| « Les
guerres civiles ont secoué l'Histoire de beaucoup de pays. Elles se sont
toujours terminées par l'apaisement des parties au conflit et une solution
aux oppositions (
).
Seule
la guerre civile en Russie s'est soldée de façon inhabituelle: ni
accord de paix entre les parties, ni capitulation, ni a minima partage de territoires
au sein du pays. En lieu et place de sorties de crise «classiques»,
nous avons assisté à la victoire sans partage de l'une des parties
et la défaite tout aussi absolue de l'autre. L'objectif
bolchevique visant au retournement de la guerre impérialiste en guerre
civile, s'est heurtée à l'énigme historique de la Russie,
une Russie où cohabite un système à deux dominantes opposées :
nationaliste et religieuse d'une part, et nihiliste et destructrice d'autre part.
Cette cohabitation aurait dû immanquablement conduire à l'explosion
de l'Etat russe au profit d'une sorte de «trou noir» menaçant
d'engloutir le reste du monde.
En
1920, la Russie historique cesse d'exister. Pourtant il n'y aura ni réaction
en chaîne sur le plan planétaire, ni cataclysme mondial. Le facteur
qui a maintenu le monde civilisé au bord de la catastrophe n'a pas été
transposé et s'est achevé par la fuite d'une part significative
de la société cultivée russe vers d'autres horizons. Le
moyen âge a commencé avec les Barbares pillant Rome. L'époque
bourgeoise avec le pillage de Versailles par les sans culottes, l'époque
socialiste - avec l'expropriation des populations de leur propre pays et la fuite
des représentants de la culture nationale abandonnant le fruit de leur
travail dans l'escarcelle des vainqueurs. Mais malgré leur défaite
totale et la perte de la civilisation qu'ils avaient érigés, la
culture russe n'a pas complètement disparu : les reliquats de l'armée
blanche fuyant l'ancien Empire vers les profondeurs de l'Europe et de l'Asie ont
emporté le suc de la Russie et l'essence de l'âme russe
le
concept même de Russie.
L'acte
final de ce drame grandiose s'est noué avec le départ en 1922 d'un
bateau truffé de philosophes et de tout ce que la Russie comptait à
l'époque d'intellectuels dont les spécialistes des questions
religieuses-, y compris des chercheurs neutres voire loyaux pour le nouveau pouvoir,
expulsion organisée par Lénine. En nettoyant le territoire russe
de ces derniers éléments russophiles, Lénine a préparé
le terrain de la future révolution mondiale. C'est pourquoi le départ
pour l'Europe du « paquebot des philosophes » est de la
même nature que l'élimination de la famille du Tsar Nicolas II :
un souhait d'éliminer la notion de Russie de la surface de la terre. Mais
cette Russie vouée à la disparition par le cours de l'Histoire et
la volonté de Lénine réunis, cette Russie ne disparaîtra
pas complètement mais formera deux éléments distincts et
nouveaux : une partie constituée par la reconquête du peuple
de son propre territoire, désormais sans nom, et une partie constituée
par la population émigrée d'autre part. A peu de choses près,
c'est dans l'émigration que l'on trouvera l'essentiel de l'intelligentsia
russe : un potentiel colossal d'intellectuels se retrouve de Harbin à
Shangaï. A travers toute l'Europe et jusqu'à New York, apparaissent
des îlots de Russie, liés entre eux, visiblement ou non.
Pendant
20 ans et plus, avant la deuxième guerre mondiale, la Russie émigrée
subsiste concrètement tel un continent invisible qui fait vivre en lui
la nation russe et l'attente d'un retour au bercail. Ces deux nouvelles entités
se disputent le droit de préemption sur la Russie: l'ancien «peuple
russe», dépourvu des attributs culturels de la vie russe, et la Russie
virtuelle, portant en elle tous ses symboles, mais privée de l'identité
russe.
