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ORGANISATION TERRITORIALE DES LIEUX
Thom SICKING s.j. Géographe |
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1 - Différentes façons de prendre soin des croyants Toute religion sorganise pour prendre soin de ses fidèles et met donc en place une structure institutionnelle. Un des aspects de cette organisation est la façon dont linstitution se situe dans lespace: ses services doivent être accessibles au plus grand nombre de fidèles. Les autorités chrétiennes et musulmanes ne sy prennent pas de la même façon. Cest ce qui rend la comparaison délicate. Signalons donc quelques différences importantes, avant dentamer une étude comparative des lieux de culte chrétiens et musulmans dans la ville de Beyrouth (sans ses banlieues)1. Les chrétiens Les Eglises catholiques divisent le territoire en diocèses et chaque diocèse en paroisses. Par ce quadrillage systématique elles obtiennent que tout chrétien, où quil habite, relève toujours dun curé et chaque curé dun évêque. Mise à part dautres services quelles rendent, les paroisses correspondent à un genre détat civil religieux : baptêmes, mariages et décès sont systématiquement enregistrés dans le registre de la paroisse, après avoir été célébrés dans une église. Le centre de ces activités est léglise paroissiale, avec son curé. Ainsi, chaque Eglise catholique divise la ville de Beyrouth en paroisses, plus ou moins étendues. Chacune dispose dau moins une église paroissiale. Parfois dautres églises ou chapelles se trouvent sur le territoire dune même paroisse et relèvent dun même curé. A côté des ces centres administratifs, dautres lieux de culte existent. Ils ont été construits par des congrégations religieuses qui, dans le cadre de leurs institutions - écoles, hôpitaux, couvents - construisent des chapelles où de nombreux services sont rendus. Cependant, contrairement aux curés de paroisse, les prêtres qui servent dans ces églises nont pas la responsabilité administrative de ceux qui y viennent. Si des mariages, baptêmes ou enterrements sont célébrés dans ces églises ils le sont avec lautorisation du curé responsable de la personne. Cette organisation administrative des paroisses a été introduite au Liban vers la fin du 18e siècle suivant le modèle de lEglise latine après la réforme du Concile de Trente. Lorganisation propre des Eglises orientales est différente2. Plutôt que de raisonner en termes de territoire, ces Eglises se réfèrent aux familles. Dans les villages importants ou dans les quartiers de la ville se trouvent plusieurs grandes familles. Il est fréquent que chacune de ces familles construise son église, où viennent prier leurs membres et alliés. Les prêtres qui les desservent nont pas la responsabilité dun territoire, mais dune église et des personnes qui la fréquentent. Dans le rituel de lordination sacerdotale des Eglises orientales celles de tradition syriaque aussi bien que celles de tradition byzantine un prêtre est ordonné « sur lautel dune église ». Ces prêtres, autrefois tous mariés3, faisaient souvent partie de la même famille qui avait construit léglise. Lorsque le village est petit ou pauvre, il ny a quune seule église avec son curé du village, mais le principe est le même : il sert cette église et ceux qui y viennent. Dans quelques villages libanais on peut trouver une vingtaine déglises : nombre qui dépasse largement le besoin de lieux de culte calculé en fonction du nombre de fidèles. Durant longtemps plusieurs prêtres soccupaient de ces fidèles, sans quun parmi eux fût « curé de paroisse ». Lorganisation paroissiale sest pour les Eglises catholiques superposée s à cette ancienne tradition. Aujourdhui le curé dun village est nommé par son évêque et non pas désigné par une famille. Et lorsque plusieurs églises familiales existent sur un même territoire paroissial, le curé célèbre les sacrements dans chacune delles, selon ses possibilités et selon les besoins de la population. Il arrive quune telle église familiale ne souvre que quelques fois durant lannée pour célébrer la fête du patron de léglise, ou un mariage ou un décès dun membre de la famille. Quant aux Eglises orientales qui ne reconnaissent pas lautorité romaine, lorganisation paroissiale ne sest pas imposée. Cependant, la situation de fait est aujourdhui semblable à celle des Eglises orientales catholiques, puisque les familles ne peuvent plus donner des curés à leurs églises, de sorte quun même curé dessert souvent plusieurs églises, et devient ainsi responsable du territoire pratiquement comme son collègue catholique. Ainsi nous pouvons distinguer trois genres déglise : églises