaire avec
plus de 3400 demandes de dossier déposées depuis 2004). Les
objectifs de la région visent d'abord à rendre le coût du
kwh issu des ENR compétitif pour limiter les distorsions de concurrence
entre les ENR et les énergies traditionnelles ( fossiles et nucléaires). A
ce titre, l'énergie éolienne ne bénéficie pas de subventions
car elle est économiquement rentable compte tenu du prix de rachat effectué
par EDF ( sauf pour un site industriel isolé). En
outre, la Région apporte son concours aux opérations territoriales
ou collectives de réduction de consommation d'énergie. Globalement
le CR consacre à cette politique de production des ENR un montant de 6.5
millions € sous forme de programmation pluriannuelle et de crédits
de paiement à hauteur de 1 million €. La
Région Lorraine entend encourager toutes les mesures permettant de maîtriser
les consommations d'énergie par une meilleure prise en compte des paramètres
énergétiques dans la construction et l'habitat, (travaux de rénovation
et d'isolation ou des chantiers de constructions neuves répondant aux normes
de qualité environnementale) en allégeant les contraintes budgétaires
des ménages et des collectivités et en réduisant les émissions
de CO2 de ce secteur. Les préoccupations
énergétiques ( promotion des ENR) représentent environ 16%
(6.5 M€) du budget alloué à l'aménagement du territoire
( 39.7 millions €) et dont la part a été multiplié par
près de 10 depuis le fonctionnement de la dernière assemblée.
B) Le jeu d'acteurs : une nouvelle contractualisation
Europe/Etat/région qui place le développement durable au cœur
des objectifs d'accompagnement des politiques publiques Le
jeu d'acteurs regroupe trois catégories d'acteurs en la matière :
-
L'Etat
via crédit d'impôt, le CR, les fonds européens -
le
CPER qui peut dégager des crédits d'action ( part de l'énergie
16M sur 31M liés au réchauffement climatique et la maîtrise
de l'énergie 5.8% du budget global de contractualisation). -
et
un partenariat CR/ADEME pour mutualiser les ressources des fonds européens
qui peuvent être dévolus pour jouer sur les programmes européens
( FEDER, Interreg Leader ou Urban) comme des leviers pertinents. Il a été
décidé que -
l'orientation des fonds structurels pour 2007/2013 soit recentrée autour
de trois objectifs : l'innovation, le développement durable et
l'accès aux réseaux. ( nouvel objectif 2 Compétitivité
régionale et emploi qui bénéficie d'un budget de 55 milliards
€ dont 9 milliards pour la France. L'objectif du développement durable
est également repris comme thème transversal dans l'objectif 3 de
coopération territoriale européenne qui se substitue aux anciennes
initiatives européennes A ce titre, les politiques nationales déclinées
aux échelles régionale et locale doivent encourager et promouvoir
les initiatives qui visent à conforter la maîtrise de l'énergie
améliorer l'efficacité énergétique et promouvoir le
développement d'énergies alternatives aux énergies fossiles.
L'ADEME peut ainsi émarger à la réalisation de fonds européens
au titre de conventions spécifiques. Dans
la nouvelle génération des contrats de plan Etat/région,
les questions d'environnement et de développement durable sont liées
beaucoup plus étroitement aux questions d'aménagement du territoire.
A ce titre, avec un budget énergies renouvelables de 3.9 millions €
pour 2005-2006, la Lorraine arrive dans le tiercé de tête des régions
qui investissent le plus en la matière (ENR). Un
accord cadre pluriannuel lie depuis Mars 2006 l'ADEME ( Agence de l'Environnement
et de la Maîtrise de l'Energie, établissement public d'Etat, les
services de l'Etat et la Région Lorraine afin de « Préparer
les espaces aux enjeux du réchauffement climatique et de la nouvelle donne
énergétique – préserver la biodiversité et les
milieux aquatiques : Convention établie pour une période 7
ans 2007-2013 abondé par chacune des parties ( CR et ADEME d'un budget
de 20M€) . Le préfet de région veille à la conformité
des réalisations effectuées dans le cadre de la Convention avec
les objectifs du CPER en la matière. La Convention peut être revue
chaque année. Met en place des dispositifs d'aides aux particuliers et
aux collectivités entreprises. Cette
politique vise à soutenir prioritairement l'amélioration de l'efficacité
énergétique et le développement des énergies renouvelables
à l'échelle territoriale dans le cadre de plans climat locaux et
la maîtrise de la demande d'énergie dans les domaines du bâtiment,
des transports, des entreprises et de l'agriculture. L'objectif est ici de promouvoir
la démarche vertueuse consistant à intégrer les enjeux de
maîtrise de la demande en énergie et de réduction des impacts
liés au changement climatique, dès l'amont de la réflexion,
dans les démarches d'aménagement du territoire et de développement. Les
actions d'accompagnement des collectivités territoriales pour élaborer
et mettre en oeuvre des « plans climat » territoriaux pourront ainsi
être soutenues, ainsi que les projets contribuant à l'essor des biocarburants
notamment dans la Meuse. Un certain nombre
d'outils seront crées pour mettre en œuvre ces objectifs : -
un observatoire de l'énergie et des GES -
une information et sensibilisation du public -
un conseil des différents acteurs socio-économiques pour la mise
en œuvre de projets à titre individuel ou collectif ( entreprises,
collectivités locales , associations, maîtres d'ouvrage, public)
Pour autant la région ne veut pas
constituer qu'un simple guichet pour les attributions des aides aux particuliers.