Laquelle des deux
Russie peut-on qualifier d'authentique ? »  |  | Extrait
du livre intitulé « La Russie ou la quatrième question
philosophique » d'Arcadi Raskine, traduction libre : V. Leydet-Frish. |
La
population russe en Amérique Les
Russes installés aux Etats-Unis constituent une population de 2.9 millions
de personnes. Sur 28.4 millions d'étrangers
vivant aux Etats Unis, les Russes représentent plus de 10% et sont donc
le deuxième groupe leader, juste après les Mexicains. La
population qui parle russe aux Etats Unis et au Canada est estimée à
6 millions de personnes. Les Etats où
la population russe est la mieux implantée sont : l'Etat de New York, la
Californie, l'Illinois, la Pennsylvanie et le Massachusetts. Les
principales villes : New York, Los Angeles, Chicago, San Diego, San Francisco,
Seattle et Detroit. En pourcentage cela donne
: - 24% dans l'état de New York -
16% en Californie - 16% en Illinois - 10% en Pennsylvanie - 8% au Massachusetts -
7% en Floride - ... A New
York New York accueille la plus
forte concentration de Russes installés aux Etats-Unis avec 1.6 millions
de personnes, dont 600.000 résident à New York même. La
population russe immigrée est en moyenne plus diplômée que
les autres communautés d'origine étrangère vivant aux Etats-Unis
et le niveau de vie moyen est plus élevé que celui de la communauté
chinoise. Cinq
vagues d'immigration La première vague est liée
à la découverte de l'Alaska, le 15 juillet 1741, par l'expédition
russe dirigée par Vitus Bering et Alexeï Tchirikov. La
première population d'environ 700 personnes était composée
principalement d'industriels, de chasseurs et de religieux. De
l'Alaska, ces pionniers se sont aventurés jusqu'en Californie où
ils ont installé une première base à Fort Ross. Russe
pendant 126 ans, l'Alaska a été vendue, en 1867, aux Etats Unis
pour la somme de 7.2 millions de dollars en or.  La
deuxième vague de 1918 à 1922 s'est produite juste après
la 1ère guerre mondiale et la Révolution russe. Ce sont alors principalement
les intellectuels et scientifiques russes qui immigrent. Georges Gershwin, Sergueï
Rahmaninov, Yul Bryner et beaucoup d'autres s'installent ainsi aux Etats Unis.
La troisième vague a été provoquée
par la 2ème guerre mondiale. Les Russes privilégient
alors le Canada, par affinité climatique. La
quatrième vague de 1975 à 1990 a concerné davantage les juifs,
les dissidents et réfugiés politiques. En effet, Leonid Brejnev
ayant ratifié les accords d'Helsinski permettant l'immigration des Juifs
vers Israël, beaucoup profitèrent de cette « ouverture »
pour quitter le pays et finalement immigrer aux Etats-Unis. Leur port d'arrivée
était Brighton Beach, ainsi naquit la « petite Odessa ».
L'arrivée de ces intellectuels enrichit la vie culturelle américaine :
Mikaël Barichnikov, Mikaël Chemiakin, Youssef Brodski
A
l'issue de la Perestroïka,de la chute du mur de Berlin et le lever du rideau
de fer, la cinquième vague, la plus importante, de 1991, a concerné
une population plus jeune et talentueuse. Témoignage de Valérie,
Française Qui a vu le Snow Show à Hong Kong, Moscou, Marseille,
Munich et New York- « En préambule, je dirais qu'il
faut définir de quoi on parle : la terminologie est très signifiante.
On ne va pas voir le Snow Show, on va « au Snow Show » comme
on irait à la messe. C'est ma seule addiction connue et avouable.
Je ne peux plus m'en passer. Je n'ai jamais vu deux fois le même
spectacle et pourtant je l'ai vu plus de dix fois maintenant. Rien
ne ressemble mois au Snow Show que le Snow Show
puisque c'est en fonction
de votre tissu intérieur que les couleurs, du plus gai au plus triste,
vont prendre. C'est comme une teinture des sens. Il y a évidemment autant
de spectacles que de spectateurs. A Hong Kong, j'ai assisté
à une soirée fantastique, magique parce qu'initiatique. Le premier
soir pour moi et sans doute pour l'ensemble de la salle. Ce soir-là je
me suis sentie plus asiatique que prévu par mes gènes.
