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Famines et disettes dans la Corne de l'Afrique Alain Gascon Maître de conférences de géographie
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| Résumé | Article complet |
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Les très nombreux enfants de la reine de Saba La Corne de l'Afrique, et plus spécialement l'Éthiopie, a subi ces trente dernières années deux famines majeures. La révélation, fin 1973, d'une grave crise de subsistance, au Nord, a entraîné la déposition de Haylä Sellasé, le 12 septembre 1974. L'ampleur de la catastrophe de 1884-85 a hâté, sans nulle doute, la chute de Mängestu, en 1991 (Gascon, 1995). C'est pour secourir la population affamée que l'ONUSOM a débarqué en Somalie. Il n'est guère d'année où la FAO et diverses ONG n'alertent pas l'opinion internationale au sujet de graves disettes régionales dans la péninsule. En 2000, on a dénoncé l'offensive éthiopienne en Érythrée alors que la pénurie frappait les Somali éleveurs d'Ogadén. Dans la Corne, tout acte des autorités est désormais jugé à l'aune de la famine. Les Éthiopiens, même opposé à l'actuel gouvernement, souffrent qu'Éthiopie soit synonyme de faim1. On n'a guère prêté d'attention à l'annonce qu'en 1996, l'Éthiopie avait, pour la première fois, depuis plus de trente ans, équilibré sa balance alimentaire, profitant d'une bonne récolte céréalière et de cours mondiaux du café, élevés. Dès 1997, des inondations, en 1998, la guerre et depuis 2000, des récoltes déficitaires ont resserré l'étau de la faim autour de plus de 10 % des Éthiopiens et d'un tiers des Érythréens. On ne manque jamais de souligner le rythme de croissance de la population. Au recensement de 1970, l'Éthiopie regroupait 22,1 Mh (Érythrée : 1,9 Mh), en 1984 : 39, 3 Mh (Érythrée : 2,7 Mh) et en 1994 : 53,5 Mh. En 2003, les estimations de Population & Sociétés donnent 70,7 Mh pour l'Éthiopie et 4,4 Mh pour l'Érythrée. Sans doute, les recensements éthiopiens présentent des lacunes mais P&S leur attribuent la note «B» pour la «disponibilité des données» (P&S, 2003). On peut affirmer, en conséquence, que la Corne de l'Afrique est devenue le deuxième foyer de peuplement d'Afrique sub-saharienne après le Nigeria. En 2025, on attend plus de 100 M d'Éthiopiens : les nouveaux arrivants à la table de la reine de Saba vont encore amenuiser la taille des parts, déjà réduites, de chacun des convives. L'Éthiopie vérifie ainsi la parabole du «banquet de la vie» formulée par Malthus, il y a deux siècles. Deux famines qui ébranlèrent l'Éthiopie (et la Corne) La nouvelle d'une famine de grande ampleur sur les hautes terres du Wällo et du Tegray a commencé à se répandre au printemps 1973. Les autorités imposèrent une censure sévère sur les mauvaises nouvelles qui ternissaient la réputation du monarque et du pays. Cependant, des associations caritatives de l'Église éthiopienne puis des étudiants et des professeurs de l'Université d'Addis Abäba2 se rendirent sur le terrain et organisèrent une exposition de photographies dans la capitale. Le gouvernement la ferma mais les documents circulèrent et le Parlement en débattit mais ne prit aucune mesure. Les grandes pluies de l'été 1973 ayant été insuffisantes les affamés affluèrent le long de la grande route Addis Abäba-Asmära et attirèrent la presse internationale. Le negus visita les provinces et annonça le report, seulement temporaire, des impôts. Avec retard, le gouvernement dut reconnaître qu'il avait nié l'évidence et tardé à secourir les sinistrés. Certes, la rébellion qui entraîna la chute du roi des rois éclata, en janvier 1974, en dehors des régions touchées parmi les militaires au contact des séparatistes érythréens et somali. Le comité militaire secret (Därg) s'assura les sympathies de l'opinion en arrêtant les ministres et les officiels accusés d'avoir ignoré la famine. Il déposa Haylä Sellasé après une campagne