Pourquoi y a-t-il
eu absence de révolution verte en Afrique ?
· C’est un programme occidental, une retombée des
progrès techniques du Nord, une volonté économique européenne.
· La révolution verte nécessite de gros besoins (eau, engrais…).
· Il s’agit d’un écosystème homogène dans lequel
une seule plante est cultivée. En Afrique, le système est
organisé sur la pluralité des cultures : on joue sur la
variété des plantes et sur le milieu. On ne consomme pas
uniquement des céréales mais des tubercules, des bananes,
etc. Utiliser une seule plante pour l’alimentation
de base en Afrique n’est pas logique. L’agriculture
africaine est adaptée aux différents écosystèmes.
· La révolution verte joue sur l’irrigation mais en
Afrique on pratique une agriculture pluviale et il n’y
a pas vraiment de tradition hydraulique.
· Les conditions sociales et économiques de la révolution
verte correspondent à de petites exploitations dans une
situation de forte densité. En Afrique, les densités sont
faibles.
· En Asie, sur le plan du foncier, le statut de la terre
est fixe (propriété privée, location), tandis qu’en
Afrique, les règles d’usage de la terre sont floues.
· L’encadrement global : en Asie, l’environnement
économique et politique permet la révolution verte, il existe
une industrie de base (engrais), une intendance (crédits),
une politique de marché (achat par l’Etat indien des
produits et écoulement), un protectionnisme fort. Rien de
cela n’existe vraiment en Afrique.Il y a eu
des tentatives de révolution verte en Afrique, mais cela
est resté très limité dans l’espace.
L’exemple de la Tanzanie, qui a tenté la révolution
verte en même temps que la collectivisation des terres et
la mise en place d’une économie socialiste.
L’exemple de la Zambie : la révolution verte est mise
en place vers 1980. La densité de la population dans le
pays est de 12 hab./km², en milieu rural, elle est de 7
hab./km². La forte proportion de population urbaine s’explique
par la production de cuivre. La population de Lusaka a été
multipliée par deux entre 1963 et 1969. La Zambie vit du
cuivre. Les gisements sont nationalisés. L’exode rural
a été important, et, par conséquent, la production vivrière
a chuté. Puis sont venus les problèmes d’exportation
du cuivre.
En 1980, l’agriculture est brutalement modernisée,
avec une uniformisation décidée au niveau national. La culture
du maïs devient obligatoire avec des engrais, des herbicides…
On crée une unité de surface, le lima (= ¼ ha). L’Etat
prend en charge la livraison des engrais, des semences pour
le lima.
Le résultat immédiat a été positif : la Zambie a produit
du maïs hybride que les coopératives achètent. La culture
du maïs a donc connu une extension jusqu’en 1990.
Mais actuellement, la production est en baisse car le coût
est trop élevé : il faut le quart du budget de l’Etat
pour financer ce programme. Les faiblesses de l’Afrique
:
· Manque de capitaux : l’absence de système de crédit
s’explique en l’absence de propriété privée,
qui rend impossible l’hypothèque des biens.
· La force de travail : l’Afrique est en situation
de manque relatif qui devient grave si l’émigration
prend de l’ampleur.
· Faible association de l’agriculture et de l’élevage
(maladies).
· Pauvreté de l’outillage : le travail à la main domine.
Or, pour un ha, le temps de travail est de 4 heures avec
un tracteur, 4 jours avec un attelage, et 400 jours à la
main !
· Faible maîtrise de l’eau. Cela favorise les systèmes
extensifs.Atouts :
· Dynamique écologique. Beaucoup de plantes en Afrique sont
importées (maïs, haricots…)., les Africains sont attirés
par les nouveaux végétaux et aiment expérimenter.
· Importance des associations de plantes dans un même champ.
Ce système de production est meilleur que les autres.
· Utilisation maximale des végétaux naturels : les arbres
utiles.
Deuxième révolution verte : le paysan
a un savoir-faire, une éducation dont les agronomes doivent
tenir compte. On ne peut tout imposer au paysan. La tendance
actuelle est d’accompagner le mouvement agricole.
Laisser le paysan faire ce qu’il veut n’est
pas bon et mène toujours à l’échec. Le paysan a besoin
d’être aidé scientifiquement et techniquement. La
recherche avec le monde paysan coûte cher car il y a un
très fort apport des sciences fondamentales. Il faut créer
des liens avec la démarche du paysan.
Actuellement pas de réponse pour l’agriculture. Comment
revégétaliser le Sahel ? des recherches en cours ; pour
la savane, la question demeure pour le moment sans réponse.
On observe l’agriculture forestière mais on ne sait
pas comment cela fonctionne.
On ne sait pas répartir les pouvoirs entre les différents
acteurs et on constate souvent la grande faillite du politique
en Afrique. Les problèmes géopolitiques pèsent également
dans la région, tandis que l’Afrique n’a pas
de poids au niveau international. |