J'ai pleuré, comme tout le monde autour de moi. A Marseille,
j'y ai vu encore d'autres choses, des détails qui m'avaient échappé
peut-être volontairement. A Moscou, ce fut ma « saison
préférée » : tous les sentiments, dans le
désordre, à fond. A New York, le Snow Show m'a rendu
plus nostalgique de l'Européenne que je suis. Mais il m'a ouvert une porte
de l'Amérique, celle qui dirait par exemple « pourquoi pleurer
quand il suffit de rire ? » N/B Et puis, j'ai
oublié de vous dire le plus important des signes d'addiction : je
ne peux plus téléphoner à mon mari sans rire intérieurement
au moment même où je serais tentée d'embrasser le combiné
Avant,
je ne l'aurais jamais fait. Vagues
d'émigration et le Fort Ross Au
XVIIIème siècle l'Alaska et les îles Aléoutiennes portaient
le nom officiel d'Amérique russe.
Les
Russes, venus de la presqu'île du Kamtchatka, à l'extrémité
nord du continent asiatique, mettent le pied en Amérique pour étendre
leurs territoires de chasse et fondent en 1812 le Fort Ross, au nord de San Francisco,
où ils laissent une petite colonie d'Inuits ou Esquimaux d'Alaska.
Ce
sont eux qui créent la première colonie prénommée
l'Amérique russe. Leurs descendants apportent aux Etats-Unis leur héritage
: la religion orthodoxe, les traditions adoptées par la population locale,
à savoir les aléoutes, les indiens et les créoles, les mots
et les termes géographiques russes.
En Alaska, les
îles, baies, détroits, montagnes et lacs portent les noms des explorateurs
russes : Chelihov, Baranov, Lissianski, Kozeba, Vranguel, Vsevodskii, Kachevarov
et beaucoup d'autres. Les deux lacs des îles Baranov portent le nom des
enfants du premier administrateur de l'Amérique russe Irina et Antipatra.
La
deuxième grande vague culturelle de l'émigration russe est due à
la révolution et à la première guerre mondiale qui ravageaient
la Russie. De nombreux scientifiques et professeurs d'universités reconnus
ont émigré aux Etats-Unis. Citons quelques noms des personnes
qui ont participé à la vie culturelle du pays qui les accueille :
Igor Sikorski et son collègue Seveski, spécialistes de l'aéronautique L'ichtyologique
Galtsev Le physicien Gamov Le chimiste Ipatiev Le zoologue Petrounkevitch Les
ingénieur Zvorikin et Timochenko Les sociologue Sorokin et Timachev. Et
bien entendu, nous ne pouvons pas ne pas citer le nom de l'économiste Leontiev,
lauréat du Prix Nobel.
La Californie russe déclina
aussi vite qu'elle s'était développée, de sorte que le gouvernement
russe imposa à la compagnie la vente de Fort Ross aux Etats-Unis. L'année
1841 marqua le début du désengagement russe du continent américain
au profit des Etats-Unis. En 1867, la Russie vendait l'Alaska aux Etats-Unis d'Amérique. Nicolas
Rezanov Le
Comte Nicolas Rezanov, ministre plénipotentiaire du tsar et artisan de
la colonisation russe en Amérique arrive à Sitka en Alaska en 1805.
L'hiver de 1805 à 1806 est terrible ! Les récoltes périssent
et aucun navire ne vient apporter des vivres. Les gens meurent du scorbut et Rezanov
souffre de la faim comme ses compatriotes. Dès que le temps le permet,
il se procure un navire « Junona » et, le 6 février
1806, part dans la direction de la colonie espagnole dans la baie de San Francisco.
Le 5 avril 1806, le Junona se présente devant le fort de San Francisco
commandé par le capitaine Arguello. Le Russe demande des secours après
un hivernage désastreux à Sitka (Alaska).
L'Espagne,
pour s'assurer le monopole, interdit à ses colonies le commerce avec l'étranger.
Rezanov doit convaincre, parlementer avec eux
le capitaine est touché
par l'épuisement de ces hommes courageux et leur offre l' hospitalité. A
San Francisco, pendant son séjour, il se lie d'amitié avec la famille
du gouverneur de la forteresse Arguello et tombe amoureux de sa fille de 15 ans
prénommée Conception (Contchita). Les fiançailles sont célébrées,
mais le mariage est retardé en attendant l'autorisation du pape et du roi
d'Espagne (Rezanov est orthodoxe et Señorina Concepcion est catholique).
Après plusieurs semaines de négociation,
le 19 juin 1806, il repart sur son navire « Junona » rempli
de provisions. Il quitte la baie de San Francisco et arrive dans la Nouvelle Arkhangelsk.
