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« PRODUIRE POUR NOURRIR LE MONDE : UNE BONNE AFFAIRE POUR LES PAYS RICHES » Nicole MATHIEU |
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Une réflexion s'impose sur ce qu'est la phase actuelle de la mondialisation, sur le rôle de l'alimentation et des firmes agroalimentaires dans cette mondialisation et les recompositions socio-spatiales qu'elle provoque. Que signifie produire de la nourriture ordinaire pour un agriculteur contestataire aujourd'hui ? Que signifie nourrir le monde pour l'ancien ministre de l'agriculture (Le Vieil homme et la Terre) qui s'interroge ? Cette question interpelle à la fois les géographes, qui ont longtemps analysé l'agriculture française à l'aune des qualités « nourricières » du sol, mais aussi les agriculteurs qui ont longtemps mis en avant la « noblesse » de leur métier qui a nourri les villes, qui a vaincu la « famine » en assurant davantage que « l'autosuffisance alimentaire », jusqu'à pouvoir penser qu'ils pourraient « nourrir le monde ». « Nourrir les hommes et le monde » a-t-il encore une signification aujourd'hui où l'agriculture est vue comme une question environnementale, où l'on débat de ses qualités paysagères, contredisant d'ailleurs sa capacité à polluer les sols et les eaux, où la géographie rurale s'environnementalise tandis que les agriculteurs semblent abandonner leur utilité nourricière pour mettre en valeur d'autres fonctions sociales à base de « terroir » et « territoire » ? Que reste-t-il de l'éthique nourricière dans les débats d'aujourd'hui sur les OGM et les risques alimentaires ? |
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