|
En établissant des réseaux de transport et de circulation,
les États signent leur conception géopolitique de l'organisation
de l'espace.
Au réseau ferroviaire et routier, tissé depuis fort longtemps
en étoile autour de Paris, s'est ajouté plus récemment
celui des autoroutes, des lignes ferroviaires à grande vitesse,
des lignes aériennes et des aéroports. Ces infrastructures
s'inscrivent dans un réseau qui fait de l'Ile de-France le noeud
du système et le passage quasi obligé des relations entre
les régions et entre celles-ci et le reste du monde.
En appuyant le projet de 3ème aéroport autour de Paris,
en contribuant à y établir les barreaux d'interconnexion
des lignes ferroviaires à grande vitesse (LGV), en multipliant
les aéroports à travers l'hexagone, et en assurant la
modernisation des voies ferrées dans le prolongement des LGV,
les villes, les départements, les régions se laissent
enfermer dans une logique de rabattement des flux sur l'Ile-de-France.
L'amélioration des liaisons avec la capitale renforce ainsi
la carte du centralisme géopolitique dans l'organisation du
territoire, disqualifiant du même coup les capitales régionales.
|