Les habitants de la colonie sont sauvés. Sur
son chemin de retour, Rezanov pense venir s'installer plus au nord de San Francisco
pour exploiter les terres inoccupées et il soumet cette idée au
comte Roumantsev, alors ministre du commerce. Rezanov s'empresse
de se rendre à Saint-Petersbourg pour rencontrer le tsar au sujet du mariage
avec Contchita. Il passe Kamtchatka et entame la traversée difficile de
la Sibérie. Pour aller plus vite, il préfère le cheval au
carrosse. Durant son périlleux voyage, il tombe à plusieurs reprises
de son cheval dans l'eau glaciale des rivières sibériennes, prend
froid, mais continu son chemin malgré la maladie qui le guette. Il
arrive à Irkoutsk épuisé. Mais malgré son état,
il continue son chemin et repart à Krasnoiarsk. Sur sa route, enfiévré
par une pneumonie, Rezanov meurt à Krasnoiarsk, au beau milieu de la Sibérie
le 1er mars 1807. Sa fiancée n'eut
aucune nouvelle de lui pendant plusieurs années. Elle refusa de nombreuses
propositions de mariage. Seule, elle attendait son retour. Elle ne croyait pas
les rumeurs sur la mort de son bien-aimé. Elle l'apprit quarante ans plus
tard, en 1847, par le directeur de la compagnie de Goudzon-Bay qui lui confit
qu'il s'était rendu sur la tombe de Rezanov en passant à Krasnoiarsk.
Accablée de douleur, Contchita se fait none et passe le reste de sa
vie au couvent à Bénichia, ville située sur le fleuve Sakramento.
Le 3 décembre 1857 Doña Maria Dominga Conception de Arguello décède
en solitaire. Rezanov reste le seul à
porter le rêve d'une colonisation russe en Amérique. Le
tsar Alexandre est trop occupé par la politique européenne, entre
autre par les projets de Napoléon Bonaparte qui commence son invasion de
l'Europe. Cinq ans après Napoléon fait irruption en Russie. Après
la mort de Rezanov, commence l'ascension vers l'honneur et la gloire de Krouzenchtern,
installé confortablement à Saint-Petersbourg. Il est considéré
comme le responsable de la première expédition russe autour du monde.
Décoré et respecté, un monument est érigé en
son honneur à Saint-Petersbourg. Quant à Rezanov, il n'a qu'une
modeste sépulture inconnue à Krasnoiarsk. Telle est l'ironie du
sort ! Piotr Dementiev Piotr
Dementiev, ce noble russe, officier de la garde du tsar émigre en Amérique
en été 1881. Son histoire prouve que toute la volonté
est récompensée. Malgré son appartenance aristocratique,
il n'a pas peur de travailler d'arrache pied en arrivant aux Etats-Unis. Il s'installe
avec sa famille à Longvood et change son nom de famille en Peter Demens. Il
a deux grands projets qui lui tiennent à cur : il se lance tout
d'abord dans la construction d'une voie ferrée. Puis il fonde un port et
l'appelle Saint-Petersbourg en l'honneur de sa ville natale. La voie ferrée
est terminée le 30 avril 1888 et le premier train quitte Sanford pour arriver
dans la baie de Mexique le 1 juillet 1888.
Pour
que le nom du bâtisseur de la voie ferrée et fondateur de Saint-Petersbourg
en Floride ne tombe pas dans l'oubli, le congrès des Américains
d'origine russe a voulu rendre hommage à cet homme notaire. En
1977, le parc municipal de Longvood est baptisé Demens Landing, où
un monument a été érigé en son honneur. L'église
orthodoxe (Los Angeles) visitée par le compositeur Serguei Rahmaninov et
les acteurs Yul Brunner Mikhaïl Tchekhov. Mikhaïl
Tchekhov fut le maître le plus marquant de la pédagogie russe
de l'après stalinisme et formatrice de deux générations des
plus importants artistes et metteurs en scène. Mikhaïl Tchekhov
a inspiré les pédagogues de l'Actor's Studio dont Brando a été
considéré comme le maître étalon en portant à
son plus haut degré l'implication psychique et charnelle de l'interprète
dans la partition à assumer.