paroissiales, églises (ou chapelles) appartenant à des congrégations religieuses et églises correspondant à des dévotions familiales, aujourdhui le plus souvent intégrées dans des structures paroissiales. Il reste à remarquer que quelques églises appartenant à des congrégations religieuses sont devenues des paroisses et que quelques chapelles qui nont pas le titre de paroisse, attirent régulièrement un même groupe de fidèles, et deviennent par là presque des paroisses, sans avoir ni le nom ni les droits juridiques. Les musulmans sunnites4 Le musulman doit prier cinq fois par jour. Il est libre de le faire là où il veut et na aucun besoin dune mosquée. La mosquée est un bâtiment où les cinq prières sont quotidiennement assurées sous la direction de limam. Elle prend plus dimportance le jour du vendredi où les musulmans sont obligés de prier ensemble et découter la prédication. Durant longtemps les mosquées étaient construites aussi bien sur initiative privée que par la direction des « awqâf »5 de Dar el Fatwa. Un imam est nommé pour y assurer les cinq prières. Parfois limam est simplement choisi par les fidèles qui se rendent à la mosquée, contrairement au prédicateur (« khatib ») qui reçoit sa désignation par Dar el Fatwa et doit être mandaté par le Mufti de la République. Un même « khatib » peut prêcher dans plusieurs mosquées, même sil arrive, surtout pour ceux qui ont une certaine réputation, quon préfère le lier de façon stable à une même mosquée. Limam est aidé par une commission nommée par Dar el Fatwa qui soccupe surtout des questions matérielles. Selon sa personnalité (et sa formation) il joue un rôle plus ou moins important dans son quartier. Le musulman nest pas lié à une mosquée : il peut aller là où il veut. Lenregistrement des naissances et des mariages ne se fait pas à la mosquée, mais aux tribunaux. Contrairement aux chrétiens il ne sagit pas là dactes religieux, mais de formalités administratives : il ny a pas léquivalent des sacrements chrétiens en islam. La fonction essentielle de la mosquée est donc dêtre un lieu de prière, un lieu de célébration des grandes fêtes musulmanes et un lieu détude de la religion. Parfois on joint à une mosquée importante une « madrasat », une école où lon enseigne le Coran et son interprétation autorisée. Lislam ne connaît pas la distinction chrétienne entre Eglise et Etat. Cest pourquoi le Mufti de la République, le plus important personnage sunnite au Liban, est un fonctionnaire dEtat. Il est élu par le conseil des notables sunnites (ministres, anciens et actuels, avocats, ingénieurs, médecins, hommes politiques, etc.) et il est nommé par décret présidentiel. Il réside à Dar el Fatwa où il dispose de plusieurs services administratifs, dont la direction générale des waqfs et le conseil supérieur législatif sont les plus importants. Il sy trouve également luniversité islamique de Beyrouth avec son école primaire, secondaire et ses facultés. Dar el Fatwa6 de Beyrouth a la responsabilité de la ville supervise les quatre directions régionales (Tripoli, Saida, Mont Liban et la Bekaa). Cependant, il y a à Beyrouth un organisme sunnite important, les « Maqâsed7 », responsable de plusieurs écoles, dun hôpital et dautres institutions. Cet organisme dispose de quelques mosquées, pour lesquelles il nomme non seulement les imams, mais aussi les khatib. Il a donc une certaine autonomie par rapport à Dar el Fatwa. Un autre groupe les Ahbâch occupe trois mosquées et nomme ses propres prédicateurs. Ils représentent une tendance fondamentaliste et sont en opposition avec Dar el Fatwa dont ils ne reconnaissent pas lautorité. Comparaison
Les paroisses chrétiennes ont un rôle administratif important, ce qui nest jamais le cas des mosquées. Ladministration des musulmans relève dun organisme central, qui par la désignation des prédicateurs des mosquées et par le contrôle des biens waqfs exerce son influence. Le musulman est libre de prier où il veut : une éventuelle absence de mosquée ne change rien dessentiel pour lui. Le chrétien est lui aussi libre de prier où il veut, mais pour lEucharistie qui est une part essentielle de sa vie de chrétien, et pour recevoir plusieurs autres sacrements il doit aller à une église. Limportance de celle-ci est donc bien plus grande que celle dune mosquée pour le musulman. Les mosquées étaient durant longtemps construites sur initiative privée. Ce nest que depuis un peu plus dun an quune loi, issue du conseil législatif de Dar el Fatwa, oblige les constructeurs de mosquées denregistrer leur projet auprès de la direction des waqfs qui en devient le propriétaire. Les anciennes mosquées sont aujourdhui invitées à