La région assure un suivi technique et une validation ( dont l'ADEME a
d'ailleurs besoin. Elle assure le portage des projets auprès des chauffagistes
pour éliminer les distorsions de concurrence et garantir la qualité
des installations La Région contribue
aussi à structurer les filières ( filière bois par exemple)
pour contribuer à fixer des règles en se dotant de la compétence
technique. Le CR en partenariat avec les
autres départements et collectivités et l'Etat a structuré
son offre en matière d'énergie et de développement durable
au travers d'un certain nombre d'axes définis au CPER 2007-2013 L'ensemble
des 3 axes développées ci-dessous s'inscrivent dans le 1 er grand
axe stratégique du CPER Compétitivité économique et
développement durable ( rejoint ainsi les préoccupations du nouvel
objectif 2 de la nouvelle politique régionale). Il
s'est engagé aussi à promouvoir en partenariat avec l'Etat un certain
nombre de pôles de compétitivité en Sciences et Génie
de l'Environnement pour assurer les transferts de technologies et stimuler la
création d'entreprises dans la filière bois, l'ingénierie
et la sécurité des aliments, la gestion de l'eau, des sols et de
la biodiversité. Des études
seront également encouragées en partenariat avec le CNRS et le BRGM
pour approfondir les capacités de stockage souterrain des énergies
et des déchets (stockage des gaz à effet de serre, des déchets
nucléaires) à partir du site de Bure dans la Meuse. Dans
le cadre du développement d'opérations exemplaires de maîtrise
de l'énergie et de
promotion des énergies renouvelables à l'échelle territoriale,
l'Etat et la Région s'engagent à développer avec le Conseil
Général de la Meuse, maître d'ouvrage, le projet «
Meuse Energies Nouvelles ». L'objectif est de faire de la Meuse, au
regard de ses spécificités et dans le cadre d'une approche globale,
un département exemplaire en matière de maîtrise de l'énergie
et de développement des énergies renouvelables. Ce projet s'appuiera
sur un partenariat large incluant les acteurs de la filière énergétique,
de l'environnement économique, de la recherche et de la formation.
C) Succès et limites
-
Un consensus assez large entre les élus
du CR est désormais réalisé pour promouvoir le développement
durable même si des querelles internes peuvent toujours surgir sur les plans
de financnement.. -
Par les
plans climats territoriaux, le Conseil régional pourra ainsi se doter d'un
outil d'analyse
et de prospection à l'échelle de chaque territoire.et mesures à
prendre adaptées
au territoire). -
Le
CR joue le rôle d'un effet de levier pour le particulier principalement
dans le solaire thermique, surtout qu après des débuts prometteurs,
les ventes en solaire thermique connaissent aujourd'hui une certaine stagnation.
-
L'effet de levier doit aussi bénéficier
aux entreprises de façon à pérenniser une offre en ENR une
fois ces aides disparues : cf Viessmann à Faulquemont produit des
panneaux solaires pour toute l'Europe : les incitations fiscales doivent
lui éviter d'envisager une délocalisation : les aides doivent
donc servir à terme à pérenniser une véritable filière
autour de nouveaux capteurs écologiques, qui a aussi permis la création
d'une quarantaine d'emplois supplémentaires sur un site employant déjà
792 personnes. En recherchant à
structurer l'organisation de certaines filières comme la filière
« bois-énergie » des partenariats sont mis en place
dans le cadre des intercommunalités et des pays notamment avec le Conseil
général des Vosges. ( Organisation de la filière GIPEBLOR)
Le partenariat ADEME/ CR participe en étroite collaboration avec les acteurs
locaux à la structuration et à la pérennisation de la filière
« chaudière au bois » et « construction
bois» Le Conseil Régional a mis en place une politique d' aides financières
visant à favoriser le recours aux chaudières à bois (cible
: les collectivités locales et les entreprises, le Conseil Régional
n‘assure pas d'aides aux particuliers). -
La
thématique de l'énergie et du développement durable est aussi
utiliser pour décloisonner le fonctionnement des services du CR en faisant
de cette priorité une action transversale: ainsi, la direction de l'environnement
au CR a été remaniée pour devenir un servie transversal rattaché
à la direction générale des services et intégrer tous
les niveaux de l'action régionale. L'éco-conditionnalité
des aides à l'aménagement du territoire est aussi un moyen de faciliter
cette nouvelle armature. Limites :
-
Le
CR aide les projets qui remontent du terrain et dépend à ce titre
de la bonne volonté du porteur de projet. Une véritable territorialisation
de ses actions apparaît de ce fait nécessaire.