Brighton Beach Brighton
beach est située sur Coney Island dans la ville de Brooklyn à New
York. Elle est rattachée à Coney Island du côté ouest,
à Manhattan Beach à l'est, et à l'océan Atlantique
au sud. Brighton beach s'est développée comme une zone de repos
dès 1878 et son nom a été choisi à l'occasion d'un
concours. Il évoque la station balnéaire de Brighton en Angleterre.
Au centre de ce lieu de villégiature, se trouvait le grand hôtel
Brighton posé au beau milieu de la plage. Dans
les années 20, cette banlieue résidentielle est devenue plus fréquentée
grâce à la liaison directe avec le centre de New York par le métro
souterrain. Ce secteur est maintenant une
grande communauté principalement constituée d'immigrés russes
qui ont quitté l'Union Soviétique dans les années 80, 90.
La majorité de cette communauté est de confession juive. Cependant,
le fait d'avoir vécu sous le régime soviétique les a sensiblement
éloignés culturellement de la vague d'immigration issue de la Russie
tsariste quelques décennies plus tôt. Tandis que dans beaucoup de
cas, au début du siècle, les origines juives jouaient en effet un
rôle fondamental dans le choix d'immigrer
(fuir l'anti-sémitisme), avec l'URSS, l'assimilation forcée dans
la culture soviétique a eu comme conséquence le fait que la plupart
de ces émigrés des années 80 et 90 sont culturellement plus
proches des immigrés russes et ukrainiens non Juifs que des premiers immigrés
juifs venant de cette partie du monde. Brighton
beach a été surnommée par les Russes "la petite Odessa"
et conserve la réputation d'abriter la "mafia" russe aux Etats-Unis.
Actuellement, elle regorge de restaurants, magasins d'alimentation et traiteurs
russes. Cette communauté, estimée à 150 000 personnes environ,
est animée d'un sentiment d'appartenance ethnique au même titre que
les émigrés chinois installés à Chinatown au sein
de Manhattan. La proximité de Brighton beach avec les plages de la ville
et le fait que la rue est située exactement
sous la station de métro « Brighton beach Avenue », en fait
une destination populaire de week-end pour des milliers de résidants de
New York. Mikhaïl Baryshnikov Mikhaïl
Baryshnikov est né en 1948 à Riga, en Lettonie, dans une famille
russe. Il débute le ballet à 9 ans. En 1963, il part pour Leningrad
où il intègre l'école Voganova avant de rejoindre le ballet
du Kirov où il deviendra célèbre. En 1974, il demande
l'asile politique au Canada à l'occasion d'une tournée avec le Kirov
puis s'installe à New York. De 74 à 78, il est une étoile
de l'American Ballet Theater, qu'il dirigera ensuite de 80 à 89. Très
vite, il fait ses premiers pas dans le contemporain et se fascine pour le théâtre
moderne. De 90 à 99, il monte en Floride le White Oak Dance Project et
passe commande d'oeuvres nouvelles aux jeunes chorégraphes de talent. Un
changement de cap réussi qui le conduit à imaginer le Baryshnikov
Arts Center (BAC), lieu interdisciplinaire et expérimental, ouvert en novembre
2005. Dédié à tous les arts -danse, théâtre,
musique, cinéma, design, arts visuels-, ce lieu d'avant-garde a su attirer
les plus grands noms de chacune des disciplines comme Pina Baush, Pedro Almodovar
ou Gidon Kremer, pour ne citer qu'eux. Baryshnikov s'est totalement investi dans
cette aventure. Il dit que ce projet vient peut-être trop tard dans sa vie
mais qu'il en écrit ainsi le dernier grand chapitre. Yul Bryner
De
son vrai nom Juli Borisovitch Bryner, Yul Brynner est né le 7 juillet 1915
à Vladivostok, en Russie. En 1927, lorsque Boris Bryner quitte le domicile
conjugal et abandonne sa famille, Marousia emmène ses enfants Yul et Vera
à Harbin, en Chine puis en 1934, tous les trois s'installent à Paris.