régulariser leur situation, mais cela prendra encore beaucoup de temps. Les églises ont également souvent été construites sur initiative privée, mais ne peuvent fonctionner sans accord avec lévêque responsable qui lui assure un prêtre. Puisque le chrétien a besoin déglises, bien plus que le musulman na besoin de mosquées, les évêques prennent linitiative de les construire là où se trouve un nombre important de chrétiens et où les familles ne les ont pas précédés. Malgré ces différences, il y a aussi quelques aspects communs : églises et mosquées servent à rassembler les fidèles et leur procurent un sentiment dappartenance communautaire. Ces bâtiments marquent un territoire ou un quartier comme globalement chrétien, musulman ou mixte. Les minarets avec les appels à la prière (parfois bien bruyants) sont une autre façon daffirmer la présence. Les clochers chrétiens jouent un rôle analogue. Les grandes familles libanaises ont tenu à marquer lappartenance à leur communauté par la construction dune église ou dune mosquée. Ces constructions sont sans doute lexpression dune dévotion sincère, mais on ne peut échapper à limpression quelles constituent aussi une façon de glorifier la famille et marquent lemprise dune famille sur un lieu donné. Les chrétiens sont juridiquement liés à la paroisse de leur Eglise8. De fait il est fréquent que les chrétiens en ville vont à léglise la plus proche ou celle quils aiment le mieux, sans tenir compte de leur appartenance paroissiale. Ils ne viennent alors à leur église paroissiale seulement pour les formalités administratives. En cela ils se comportent donc quelque peu comme les musulmans qui vont à la mosquée qui leur plaît le mieux. Ces clarifications peuvent aider dans la lecture de la carte de Beyrouth qui montre comment les diverses communautés manifestent leur présence dans la ville à travers leurs lieux de culte. 2 - Un relevé des lieux de culte dans la municipalité de Beyrouth Si vous allez consulter la carte des lieux de culte de la commune de Beyrouth vous constaterez quil y a 101 églises et 57 mosquées. Proportion étonnante si lon considère quil y a à Beyrouth probablement plus de musulmans que de chrétiens.9 Beaucoup moins étonnante cependant si lon se rend compte que ces chrétiens représentent dix Eglises10, tandis que les mosquées appartiennent dans leur très grande majorité à une seule communauté musulmane (50 bâtiments sunnites, contre 7 pour les musulmans chiites). Chaque Eglise importante doit assurer des lieux de culte partout où se trouvent ses fidèles. Il y a donc un réseau déglises grecques orthodoxes, grecques catholiques, maronites, et arméniennes apostoliques. A cela sajoute un nombre important de lieux de culte protestants (21 bâtiments), à cause de la diversité des dénominations protestantes, (anglicans, baptistes, luthériens, presbytériens etc.). Ainsi on compte à Beyrouth 16 églises
paroissiales maronites, 13 grecques orthodoxes, 9 grecques catholiques,
5 arméniennes apostoliques, 2 arméniennes catholiques,
2 syriaques orthodoxes, 2 syriaques catholiques et 1 assyrienne, soit
50 églises paroissiales. Chacune est dabord destinée
aux membres de lEglise, et non pas à lensemble
des chrétiens. Lieux de culte protestants Les lieux de culte protestants sont très nombreux proportionnellement à la population protestante. Nous en avons dénombré 21. Parmi eux il y a 7 églises baptistes, toutes construites après 1950. Les communautés baptistes font une forte propagande, cherchant à attirer les chrétiens dautres Eglises. Elles se démarquent par là des autres communautés protestantes qui ont adopté dans le cadre du mouvement cuménique le principe du refus du prosélytisme, cest-à-dire le refus de chercher à attirer chez soi des chrétiens dautres confessions. Les autres églises protestantes reflètent les origines diverses des protestants à Beyrouth : une église anglicane, une église protestante allemande, une église évangélique française, deux églises évangéliques arméniennes, etc. Cest la diversité de lunivers protestant qui explique donc le nombre relativement élevé déglises protestantes. Centre ville Le centre de Beyrouth constitue un cas bien particulier. La guerre a pratiquement vidé le centre de ses habitants. Un grand effort de reconstruction ou de restauration est en cours aujourdhui. Toujours est-il quil ny a que peu dhabitants. Ce lieu est pourtant rempli de bâtiments religieux importants. La raison est simple : chaque communauté veut être présente dans ce lieu hautement symbolique. Tout près du parlement, dans le périmètre de la place de létoile se trouvent la cathédrale grecque orthodoxe - saint Georges - (sa