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Comment rattacher la notion de développement durable au thème
du FIG 2005 sans rester dans l anecdote ? En fait, par l action
des ONG, on se rend compte que des réseaux ont été
mis en place pour imposer ce concept.
Le développement durable est à la conjonction de trois
composantes : l économique, le social et l écologique.
Théorie des 3 M : manque, misère, moyens.
A partir des années 90, ce concept s est imposé pour
devenir un concept glouton. Tout est devenu durable : agriculture
durable, urbanisation durable, économie durable, etc.
Dans les faits, le DD se résume de plus en plus à l environnement
au détriment des autres volets. Glissement des priorités
et des financements (cf. sites sur le DD entièrement consacrés
à l écologie).
Tout se passe comme si l avenir de la planète était plus
important que celui de l humanité elle-même.
Les catastrophes naturelles sont vues comme une vengeance de la nature
sur les sociétés humaines.
Les êtres humains seraient devenus des parasites de la Terre.
Le glissement du développement au DD s est fait au tournant
des années 90. Avant 1990, il fallait développer les pays
du Sud en investissant des sommes considérables pour équiper
les territoires et officieusement, pour les fidéliser dans le
contexte de la Guerre froide.
Lors de la crise de la dette au début des années 90, le
Nord a laissé tomber les financements, provoquant la déstructuration
des Etats souverains. Reprise en main du Sud par le Nord plutôt
libérale en laissant faire le marché.
Chute du communisme : l aide publique au développement
s effondre et devient de plus en plus humanitaire logique de l endiguement
de la misère (containement).
On voit apparaître des émeutes urbaines, des affrontements
féroces pour le pouvoir là où le parti unique a
été affaibli, des guerres civiles, des coups d Etat,
des trafics.
Il en résulte des crises dites humanitaires qui se résument
le plus souvent à des crises politiques, des luttes de pouvoir.
Les Nations Unies sont appelées sur le terrain pour des actions
militaro-humanitaires menées par des ONG.
L humanitaire occupe le champ sémantique. Le grand mot d ordre
des conférences internationales est celui de la lutte contre
la faim, contre la pauvreté mais les engagements sont réaffirmés
à intervalles réguliers sans action de fond réelle.
Les Etats sont progressivement discrédités, débordés
de partout par les grandes multinationales qui prennent le contrôle
de leurs ressources naturelles et par l émergence d une nouvelle
société civile et les ONG.
Les ONG s imposent comme acteurs principaux après le Sommet
de la Terre à Rio en 1992. L ouverture du monde communiste leur
permet d avoir un champ d action planétaire.
Les nouvelles technologies leur permettent de communiquer largement
sur leur action : une vraie mondialisation de la communication.
Les financements sont de plus en plus alloués à ces organisations
issues de la société civile car on se méfie des
Etats. Emergence d ONG puissantes, riches et influentes, disposant
de tribunes internationales relayées par les grands media.
La nébuleuse ONG englobe des micro structures agissant sur des
petits projets et peut aller jusqu à « l ONG gouvernementale »
bras armé d Etats financiers.
A côté de cette galaxie d ONG humanitaires, on a des ONG
écologiques qui connaissent par cSur les règles du lobbying
et disposent de financements colossaux. La plupart de ces ONG d origine
anglo-saxonne : les amis de la Terre (66 pays), Sierra Club (700
000 adhérents), Green Peace, le fond mondial de la nature (WWF)
plus grosse ONG avec un budget de 350 millions de $.
Ces ONG prennent naissance dans les années 70, quand les pays
riches prennent conscience de leur économie productiviste. Les
grands accidents industriels (Seveso, bohpal, Tchernobyl) provoquent
un électro-choc.
En 1987, rapport Bruntland sur le DD.
1992, le Sommet de la Terre à Rio officialise la notion de DD
même si les seules grandes décisions ne concernent que
les problèmes environnementaux (forêt, biodiversité,
etc.)
Dans les années 90, à part la création du FMI,
toutes les grandes structures internationales mises en place dans le
monde, ne concernent que l écologie.
Les ONG sont utilisés comme vecteurs de sanctuarisation de la
nature dans les pays neufs.
Culte du pays sauvage (wilderness) porté par les conservationnistes,
extrêmement puissants dans les pays anglo-saxons avec un but cynégétique.
Le WWF par exemple, a repris dans ses principes, « les idées
des grandes chasses colonialistes » dans la gestion des espaces
naturels.