-
Le CR est aussi confronté à
l'explosion de ses dépenses dans le cadre des nouveaux transferts de compétence
de l'Etat aux régions ( gestion des lycées, des personnels TOS (
Techniciens et ouvrier de surface), des TER) qui ne permette pas toujours non
plus de renforcer les priorités environnementales. D)
Une expérience locale : la charte d'écologie urbaine de Jarny
-
La commune de Jarny veut transformer
une image ternie par un passé industriel révolu lié au monde
de la mine ( bassin de Briey), en utilisant l'environnement et le développement
durable comme supports d'une nouvelle identité collective. -
Valoriser
sa situation de carrefour entre Pays Haut et Nancy , Verdun et Metz . -
Elle va pouvoir pour cela bénéficier
du statut de « Ville-porte » du Parc Naturel Régional
de Lorraine lui permet de bénéficier d'actions d'aides et de soutien
de sa part. -
La charte est ariculée
autour de trois axes stratégiques: la qualité du cadre de vie, la
cohésion sociale ( démocratie participative encouragée par
réunion de conseils de quartier), la sensibilisation et la promotion d'une
nouvelle image. La commune peut ainsi afficher des priorités qui peuvent
se caler exactement sur les objectifs plus généraux du développement
durable pour bénéficier des labels et soutiens nécessaires
dans le cadre de la mise en place des agendas 21 : « agir local
sur l'espace urbain, l'espace, le cadre de vie pour fédérer une
démarche globale liant citoyens, entrepreneurs, acteurs socio-politiques »
=> La ville de Jarny pourra ainsi
devenir une ville « éco-citoyenne » faisant de la
promotion des ENR un « combat » moral (pour lutter contre
les effets des GES) et de l'expérimentation ( procédé de
méthanisation biogaz) un élément important de cette valorisation
. On retrouve ainsi le lien entre les échelles et la notion de développement
durable décliné ici dans le projet de ville. Conclusions :
-
Si la Lorraine a longtemps été
associée à la représentation d'un « pays noir »,
ce que la part que l'industrie représente dans sa consommation énergétique
tend encore à rappeler, les acteurs lorrains ont aujourd'hui ( qu'ils appartiennent
au monde de la recherche, de l'entreprise, au monde politique voire associatif)
la capacité d'utiliser l'énergie comme le véritable levier
du développement régional pour promouvoir un aménagement
durable du territoire à l'échelle régionale et locale. -
La position d'interface que la Lorraine occupe
avec d'autres réseaux européens de l'énergie rappelle sa
vocation exportatrice ou tout du moins d'échange que les acteurs pourraient
mieux valoriser à l'avenir pour en faire un grand centre logistique en
matière de production d'ENR comme de transfert de connaissances. -
L'ouverture du marché européen
de l'énergie à la concurrence suscite par contre un certain nombre
d'inquiétudes sur le devenir des acteurs locaux de l'énergie et
leur capacité à jouer ou non de leurs spécificités
dans un contexte européen où ils ne sont pas les mieux armés :
cette spécificité lorraine ne doit pas être abandonnée
au profit de la logique économique de quelques grands groupes ; l'engagement
des acteurs nationaux et régionaux aura ici aussi toute son importance
de façon à territorialiser de manière durable des programmes
de développement et de soutien à une certaine diversité énergétique.
Sources bibliographiques :
-
Accord
cadre pluri-annuel d'application du Contrat de Projets Etat-Région de Lorraine
2007-2013 (ENVIRONNEMENT MAITRISE DE L'ENERGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE),
10p. -
Arab Linda, la Lorraine,
terre d ‘énergie, un enjeu d'avenir pour l'environnement et
le développement économique et social de la région, Travail
d'Etudes et de recherches, Maîtrise Echanges internationaux, Université
de Metz, 2005, 106p. -
Auburtin Eric ,
l'importance croissante de l'énergie électrique en Lorraine, :
une chance pour la région ? 3 tomes, Mémoire de maîtrise
de Géographie, 1990, 219p. -
Conseil
Economique et Social de Lorraine, la Lorraine, quel avenir énergétique ?,
rapport au Conseil régional de Lorraine, séance plénière
des 22 et 23 juin 2006, 132p. -
Contrat
de Projets Etat-Région Lorraine 2007-2013, 92p. |