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L'existence des Sans domicile rappelle que dans les pays riches, des
hommes et des femmes éprouvent de grandes difficultés
à satisfaire un besoin vital. Nous proposons une table associant
trois géographes (R. Séchet, S. Fleuret, D. Zeneidi-henry)
et un intervenant social travaillant dans le secteur de la distribution
des aliments aux SDF. Se nourrir quand on est à la rue dans les
pays développés en particulier la France, quelles réalités
recouvre cette situation ? La problématique retenue se situe
autour de l'accès à l'alimentation pour les Sans domicile
dans la ville.
Il est utile de rappeler l'insuffisance en quantité et en qualité
de l'alimentation des personnes sans domicile. Un jeune sans domicile
ou en situation de précarité sur 5 déclare ne prendre
qu'un repas par jour selon l'enquête de l'Ined de 1998 (2001).
Les dépenses monétaires pour s'alimenter sont faibles
par rapport à celles engagées pour l'alcool et le tabac.
On observe une maigreur importante liée à l'alcoolisme
qui dégrade fortement leur situation nutritionnelle. Les problèmes
de santé des sans domicile liés à la question de
l'alimentation sont importants : malnutrition, dénutrition,
carences en fer, en vitamines, en calcium. Les apports énergétiques
sont insuffisants en quantité et en qualité, d'autant
plus grave qu'il y a une forte prévalence du tabagisme et de
l'alcoolisme. Le Samu social de Paris observe chez ses usagers une insuffisance
biologique en vitamine proches des seuils du scorbut. Des études
ont mis en avant les liens étroits entre déficits nutritionnels
et l'absence de logement et l'ancrage dans la rue. Pour combler les
déficiences en vitamines, en minéraux et en fer, une étude
pilote a été engagée par l'Inserm (Darmon, 2001)
dans le cadre du PNNS (programme national nutrition santé) pour
mettre au point un produit de complémentation à distribuer
au sans logis. Cette première partie pourrait être assurée
par Sébastien Fleuret (CR2, UMR 6590).
Les ressources dans la ville, en matière d'alimentation sont
diverses et ont connu une grande évolution depuis l'apparition
du problème SDF au milieu des années 80. Les offres émanent
des institutions, des foyers qui servent des repas chauds parfois en
journée mais la plupart du temps ne proposent qu'un repas le
soir. Les associations caritatives jouent un rôle important dans
la distribution de nourriture aux SDF. Depuis quelques années
des associations ouvrent pendant la période estivale pour remédier
au manque de ressources, la plupart des structures fermant leurs portes
l'été. L'amélioration des prestations de ce genre
est liée aussi à l'apparition de restaurants sociaux et
de la distribution ambulatoire. Les SDF peuvent aussi se nourrir grâce
à certains commerçants qui distribuent leurs denrées
en fin de journée, d'autres les donnent en échange de
menus travaux. Raymonde Séchet, Professeur, Directrice UMR 6590,
est plus particulièrement compétente pour développer
ce point relatif aux organisations et politiques locales d'offre. Le
propos gagnerait à être complété par le propos
d'un intervenant social.
Les SDF développent des stratégies différentes
pour se nourrir dans la ville et on constate sur ce point précis
des inégalités en matière de savoir et de compétences.
Da manière générale, des problèmes importants
sont posés par des commerçants et des riverains, qui réclament
la délocalisation des structures qui distribuent des repas sous
forme déambulatoire ou autre, ils les considèrent comme
des points d'ancrage de la marge. De plus, on observe dans certaines
villes une concurrence et une incompatibilité des publics, qui
conduit à l'évincement des plus désocialisés,
notamment sous la pression de l'afflux des immigrés des pays
de l'est. A ces problèmes s'ajoutent des difficultés particulères
induites par les rapports que les SDF entretiennent à l'alimentation.
Certains d'entre eux manifestent un refus de s'alimenter, un refus qui
s'apparente à un symptôme de désocialisation.
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