d'affiches le montrant en train de nourrir ses chiens à côté d'un enfant décharné au ventre ballonné. Au pouvoir, le Därg s'engagea dans la Réforme agraire (mars 1975) afin de débarrasser les paysans du fardeau du «féodalisme» et de «déchaîner les forces productives». Il mobilisa les étudiants, les professeurs et les militaires dans une campagne d'explication et d'alphabétisation, la Zämacha. Pris dans les luttes pour la terre, dans les conflits indépendantistes et dans ses rivalités internes, la Révolution remit son sort entre les mains d'un homme fort, Mängestu. Allié de l'URSS, il lança, en 1979, la «Révolution verte», habillage dissimulant à peine, la collectivisation des terres et l'agrandissement des fermes d'État. Alors que la paysannerie du Nord, attachée à la transmission lignagère de la tenure rest, avait refusé la Réforme agraire et que le Sud l'avait acceptée, les paysans, dans leur ensemble, s'opposèrent à la pseudo-Révolution verte. Ces «koulaks» ne comprenaient pas que ces mesures allaient libérer, une fois pour toutes, l'Éthiopie de l'opprobre et de la honte de la famine et dégager des surplus exportables. Or, alors qu'en 1984, on fêtait le 10e anniversaire de la Révolution, des bruits alarmants de famine atteignirent la capitale3. Pourtant «éclairé par le marxisme-léninisme» et fort de «l'expérience des pays frères», le camarade-président commit les mêmes erreurs que le negus, envoyé de Dieu. Il nia puis reconnut l'étendue du désastre qui touchait plus largement les hautes terres du Nord et de l'Est et même du Sud (Adhane, 1988). Les journalistes, les humanitaires des organismes internationaux et des ONG et les vedettes mobilisèrent l'opinion mondiale pour l'Éthiopie. Face à ce déferlement médiatique qu'il ne pouvait empêcher, Mängestu dirigea désormais les opérations. Il décida des mesures spectaculaires et brutales comme le départ autoritaire des réfugiés du Nord, entassés dans les camps, vers le Sud, épargné par les aléas climatiques, dans des sites de réinstallation improvisés. Il annonça, en même temps, l'extension des fermes d'État et la villagisation des campagnes. Le régime ne renonçait pas à «l'extinction du mode de production paysan» et bien plus, voulait accélérer la collectivisation, profitant de l'affaiblissement de la paysannerie (et des éleveurs). Cette politique brutale et cynique qui menaçait dans son existence 90 % de la population éthiopienne apporta de nouvelles recrues aux Fronts de libération, entraîna la défection de ministres, de diplomates, d'officiers, de fonctionnaires et heurta les paysans choqués, de plus, par les campagnes d'athéisme. On la connaît de l'intérieur notamment par le livre Red Tears rédigé, après sa fuite aux États-Unis, par Dawit W/Giorgis. Mängestu avait nommé ce major, son «ami», à la tête de la Relief Rehabilitation Commission (RRC). En 1974, il en avait été le responsable-adjoint et avait mis au point un Early Warning System destiné à alerter les services publics. Il nous révèle que la RRC a averti à temps le gouvernement qui, absorbé par les festivités révolutionnaires, a préféré attendre. Dawit, scandalisé, a pris sur lui d'alerter les médias afin d'obtenir les secours internationaux. Il assure que la RRC a loyalement coopéré, et ce ne fut pas toujours facile tant il y avait de d'arrière-pensées, avec les humanitaires. Selon lui, Mängestu et ses séides ne lui ont jamais pardonné ce «coup de force» médiatique et il a dû fuir l'Éthiopie. Ce témoignage est précieux car il émane du cercle étroit des décideurs qu'il n'épargne pas. Le camarade-président, retranché dans le Vieux Palais, vivait parmi des courtisans loin du peuple qu'il prétendait servir. L'auteur nous dépeint, sans complaisance aucune, ses enthousiasmes, ses erreurs, ses déceptions… Tous les témoins corroborent le bilan qu'il a dressé : des milliers de morts, de victimes de séquelles de la faim, de déplacés, de réfugiés et