Pour gagner sa vie, Yul Brynner joue de la guitare dans des nightclubs. Il rencontre
des intellectuels tels que Jean Cocteau et devient apprenti au Théâtre
des Mathurins. Puis, il travaille comme trapéziste au Cirque d'Hiver. Dès
1941, il part pour les États-Unis afin d'étudier le théâtre
avec Michael Tchekhov. Il commence alors à se produire à Broadway
sous le nom de Yul Bryner. Il fait ses débuts au cinéma en 1949
dans « La Brigade des stupéfiants ». A partir de 1951, il se
rend célèbre en interprétant le roi de Siam Mongkut dans
l'opérette de Richard Rogers et Oscar Hammerstein : « Le Roi et moi
». Pour ce rôle, il reçut en 1952 le Tony Award du meilleur
acteur de comédie musicale dans un second rôle. La pièce, Qu'il
joua près de trois mille fois et pour laquelle il se rasa le crâne,
fut transposée au cinéma en 1956 et lui effrira un Oscar du meilleur
acteur. Yul Brynner eut quatre épouses et cinq enfants. Au milieu des
années 1980, Yul Brynner apprend qu'il est atteint d'un cancer du poumon
dû à sa consommation excessive de tabac. Il décède
le 10 octobre 1985 à New York, à l'âge de soixante-dix ans.
Il est enterré dans le cimetière du monastère de Saint-Michel-de-Bois-Aubry,
près de Poitiers.
Zino Davidoff
: le pape du cigare La
marque Davidoff s'est imposée dans le monde du grand cigare comme une référence
éminente. Fidèle de bout en bout à sa passion et respectueux
d'un produit qu'il identifiait volontiers à un prince, Zino Davidoff est
né en Russie près de Kiev en 1906. Sa famille d'origine juive s'exile
pour fuir l'antisémitisme avec l'idée de s'embarquer pour les Etats-Unis.
Mais, une fois arrivé à Genève, en 1911, le père de
Zino décide de s'y installer avec sa femme et ses cinq enfants. Ce mélangeur
de tabacs d'Orient, qui roule des cigarettes à la main, ouvre une boutique
pour vendre sa production artisanale. Et l'épopée de son fils démarrera
de là. Zino Davidoff s'éteint en janvier 1994, à l'âge
de 88 ans et restera celui qui a sorti le havane du confinement des salons feutrés
et a fait connaître et aimer le grand cigare au plus grand nombre. Vladimir
Horowitz Horowitz
disait qu'il était né à Kiev, en Ukraine mais selon certaines
sources il serait né à Berdichev. Né en 1903, mais afin de
le faire apparaître trop jeune pour le service militaire et ainsi de lui
éviter d'abîmer ses mains, son père le déclara né
en 1904. La mère d'Horowitz, elle-même une pianiste confirmée,
lui enseigna dès son plus jeune âge le piano. En 1912, il entre au
Conservatoire de Kiev qu'il quitte en 1919. Son premier récital eut lieu
en 1920. Devenu rapidement célèbre, il commence à tourner
dans toute la Russie où il était souvent payé en pain, beurre
et chocolat, au regard de la situation économique très difficile
du pays. Pendant la saison 1922-1923, il donnera 23 concerts de 11 programmes
différents à Leningrad. En 1926, Horowitz fait sa première
apparition à l'étranger. D'abord Berlin, ensuite paris, Londres
et New-York. Il s'installe aux USA en 1940 pour devenir citoyen américain
en 1944. Il disait : « Il y a trois sortes de pianistes : des
pianistes juifs, des pianistes homosexuels, et des mauvais pianistes ». Yakov
Smirnoff Son
vrai nom est Yakov Naumovich Pokhis. Il devient citoyen américain
le 6 julliet 1986 et vit à Branson dans le Missouri Professeur d'art
à l'université pédagogique d'Odessa en Ukraine, il révèle
ses talents de comédien en s'installant aux Etats-Unis. Après
l'attaque du 11 septembre 2001, il travailla sur la fresque commémorative
de l'événement. Sur la bannière était écrit
: « L'esprit de l'homme ne se mesure pas à la taille de son
action, mais à la taille de son cur ».
Je
remercie de tout mon cur tous ceux qui m'ont aidé à découvrir
ces destins merveilleux. Zoya Bryner Liouba Bojor, Californie Olga Godorogea,
Canada La famille de Tolmatchiev, Australie Particia Robert, New-York Andrei
Soumiatin, Bronson Arkadi Raskin, Russie Et
merci à mon équipe de design : Elena, Valérie et Carole. Automne,
Paris-Moscou-San Fransisco 2006 |