Par exemple, les aborigènes australiens n ont obtenu la nationalité
australienne qu en 1967 alors qu ils sont présents sur ce territoire
depuis près de 50 000 ans. Leur idée de « terra
nullium » terre n appartenant à personne ne les a
pas aidé à la reconnaissance de la propriété
de leur territoire.
Les présidents du WWF sont soit des princes de la famille royale
anglaise, soit d anciens hauts responsables de groupes pétroliers
(Shell).
M.C. Smouth, montre dans son livre sur les forêts, comment le
WWF s est entendu avec le FMI pour mettre en place une gestion d espaces
protégés dans les pays endettés, au-delà
du contrôle des Etats souverains. L ONG met en place une importante
politique de lobbying auprès des grands acteurs politiques mondiaux
(exemple du Bureau Européen de l Environnement).
Ils mettent en jeu une sorte de « diplomatie verte ».
Georges Rossi, dans son livre « l ingérance écologique »
nous explique cette politique d espaces protégés. Il
explique comment au Togo ou en Ouganda, on a expulsé des tribus
locales pour mettre en place des réserves naturelles. La régulation
de ces réserves, royaume du « culte du gros mammifère »
est faite par des chasses au trophée de riches chasseurs &
Les Malgaches déclarent : « ne pourriez-vous
pas considérer nos enfants comme des Lémuriens ».
En fait, cette politique engendre un discours néo-malthusianiste.
Les pauvres sont devenus dangereux car ils polluent beaucoup plus que
les riches : agriculture sur brûlis, déforestation,
pollution des nappes, etc. Alors que ces sociétés ont
développé des savoir-faire équilibrés et
en constante évolution (s opposant au danger de la conservation).
G. Rossi avance même l idée qu en Amazonie, il n y a
plus d espaces sauvages car ces territoires ont été façonnés
par les hommes depuis des millénaires.
Dans les pays du Sud, l un des enjeux majeurs actuels est l accès
au foncier. Qui possède le foncier aujourd hui ? Déclarer
que les pauvres ne peuvent gérer leur espace est aussi un moyen
de mettre la main sur des territoires au profit de sociétés
privées.
Inversement, au nom du conservationnisme, on fait l apologie des traditions
ancestrales pour mieux figer les territoires. On ressort des coutumes
folkloriques recréées !
D autant que ce sont les pays riches qui ont ravagé ces traditions
lors de la colonisation.
On différencie donc les « masses parasites »
dangereuses des pays du Sud avec des minorités conservant leurs
traditions dans le formol (Dogons, Bochiman, Indiens d Amazonie) .
Un autre exemple intéressant, comment nourrir 3 milliards d hommes
qui vont s ajouter aux 6 milliards existants d ici à 2050 ?
si on s en tient à l agriculture biologique peu rentable et
au développement des bio carburants dans les pays du Sud, on
n est pas près de produire les 300 millions de tonnes de céréales
indispensables.
Autre exemple : le commerce équitable qui rémunère
« mieux » les producteurs mais qui vend les produits
beaucoup plus cher pour financer les labels qu ils met en place lui-même.
On développe ainsi plusieurs méthodes pour communiquer
vers les pays riches :
une politique négative : on ne met l accent que sur ce
qui va mal ;
une politique catastrophiste : les terrains de foot qui disparaissent
en Amazonie.
Une politique de partenariat avec les grandes entreprises : « green
washing »
La politique du « faites ce que je dis mais pas ce que je
fais » ? on culpabilise la mère de famille avec ses
sacs plastiques et ses déchets mais on oublie les consommations
englouties par les ONG elles-mêmes pour leurs déplacements
en avion ou leurs politiques de communication.
En fait, le monde a aujourd hui plus besoin d Etats qui fonctionnent,
de paysans mieux rémunérés, mieux soutenus techniquement
que des ONG qui jugent sans forcément agir sur le fonds.
Par exemple, « le protocole de Kyoto est une vraie usine
à gaz » car pour obtenir des résultats très
faibles, on donne le droit aux pays riches d acheter des droits à
polluer aux pays pauvres.
Alors, certains réclament une gouvernance mondiale mais souvent
en mettant en avant une théorie conservationniste.
Pour être plus positif, il faut se poser la question des rapports
entre Nord et Sud sur la base du partenariat et non pus sur celle du
misérabilisme.
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