de villagisés, de familles disloquées auxquels s'ajoutent la destruction des récoltes, des maisons et des troupeaux (Foucher, 1985 ; Jean, 1986 ; Gallais, 1985, 1986, Gascon, 1900, 1995). Néanmoins, le major, le camarade président et le roi des rois affirmèrent que l'Éthiopie pourrait nourrir quatre ou cinq fois l'effectif de sa population soit 100 à 160 Mh (Dawit, 1989). Aveuglement, tautologie, acte de foi ? Sans doute les trois à la fois. Si l'on considère ce passé récent deux terribles conclusions s'imposent si la population de l'Éthiopie dépasse 100 Mh en 2025. Des famines de plus en plus graves s'abattront sur les populations et elles ne manqueront pas de déclencher des troubles qui aboutiront à la «somalisation» générale de la péninsule. À la famine s'ajoutera, comme dans l'Europe du XVIIe siècle, la guerre et la maladie (Goubert, 1968). Avant la Révolution, Dieu envoyait les famines afin d'éprouver son Peuple et le roi devait prier et distribuer de la nourriture. Ayant supprimé Dieu, Mängestu inspiré par la science rejeta la responsabilité sur les koulaks. Or, depuis 1991, il n'y a plus de koulaks et la sécularisation des catastrophes met les gouvernements (éthiopien ou érythréen) en première ligne. Même si la catastrophe majeure tarde à venir, un régime peut-il survivre si chaque année, il doit solliciter la générosité internationale et reconnaître ainsi qu'il a échoué à nourrir ses concitoyens. L'Éthiopie existera-t-elle en 2025 ? Du côté de chez Malthus… La polémique à propos du détournement de l'aide internationale a fait naître beaucoup de confusions et a encore assombri l'avenir déjà menaçant de l'Éthiopie et de la Corne où agonise la Somalie. On a assimilé Mängestu à Pol Pot ou à Staline et les sites de réinstallation, confondus avec les nouveaux villages, à des camps de concentration. C'était plutôt des casernes : Mängestu encasernait son peuple (Gallais, 1989, Gascon, 1995). On a douté de la réalité de la crise climatique alors qu'elle fut dévastatrice en 1984-85 : on nota des déficits pluviométriques de 30 à 50 % (Gallais, 1985) ! La famine était vue consubstantielle aux Éthiopiens comme une macule. Deux géographes éthiopiens, rejoints par des travaux sur la Somalie, ont replacé les crises récentes dans leur contexte spatial et temporel. Mesfin W/Mariam a montré qu'entre 1958 et 1977 deux vagues de disettes locales, puis régionales et enfin nationales sont parties du Nord pour gagner inégalement un territoire de plus en plus vaste. Quand les bonnes pluies revenaient la famine cédait du terrain mais à chaque fois elle agrandissait les poches où elle régnait à l'état endémique. Utilisant les archives du Ministère de l'Intérieur car la police avait, seule, les moyens de mailler le territoire national, Mesfin met en tableau et cartographie l'inexorable montée des périls qui culmina avec la catastrophe de 1973-74 (Mesfin 1984). Auparavant, les historiens devaient exploiter un matériau difficile à interpréter : près de dix siècles de chroniques royales et les vies de saints. Néanmoins, ces textes et d'autres traditions recueillies en Somalie, révèlent que les sécheresses reviennent tous les 7-10 ans (les vaches maigres de la Bible), tous les 30 ans et plus comme les bons et mauvais Nil. Les statistiques du trafic des ports de la Corne montrent un accroissement des importations de céréales et des ventes d'animaux (Cassanelli, 1982). Rappelons que les hautes terres, au-dessus de 1800 m, reçoivent des précipitations supérieures à 600-800 mm nécessaires à la céréaliculture pluviale. Elles se concentrent en une grande saison humide (kerämt) de juin à septembre et une petite saison des pluies. Pourtant, les isohyètes ne coïncident pas avec les isohypses : au Sud-Ouest se forme un pôle humide où il pleut plus de 2 m par an en plus de 8 mois. Vers le Nord et l'Est, le total décroît jusqu'à 600 mm qui tombent en 4 mois et les précipitations se