restauration est presque terminée), la cathédrale grecque catholique - saint Elie - (toujours en ruine, mais un projet de restauration existe), la cathédrale maronite, entièrement renouvelée. La grande mosquée omeyyade (une ancienne église des croisés) et trois autres mosquées sunnites se trouvent dans le même périmètre. Il sagit de bâtiments historiques, tous en voie de rénovation ou déjà rénovés. A cinquante mètres de la cathédrale maronite un chantier sest ouvert pour une autre grande mosquée monumentale avec quatre minarets. Lassociation qui la construit voudrait en faire une mosquée ouverte à tout musulman, quil soit sunnite ou pas. Un peu plus loin se trouve la cathédrale arménienne catholique saint Elie -, presque miraculeusement échappée aux dégâts de la guerre, une importante église arménienne apostolique saint Nichan - et une église protestante presbytérienne entièrement détruite et reconstruite. Ainsi le centre ville est un lieu où se trouve presque toute la mosaïque des communautés libanaises, en miniature. Il en est ainsi depuis longtemps, et labsence dhabitants depuis la guerre ny a rien changé. Chapelles des écoles Un autre cas particulier, déjà signalé, est celui des écoles. Les écoles chrétiennes, dans leur souci de donner aussi une formation chrétienne à leurs élèves, célèbrent souvent lEucharistie durant lhoraire scolaire. Nous avons compté 21 églises ou chapelles de ce genre. Lune ou lautre dentre elles sert aussi déglise paroissiale cumulant ainsi plusieurs fonctions. Les écoles privées musulmanes, beaucoup moins nombreuses, ont parfois suivi ce modèle en créant dans lécole une salle de prière (« mousallat »11). Notre enquête en a dénombré 3, mais il est possible que quelques unes aient échappées à lattention des enquêteurs, puisquelles sont peu visibles. Lieux chiites, druzes et juif. Concernant les lieux de culte chiite dans la municipalité de Beyrouth, lenquête a trouvé 6 mosquées et un « mousallat ». Elles sont toutes récentes, puisque durant longtemps il ny avait pas de chites à Beyrouth. Ils sy sont introduits durant la guerre, notamment dans lancien quartier juif et ses environs, vidé de ses habitants dorigine durant la guerre et remplacés par des réfugiés chiites venus du Sud du pays. Les druzes sont eux aussi peu nombreux à Beyrouth. Leur lieux de prière sont différents de tout ce qui a été mentionné jusquici par labsence de signes extérieurs : ni minaret, ni clocher, ni bâtiment de forme spéciale. Il devient donc difficile de les voir : rien ne les distingue des maisons de la ville. Il y a la maison de la communauté, à Beyrouth ouest, centre important où ont lieux les réunions officielles autour du « Cheikh Aql » druze. Deux autres lieux ont été signalés par lenquête, sans que lon puisse les assimiler clairement à des « lieux de culte ». Il y a enfin à Beyrouth une seule synagogue, aujourdhui en ruine. Cependant, les destructions systématiques des bâtiments endommagés au cours de la guerre a épargné ce lieu : il doit être restauré et est considéré comme une partie intégrante de lhistoire du Liban. Sa présence dans le centre ville de Beyrouth montre la volonté des libanais de respecter lensemble de la mosaïque des 17 communautés officiellement reconnues au Liban. Le caractère multiconfessionnel constitue lessence même de lidentité libanaise. Depuis la guerre il est devenu courant de parler dun Beyrouth divisée en deux parties : lest chrétien et louest musulman. Il est vrai que beaucoup de chrétiens qui habitaient dans la zone ouest ont quitté leur quartier. Seule une minorité y est restée. Cependant, ce qui est le résultat de la guerre ne correspond pas aux intentions des communautés. Cest sous la pression des événements que la configuration a changée. Cest pourquoi il nest pas sans intérêt dans la mesure où nos données le permettent12 de voir quelle était la situation à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Le Beyrouth du début du 20e siècle.13Les sunnites, les grecs orthodoxes et les grecs catholiques. Comme cela a déjà été signalé, le « vieux Beyrouth » était essentiellement habité par des musulmans sunnites et des chrétiens grecs orthodoxes ou catholiques. Cest pourquoi il est intéressant de voire la répartition des lieux de culte de ces trois communautés. Il devient alors clair que la division entre est et ouest na pas toujours existé. Pour les églises grecques orthodoxes, nous trouvons dabord une grande concentration dinstitutions à lest du vieux centre de la ville. Larchevêché se trouve dans le quartier dit « Sursock », nom dune famille importante. Il y a une concentration autour de ce centre : une petite église de