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Monsieur le ministre,
Monsieur le président du conseil régional, Monsieur le président
du festival,
Mesdames et messieurs, Chers collègues,
Le FIG est un rendez-vous attendu, le lieu privilégié de
la rencontre entre la géographie savante et la géographie
enseignée.
Il a conquis la réputation d'être un moment privilégié
de la formation continue en géographie, pour les professeurs de
cette discipline
-plus de 150 inspecteurs et professeurs viennent à Saint Dié
de toute la France métropolitaine et d'outre-mer, missionnés
par leurs académies.
-il faut y ajouter la centaine- -denseignants- qui viennent de notre académie
dans le cadre du PAF, et le nombre plus grand encore de ceux qui viennent
par leurs propres moyens.
L'impact du festival, pour la formation continue des enseignants, est
d'autant plus important que la grande majorité des professeurs
d'histoire-géographie a surtout une formation universitaire d'historien.
Et c'est souvent à Saint-Dié qu'ils se familiarisent avec
les champs nouveaux et les problématiques nouvelles de la géographie.
Ainsi le festival est un lieu d'enrichissement des connaissances et aussi
de questionnement et de remise en cause pour les enseignants, une remise
en cause qui engendre non pas l'angoisse, le doute et la paralysie, mais
bien plutôt l'envie d'avancer et l'enthousiasme, car ce festival
est aussi un lieu festif et convivial.
Le thème choisi pour le festival - « le monde en réseaux,
lieux visibles, liens invisibles »- est au coeur de l'enseignement
de la géographie en collège et au lycée. Le programme
de terminale L et ES indique que « l'espace mondial se présente
aujourd'hui comme un Système marquépar la multiplication
deflux de toute nature (hommes, marchandises, capitaux informations) qui
ont des effets sur les Sociétés Ces flux sont organisés
par des acteurs spatiaux comme les Etats les entreprises multinationales,
les organisations internationales, les ONG les organisations illicites-
L'intensité de ces échanges favorise l'émergence
de lieux de la mondialisation à différentes échelles,
notamment les métropoles mondiales disposant d'un pouvoir de commandement.
». La simple lecture de cet extrait suffit à montrer combien
le thème de ce festival répond aux préoccupations
des professeurs du secondaire.
Les élèves des classes de première de l'académie
sont d'ailleurs învités cette année, en lien avec
le thème du FIG, à cartographier leurs réseaux de
déplacement, la mise en commun de ces travaux doit amener à
esquisser le croquis d'un réseau vécu des lycéens
de l'académie qui pourra ensuite être analysé et commenté
dans les classes qui participent à cette opération.
Le thème qu'aborde le festival cette année n'intéresse
pas seulement la géographie enseignée dans ses contenus
et ses méthodes-, il pose aussi la question de l'objectif même
de l'enseignement de la géographie: il ne s'agit pas seulement
de connaître mais de comprendre.
Etudier les réseaux visibles ou invisibles, porteurs de flux matériels
ou immatériels, tissés par des acteurs spatiaux institutionnels
en privés, parfois clandestins ou illégaux, identifier les
lieux qui constituent les noeuds de ce maillage; c'est une démarche
qui doit permettre aux élèves de dépasser les connaissances
factuelles pour atteindre à des schémas et à-des
modèles explicatifs et interprétatifs. Étudier le
monde comme un système est d'une plus haute exigence intellectuelle
que d'en décrire les composantes factuelles
Bien sûr, la démarche géographique dans les classes
reste fondamentalement inductive. Elle part le plus souvent de l'étude
d'un cas particulier soigneusement localisé, observé et
décrit puis ensuite seulement généralisé,
avec nuance et précaution,, Mais le but - est bien d'aboutir à
l'intelli gibilité de 1 l'espa ce géographique. Cette intelligibilité
permet ensuite de redescendre vers le cas particulier, armé d'éléments
nouveaux et pertinents d'interprétation.
C'est une haute et exigeante ambition à la réussite de laquelle
le festival de St Dié peut puissamment contribuer.
En fin de compte, le rôle de la géographie n'est-il pas de
rendre visible ce qui est invisible, intelligible ce qui est confus à
la surface de la Terre ? Une simple carte adininistrative de la France
rend visible des frontières invisibles, un banal planisphère
rend visible l'ensemble de la surface terrestre à jamais imperceptible,
y compris par l'oeil des satellites géostationnaires qui n'en observent
jamais que la moitié. N'est-ce pas cette quête que continue
aujourd'hui le FIG en s'efforçant de mieux connaître, pour
les décrire et les cartographier, la multitude des réseaux
qui élise ent: la planète de leurs filets et structurent
l'espace géographique
C'est parce que la géographie dit le monde qu'elle permet à
nos élèves de se l'approprîer et de se sentir envers
lui responsables. La géographie leur doline les outils conceptuels
pour appréhender une réalité complexe, mouvante,
qui West jamais donnée mais bien construite par la science géographique-
C'est pourquoi ce rendez-vous annuel du FIG est si important pour que
l'enseignement de la géographie reste en lien étroit et
fécond avec la recherche géographique la plus actuelle,
Je vous souhaite un festival heureux, studieux et fructueux.
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