répartissent en deux saisons jusqu'à ce que la grande saison se partage en deux en Somalie. En outre, alors que les pluies ne diminuent pas, en volume, elles se fractionnent en petites averses incapables de recharger les nappes phréatiques (Daniél, 1977). Il est fréquent, même sur les hauteurs, que de mauvaises récoltes suivent parfois des années «normales». Le «Croissant aride», habituellement cantonné aux basses terres, annexe alors les hautes terres de l'Est et du Nord (Gallais, 1989). Depuis 1984-85, il a tendance à s'allonger vers les plateaux méridionaux en un anneau enserrant les hautes terres éthio-érythréennes qui regroupent 80 % de la population sur un tiers du territoire (Adhane, 1988). Mesfin n'a pas apprécié à leur juste valeur les travaux de Daniél sur les jours utiles pour l'agriculture. Il déplorait, comme tant d'autres, le déboisement inconsidéré des terroirs organisé, depuis un siècle, par des paysans rétrogrades (backward). Or, aucun témoin n'a ni décrit ni photographié ces frondaisons imaginaires (Gascon, 1998). Mesfin est revenu à une vue plus mesurée constatant que les Éthiopiens ont planté les arbres qu'ils abattent (Mesfin, 1991). Les études des systèmes de culture (et d'élevage) ont entraîné la réévaluation du niveau technique et des capacités d'initiative des paysans (et des éleveurs) face aux calamités et aux sollicitations du marché (Dessalegn, 1991). Longtemps fascinés par les céréaliculteurs chrétiens du Nord et l'openfield, les chercheurs européens s'intéressent maintenant aux planteurs du Sud qui consomment le pseudo-tronc râpé de l'ensät 4 qui ressemble au bananier. Cette nourriture, enfouie dans le sol, se conserve tandis que les nuisibles dévorent les grains infestés par le charançon. Ils notent que les planteurs ont réussi dans la caféiculture (60 % des recettes à l'exportation) qui a migré du Harär vers le Sud Ouest. Devant la baisse régulière des cours mondiaux du café, les agriculteurs de l'Est l'ont remplacé par le tchat 5, un stupéfiant «léger» exporté vers Djibouti, le Yémen et la Somalie. Les champs, mélangés de tchat et de mil, s'étagent en terrasses soignées qui escaladent les versants les plus raides. Mesfin avait déjà remarqué que les districts où étaient produits des cultures de rente étaient moins vulnérables aux disettes (Mesfin, 1984). Au sud d'Addis Abäba, les régions où les densités rurales se situent entre 300 et 500 h/km2 ont été relativement épargnées par les crises même si les soudures y furent parfois douloureuses (Planel, 2003). Bien mieux, ces territoires déjà les plus denses, il y a trente ans, ont été parmi les plus prolifiques (Gascon, 1995). Mais peut-on envisager un accroissement des densités même au prix d'une intensification des systèmes de culture : on récolte les pommes de terre trois fois l'an, au Harar (Gascon, 1995). On ne peut plus étendre les cultures à cause des pentes et du gel en altitude. Au Tegray, un ambitieux programme de lacs collinaires cherche à sécuriser les récoltes. Les grands périmètres irrigués dans les basses terres impaludées n'attirent pas plus les paysans des hauteurs que les éleveurs dont les pâturages sont saturés par les remontées de sel. Les grands projets hydrauliques, logés dans des canyons profonds et malsains et donc déserts, produisent de l'électricité pour satisfaire des besoins grandissants. En effet, en un peu plus de trente ans, la proportion de population urbaine est passée de 5 à 19 %. Le rendez-vous inéluctable avec Malthus Le taux de croissance naturelle de l'Éthiopie demeure au niveau élevé de 27 ‰/an avec un ISF de 5,9. On peut augurer que l'urbanisation et la scolarisation entraîneront une baisse des naissances d'autant que les femmes ont acquis l'égalité juridique. Le taux de mortalité infantile, 107 ‰, ne peut que décroître et donc allonger l'espérance de vie qui n'atteint que 42 ans. La proportion d'adultes (15-49 ans) infectés par le VIH