larchevêché (saint Antoine, récente, à côté du bâtiment où réside larchevêque, bien plus ancien), une paroisse (saint Nicolas) dont lancienne église datant de 1876 a été endommagée durant la guerre puis détruite entièrement et remplacée par un bâtiment plus important. A quelques centaines de mètres de là se trouve un cimetière avec une église (Mar Mitr - 1870). Egalement à lEst il y a un monastère, (sainte Catherine - 1880 avec une école importante (Zahret el Ihsan) ; et un autre (Notre Dame de la Présentation - 1909) dont léglise est devenue une église paroissiale. La paroisse de Notre Dame de lAnnonciation (début XIXe siècle) est en cours de restauration et se trouve plus à lintérieur du quartier dAchrafieh. Enfin, plus récent, un hôpital important (saint Georges) avec sa chapelle, une école (Notre Dame de lAnnonciation), avec son église, et un asile de vieillards, également avec son église, plus ancienne (saint Georges 1913). La cathédrale - saint Georges (1764) - du centre-ville a été fortement endommagée durant la guerre. Durant les travaux de restauration des fouilles ont révélé lexistence dune très ancienne église. La concentration dinstitutions proches de larchevêché ne signifie pas que la communauté se limitait à ce côté de la ville. A louest nous trouvons la paroisse des saints Michel et Gabriel (1885), le couvent saint Elie Btina, reconverti en école, avec son église, la paroisse de Notre Dame des Douleurs (1860) avec une école et un centre médico-social, la paroisse saint Elie (XIXe siècle) dans le quartier de Mousseitbé, fief de la famille sunnite des Salam. Quant à la communauté grecque catholique : elle compte 9 églises paroissiales, 4 se trouvent à louest de la ligne de démarcation : une au centre-ville, la cathédrale saint Elie (1864), une sur la ligne de démarcation même (léglise de larchevêché) et 2 paroisses bien à louest de la ville. Regardant les dates de construction des églises on constate quau 19e siècle il y avait deux églises importantes, la première Notre Dame de lAnnonciation, construite à louest en 1845 et la deuxième, le saint Sauveur, à lest en 1887. A côté de la plus ancienne église se trouve un collège, connu comme « le collège patriarcal », école privée - toujours en fonction relevant aujourdhui de larchevêché de Beyrouth. Ce petit survol indique bien quau XIX siècle, les communautés grecques orthodoxes et catholiques se trouvaient partout à Beyrouth. La division de Beyrouth en deux parties na donc pas toujours existé. Le vieux Beyrouth est une ville sunnite, avec une importante population grecque orthodoxe, et lorsquune partie de cette communauté décide de sunir à Rome, elle crée ses propres paroisses, dans les mêmes quartiers vivant au milieu de la population sunnite de Beyrouth. Les sunnites Quant aux sunnites : ils ne se décomposent pas, comme les chrétiens, en plusieurs communautés. Leurs mosquées se trouvent donc presque toutes dans le vieux Beyrouth et son extension plus récente dans le quartier commercial de Hamra et au delà. Par lextension de la ville à lest cet ensemble est devenu « Beyrouth ouest ». Autrefois cétait Beyrouth tout court. Deux mosquées se trouvent cependant dans lautre partie de la ville. Dabord la mosquée dite « Beydoun », du nom de la famille qui la fait construire. Elle se trouve proche de la route de Damas, du côté est. Puis la mosquée Khodr14. Cette mosquée est typique pour lhistoire mouvementée de plusieurs lieux de culte de Beyrouth. A lorigine il y avait là une très ancienne église dédiée à saint Georges, datant de 327. La date est connue à cause dune colonne de marbre blanche qui y fut apportée par sainte Hélène. Au VIIIe elle servait de lieu de repos à lImam Ouzaï, grande figure de lislam sunnite. Au XIIe siècle elle fut rétablie comme église par les croisés. En 1661 elle fut définitivement transformée en Mosquée el Khodr. Aujourdhui le vieux bâtiment est en restauration, tandis quune nouvelle mosquée a été construite à côté. Sil ny a donc que très peu de mosquées dans la partie occidentale du Beyrouth municipal, plusieurs ont été construites plus loin dans la banlieue est, notamment dans le quartier de Nabaa, mais ce quartier nest pas compris dans notre enquête. 4. Les autres communautés et leur installation à Beyrouth Lorsque les autres communautés chrétiennes
vinrent sinstaller à Beyrouth, la ville va sest
étendue, surtout vers lest. La logique de leur implantation
suit celle des communautés grecques : un lieu important
dans le centre ville, ou proche, un centre administratif en bordure
de la ville de lépoque, et des églises paroissiales
dans les nouveaux quartiers, mais aussi dans lancienne ville.
Les maronites. Cest ainsi que nous trouvons larchevêché maronite de Beyrouth près de lhôpital grec orthodoxe. Il sagit dun complexe où se trouvent, à côté de léglise, les bâtiments de larchevêché et de lécole de la Sagesse. Lévêque qui en a pris linitiative, Mgr Debs, a également inauguré la cathédrale maronite, commencée par son prédécesseur, Mgr Toubia Aoun en 1870 Elle se trouve dans le centre ville, à côté de celle des grecs orthodoxes. Quelques années plus tard la paroisse de saint Elie (1905), a été construite à Kantari. Pas loin du centre se trouve léglise saint Maron (1920). Cétait la première installation des maronites à Beyrouth. Puis il faut attendre les années 1940 à 60 pour voir arriver trois autres églises paroissiales maronites dans les quartiers occidentales de la ville : Sainte Rita, saint Charbel et Notre Dame du Rosaire et plusieurs nouvelles églises vers louest Ainsi il y a aujourdhui 11 églises paroissiales maronites dans les quartiers est et 5 dans les quartiers ouest. Les arméniens apostoliques. Les arméniens apostoliques venus au Liban en nombre dans les années 1920 ont construit une église importante proche du centre ville : saint Nichan 1938). Leurs autres églises se trouvent près des lieux où la communauté a trouvé refuge, pas loin du port de Beyrouth, à lest de la ville. Les arméniens catholiques. Les arméniens catholiques moins nombreux ont suivi le même modèle : une cathédrale saint Elie près du centre ville et le patriarcat plus à lest (quartier Geitaoui). Les syriaques orthodoxes Peu nombreux, les syriaques orthodoxes ont suivi le chemin inverse des autres communautés. Ils ont construit une paroisse importante à Mousseitbé, quartier essentiellement sunnite. Ils y ont construit en 1931, avec une école. Ce nest quen 1993 quils construisent une autre église paroissiale, saints Pierre et Paul, à lautre côté de la ville. Les syriaques catholiques Les syriaques catholiques sinstallent dabord comme réfugiés dans le quartier de lHôtel Dieu, dans les années vingt. Une petite cathédrale y est érigée en 1932, remplacée par une église plus importante en 1971. Dans le même quartier ils ont établi le patriarcat, en 1930. Vers le centre ville il y avait une ancienne église saint Georges (1878), mais elle est aujourdhui hors usage. Les assyriens Les assyriens sont très peu nombreux à Beyrouth : ils se trouvent plutôt dans la banlieue. Ils ont cependant une petite église près de lHôtel Dieu, donc à Beyrouth est. Le local, à lintérieur dun immeuble, a dabord été un lieu de prière druze (khelouat) et fut transformée en église saint Ananie en 1998. Les latins. Quant aux latins, ils ont construit léglise saint Louis (1850) au centre ville, une église paroissiale saint François (1937) avec une école dans le centre commercial de Hamra à louest, et une école dont léglise sert également de paroisse à louest : Notre Dame des Anges (1960). On voit donc une concentration déglises à lest de la ville, mais également le souci dêtre présent au centre ville et dans les quartiers plus anciens de louest. En résumant nous constatons donc que le « vieux Beyrouth » du XIXe et du début du XXe siècle est une ville surtout sunnite, ou les chrétiens, dabord les grecs orthodoxes et catholiques, puis les autres communautés, sont présents Lextension orientale de la ville est surtout luvre des chrétiens dautres communautés, installés plus tardivement à Beyrouth. Ces communautés cherchent toutes à avoir un pied à terre dans le vieux centre, lieu où toutes les communautés libanaises se rencontrent. Lest est ainsi couvert dun réseau déglises paroissiales. On ny trouve presque pas de mosquées, parce quil ny a que peu de musulmans. 5 - Quelques conclusions Lobservateur non averti qui a entre les mains une carte de Beyrouth, où sont signalés les lieux de culte chrétiens et musulmans risque de faire de nombreuses interprétations erronées. Il verra un nombre déglises supérieur au nombre des mosquées, mais il constatera que le tout semble être assez équitablement réparti, plus de mosquées dans les quartiers ouest, plus déglises dans les quartiers est correspondant à une concentration de musulmans ou de chrétiens dans chacune des deux parties de la ville. Lorsquil fait abstraction des chapelles des écoles, et des lieux de culte protestants, particulièrement nombreux à cause de la diversité du monde protestant à Beyrouth, il aboutit à un équilibre entre les deux religions. Mais il ne se rend pas compte que cet équilibre cache une situation très différente. Les églises de Beyrouth correspondent au souci des autorités dassurer un lieu de culte à leurs fidèles proche de leur lieu dhabitation. Il est rare de voir à Beyrouth deux églises, appartenant à une même confession dans un même quartier. Chaque Eglise a cherché à couvrir les besoins de ses propres fidèles. Sil y a plusieurs églises dans un même quartier, elles appartiennent à des confessions différentes. A ces réseaux sajoutent quelques églises, appartenant à des congrégations religieuses latines, qui sont ouvertes à tous ceux qui désirent y venir prier : saint Joseph, des pères jésuites, la « Médaille miraculeuse »15 desservie par les pères lazaristes, saint Louis des pères capucins, et la « Terra Santa » des pères franciscains. Contrairement aux villages il ny a à Beyrouth presque pas déglises