s'élèverait à 6,4 % et l'Éthiopie aurait le même effectif absolu de malades que le Kenya et le Zimbabwe (beaucoup moins peuplés) mais moins de la moitié de celui d'Afrique du Sud. Mais le revenu éthiopien par tête est douze fois et demie inférieur à celui d'un Sud-Africain (P&S, 2003) ! Les estimations qui prévoient plus de 100 M d'Éthiopiens dans vingt ans semblent donc crédible. Maintenant personne n'ose plus dire que l'Éthiopie est Land of Plenty, une terre d'abondance inépuisable. Rappelons que l'Éthiopie, sans doute dix fois moins peuplée qu'actuellement, a souffert, tout au long des siècles, de famines très graves pas toujours liées les aléas climatiques. Une épizootie, introduite par les mulets du corps expéditionnaire italien, ravagea, entre 1892 et 1894, la plus grande partie du bétail, empêchant les labours à l'araire et privant les paysans et les éleveurs de leurs troupeaux. Les victimes se comptèrent par centaines de milliers mais Menilek réussit à mobiliser peut-être cent mille hommes et repoussa les Italiens, à Adwa, en 1896. L'Éthiopie ne nourrit toujours pas tous ses enfants : il manque, en moyenne chaque année, plus d'un million de tonnes de céréales. Certes, en application de la «loi de population» de Malthus, la production agricole a augmenté moins vite que la population. Mais elle n'a pas stagné, elle a crû : connaît-on un État africain qui ait doublé en 30 ans sa production agricole ? Les deux grandes famines, aussi horribles qu'elles aient été, auraient pu être pires. Néanmoins, que penser d'une Terre sainte - l'Éthiopie selon le mythe fondateur salomonien - qui ne fournisse plus assez de téf 6 pour l'enjära (la crêpe), seule nourriture pure selon les prescriptions de la loi mosaïque ? Les paysans ne sont pas la masse rétrograde et routinière dépeinte et stigmatisée par les officiels de l'Ancien Régime et de la Révolution et par certains experts. Ils ont, dans un contexte économique défavorable et politique plus que troublé, adopté d'eux-mêmes beaucoup d'innovations techniques pourvu que le surcroît de travail demandé ne se soit pas traduit par une augmentation de l'impôt et du loyer ou par l'éviction d'une terre améliorée par leurs efforts. On doit déplorer la progression fulgurante de l'onde du tchat vers l'Ouest. Elle démontre, cependant, combien la paysannerie réagit aux exigences du marché et combien elle est capable de «transformer la nature». On pourrait lui en faire reproche si on lui avait acheté son café à prix rémunérateur ou si le monopole d'État du tchat/khât à Djibouti n'était pas détenu par un proche du président ou si les seigneurs de la guerre somaliens ne s'en servaient pas pour se financer. Rappelons qu'en 1996, la conjonction d'une bonne récolte et d'une augmentation des cours mondiaux du café avait permis d'équilibrer la balance des importations et exportations agricoles. Rappelons également qu'il y avait la paix entre l'Éthiopie et l'Érythrée. Pour éviter le rendez-vous inévitable avec Malthus, l'Éthiopie, exportatrice de produits bruts et coupée de l'Érythrée, ne peut seulement compter sur ses propres forces.
1Des histoires «drôles», plutôt douteuses, recyclent les fameuses blagues «biafraises». 2Notamment Alula Abaté et Mesfin Wolde Mariam, professeurs de géographie. Ce dernier, originaire du Wällo fut suspendu. Il a lancé, en 1991, une initiative de paix qui pressa Mängestu de partir. Ayant protesté contre la répression brutale de la manifestation des étudiants, en 2001 à Addis Abäba, il fut arrêté et libéré après une campagne de signatures des éthiopisants. 3Il s'y tenait une Conférence internationale des études éthiopiennes où intervint Dawit, le futur responsable de la RRC. 4Ensete ventricosum appelé improprement faux bananier. 5Catha edulis : khât en arabe, qaat en somali. 6Eragrostis abyssinica, céréale aux tiges graciles et aux épis minuscules.
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