construites seulement par dévotion ou pour honorer une famille. Elles correspondent plus à des besoins quà des dévotions, sans quil y ait contradiction entre ces deux motivations. Quant aux mosquées : elles correspondent bien plus à des dévotions. Dabord parce que le besoin de mosquées pour les musulmans nest pas comparable au besoin déglises pour les chrétiens. Elles sont souvent construites par des familles importantes qui veulent donner une mosquée au quartier où elles habitent, ou pour honorer un personnage important de lislam. Cela sobserve facilement rien quen considérant le nom de ces mosquées : on y trouve trois catégories de noms : un personnage important de lislam, le nom de la famille du donateur ou le nom du quartier où elle se trouve. Il y a certainement le souci de donner à chaque quartier où habitent beaucoup de musulmans au moins une mosquée qui peut regrouper les fidèles pour la prière du vendredi. Cela nempêche pas de construire dautres mosquées à proximité. Le nombre de mosquées dans un même quartier dépasse souvent les besoins des fidèles. Ces mosquées appartiennent presque toutes à la communauté sunnite. Sil est vrai que les mosquées correspondent plutôt à des dévotions de musulmans, et les églises plutôt au souci des autorités dassurer des lieux de culte à leurs propres fidèles, les fidèles chrétiens cherchent eux aussi à exprimer leurs dévotions particulières. Ils le font par de petites constructions à lentrée de leur maison ou sur le coin de la rue. Pour invoquer la protection dun saint quils vénèrent, pour remercier le saint pour une guérison obtenue, ou tout simplement comme un lieu de prière personnelle. Ils sont souvent érigés en accomplissement dun vu. Ces « mazars16 » sont très nombreux. Lenquête en a trouvé 187, presque tous dans les quartiers orientaux de la ville. Ce sont des expressions religieuses bien plus modestes quune mosquée, mais aussi bien plus nombreuses. Ce phénomène est pratiquement inexistant du côté musulman, dabord parce que lislam ne connaît pas de culte de saints proprement dit, et ensuite parce que lislam interdit les images religieuses. Malgré les ressemblances apparentes, la façon de meubler lespace de lieux de culte est très différente chez les chrétiens et les musulmans. Ce quils ont en commun, cest le souci de créer des lieux ou les fidèles peuvent se réunir, renforçant ainsi le sentiment dappartenance à une communauté. Ensuite le désir de chaque communauté de se rendre visible et audible pour marquer sa présence et son importance dans un quartier. Les familles importantes désirent également marquer les quartiers. Les mosquées et les églises sont le plus souvent construites avec les donations de familles qui expriment ainsi leur appartenance religieuse, mais aussi leur place dans la vie du quartier, de la communauté ou même du pays. Les moquées gardent parfois le nom de leur constructeur, tandis que ce nom disparaît dans les églises qui prennent tous le nom dun saint ou, parfois, dun titre du Seigneur (par exemple léglise saint Sauveur). Mis à part ces ressemblances, la signification religieuse de ces lieux nest pas le même et la place des autorités religieuses dans leur conception et leur emplacement est également très différente. Faire une carte des lieux de culte de religions différentes me semble donc quelque chose de très utile, à condition que lon tienne bien compte des grandes différences que cachent des ressemblances apparentes. Il est intéressant de constater que des motivations et des législations différentes peuvent aboutir à des résultats semblables, mais aussi de bien comprendre que des résultats semblables cachent des différences importantes. Toute lutilité des comparaisons réside là. 1 Cette étude se base sur une enquête qui a été faite dans les limites de la municipalité de Beyrouth. Elle fait partie dune recherche plus vaste, englobant tout le Liban, entreprise dans le cadre de lInstitut dEtudes Islamo-Chrétiennes (IEIC) de lUniversité Saint Joseph de Beyrouth, en collaboration avec plusieurs autres départements. Si nous nintégrons pas les banlieues de Beyrouth dans notre exposé cest seulement parce que lenquête na pas encore été faite. Plus tard, une comparaison entre la ville et la campagne doit encore développer la recherche. 2 Il y a au Liban 12 Eglises chrétiennes, appartenant à plusieurs traditions orientales : Les Eglises de tradition syriaque : maronite, syriaque, assyrienne. Les maronites ont toujours été en communion avec Rome. Dans les autres Eglises sest constitué une communauté catholique : syriaque catholique et chaldéenne : au total donc 5 Eglises de tradition syriaque. Dans lEglise grecque orthodoxe, de tradition byzantine est également née une Eglise byzantine catholique, appelée le plus souvent grecque catholique ou melkite. LEglise arménienne catholique est présente au Liban depuis le 18e siècle. Après les massacres des arméniens une communauté importante darméniens apostoliques (appelée aussi grégoriens ou orthodoxes) est venu au Liban et y a constitué une Eglise. LEglise copte a été reconnue comme communauté au Liban depuis quelques années seulement, à cause dun nombre dégyptiens coptes qui sont venus habiter au Liban. Ils sont presque tous coptes orthodoxes, de sorte que la petite Eglise copte catholique nest pas représentée au Liban. LEglise latine est présente au Liban depuis très longtemps. Elle servait au départ surtout les européens vivant au Liban. Avec larrivée de plusieurs congrégations religieuses, masculines et féminines, cette Eglise a pris une grande importance dans le pays, malgré le petit nombre de fidèles. Il y a enfin la fédération des Eglises protestantes, regroupant les presbytériens, les luthériens, les anglicans et les arméniens évangélistes. Récemment il y a une grande activité des Eglises baptistes qui, sans officiellement faire partie de la fédération lui sont assimilées. Du côté musulman il y a au Liban les sunnites et les chiites. Les druzes et les alaouites sont également comptés parmi les musulmans, même si des différences importantes les distinguent des deux grandes communautés musulmanes. Il y a enfin la communauté juive, qui ne compte presque plus de membres au Liban, à cause de la proximité dIsraël et de la guerre israélo-arabe. Cela fait au total 17 communautés. 3 La figure du prêtre marié est inconnue dans le catholicisme occidental. La revue Proche-Orient Chrétien a consacré un numéro spécial aux prêtres mariés dans les Eglises orientales catholiques en 1994. Ceux que cette question intéresse peuvent y trouver de nombreux renseignements, aussi bien sur la situation actuelle que sur lhistoire 4 Durant longtemps Beyrouth était habitée par des musulmans sunnites. Les chiites ont fait leur entrée dans Beyrouth tout à fait récemment et ny ont pas encore une véritable organisation administrative. Ils sont par contre très nombreux dans la banlieue sud de Beyrouth, zone qui nest pas incluse dans notre enquête. Pour ne pas alourdir lexposé je me permets donc de me limiter à lorganisation des musulmans sunnites. Les informations concernant lorganisation des sunnites mont été communiquées par cheikh Mohammed Nokkari, directeur de Dar el Fatwa à Beyrouth. 5 « Awqâf », pluriel du mot arabe « waqf », qui signifie littéralement « arrêt ». Il sagit de donations religieuses Ces biens, souvent le fruit dhéritages, sont inaliénables et doivent continuer à être utilisés selon lintention du donateur. Certains appartiennent à des familles, qui les gèrent, dautres ont été confiés à des organismes religieux. 6 Le « Fatwa » est un avis officiel sur une question posée. Le « Mufti » (mot arabe de la même racine ftw) est celui qui est chargé de le prononcer. Cest ainsi que ce responsable musulman donne une orientation à la communauté musulmane. Ce rôle de « guide» sexerce aussi par la prédication du vendredi, cest pourquoi les prédicateurs sont des personnes mandatées par le Mufti. 7 Pluriel dun mot arabe qui signifie « le dessein divin ». 8 Le mot Eglise avec un E majuscule désigne la communauté (Eglise maronite, Eglise arménienne, etc. Tandis que le mot avec un é minuscule désigne le bâtiment (église saint Michel, église saint Georges, etc.) 9 Il est pratiquement impossible davoir des chiffres fiables et précis sur la répartition de la population de Beyrouth, et cela na quun intérêt mineur pour notre sujet. Un grand nombre de musulmans chiites habitent dans la banlieue sud de la ville, mais cette banlieue na pas été intégrée dans lenquête qui vient dêtre menée. Elle le sera dans une étape ultérieure. Dans les limites de la municipalité de Beyrouth, il y a sans doute une majorité de musulmans sunnites. 10 Le Liban compte 12 communautés chrétiennes, mais les Chaldéens et les Coptes nont pas déglise dans les limites de la municipalité de Beyrouth. 11 Une « mousallat » est une salle de prière sans minaret. Elle remplit pratiquement les mêmes fonctions quune mosquée, mais est plus réduite. La différence entre « mousallat » et « mosquée » est comparable à la différence entre église et chapelle. 12 Nos enquêteurs dépendaient de leurs informateurs. Les données fournies sur les dates de construction des lieux de culte manquent souvent de précision. A quelques exceptions près il est cependant possible de déterminer à une dizaine dannées près, vers quelle époque un lieu de culte a vu le jour. 13 Ceux qui sont intéressés par lhistoire de lurbanisation de Beyrouth peuvent utilement consulter : May DAVIE Beyrouth et ses faubourgs (1840-1940. Beyrouth, CERMOC 1996. Puis, du même auteur Beyrouth 1825-1975 : un siècle et demi durbanisme. Ordre des Ingénieurs et Architectes de Beyrouth, 2001. 14 Le nom Khodr est le nom arabe donné à un personnage souvent identifié à saint Georges. La légende établit le lieu où il a abattu le dragon dans la zone du port de Beyrouth. Cest ainsi que saint Georges est devenu le patron de Beyrouth, ce qui explique le grand nombre déglises qui lont choisi comme patron. 15 Nom qui fait référence aux apparitions de Notre Dame à Catherine Labouré à la rue du Bac à Paris. Cette église parisienne est en même temps le centre des Filles de la Charité à Pairs. Les soeurs de la même congrégation à Beyrouth ont dédié leur église à cette dévotion. 16 Le mot « mazar » signifie « lieu visité », il sagit dune image ou dune statuette dun saint quon aime particulièrement, dans une petite construction, où lon met quelques fleurs, quelques bougies, et devant laquelle on sarrête un moment pour prier. Il nest pas rare de trouver trois ou quatre images de saints différents dans un même mazar. |
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