Je voudrais dabord
préciser que ma contribution est bien sûr marquée
par la discipline qui est le mienne, la science politique, ainsi que
par ma spécialisation dans le domaine islamique, notamment-
mais pas uniquement- dans lOuest africain. Ceci étant,
je crois que les « aires culturelles » favorisent
les échanges et les perspectives interdisciplinaires et que
les sociétés de lAfrique subsaharienne étant
manifestement plurielles au plan culturel et religieux nous poussent
naturellement à être sensibles aux relations (allant
de la coopération au conflit parfois violent- en passant
par la cohabitation ) entre différentes communautés
religieuses à lintérieur dun même
Etat.
Ce qui en effet frappe lobservateur
cest la complexité du paysage religieux africain.
On peut certes distinguer des grandes aires religieuses correspondant
à des grandes aires géographiques ( lislam
est surtout présent en Afrique du Nord - Est, dans le Sahel
et sur la bande côtière de locéan Indien,
le christianisme sest surtout implanté au sud de lAfrique
de louest, en Afrique centrale et australe) ; mais cette vision
est trop simplificatrice : dune part elle rend mal compte
de la présence de « minorités »
à lintérieur de ces ensembles, dautre part
elle ne permet pas de montrer les diversités et les scissiparités,
qui traversent chacune des grandes « communautés »
religieuses. Quant au célèbre « fond traditionnel
animiste » qui constituerait lhéritage commun
au delà des religions « importées »
que sont lislam et le christianisme- des sociétés
dAfrique noire, il est susceptible de fausser lanalyse :
dabord parce que le concept danimisme est plutôt
réducteur ( qui a-t-il par exemple de vraiment commun entre
la cosmologie et les cultes des Mossi du Burkina Faso centrés
sur le nam, cest-à-dire la force, qui autorise
certains hommes à en dominer dautres, et ceux des Diola
du Sénégal ou des Maka du Cameroun qui participent plutôt
dune vision éclatée de la société
et d une certaine méfiance envers le pouvoir fort ?) ;
ensuite parce que le concept danimisme a tendance à figer
les sociétés africaines dans une tradition éternelle,
immuable ( « les religions du terroirs », les
seules « authentiques »), alors que les analyses
historiques et anthropologiques les plus sérieuses soulignent
le caractère mouvant de ces religions dites « traditionnelles ».
Cest dire donc que
les relations entre communautés religieuses qui nous intéressent
ici doivent être posées dans ce contexte dynamique. Dynamiques
liées à ce que Jean-Pierre Chrétien a appelé
« linvention religieuse » ( Chrétien,
1993) ; dynamiques aussi associées aux bouleversements
sociaux, économiques et politiques qua connus lAfrique
et qui font de la religion un des éléments exprimant
le changement social sans en être nécessairement la traduction
directe et immédiate. Jinsiste sur de dernier point car
il me paraît très problématique de voir dans limportance
du religieux, en Afrique et ailleurs, une simple réponse à
une situation de crise ( cest le thème du religieux comme
révélateur de léchec de la modernisation
et des difficultés de la démocratisation), de même
quil convient de se méfier dun certain culturalisme
qui ferait des Africains des êtres « naturellement »
religieux.
Insister sur lanalyse
dynamique des religions africaines afin de comprendre leur rôle
social et lévolution des relations entre communautés
différentes ne veut en effet pas dire que la prégnance
du fait religieux en Afrique ne mérite pas dêtre
posée. En effet, contrairement à ce que postule une
vision développementaliste très occidentale ( et encore
plus franco-centrée) et qui se veut universelle- de
lévolution des sociétés humaines, la sécularisation
ne constitue pas lhorizon inéluctable de la modernisation.
Cest-à-dire que la non sécularisation nest
pas nécessairement le signe dune conscience aliénée
ou dun mal développement. Achille Mbembe a, selon moi,
parfaitement raison dexpliquer que « le champ religieux
représente en Afrique un horizon inéliminable et donc
incontournable dans lanalyse et la compréhension des
sociétés actuelles » « Les faits
qui laffirment, poursuit-il, ne peuvent être réduits
à un simple essai enfantin de maîtrise de l a vie (
.)
Le religieux participe dune dimension constitutive de la vie.
Il importe de le prendre autant au sérieux que les autres déterminants
qui structurent de manière ouverte la vie présente et
future des Africains » Mbembe : 1988, 18). En ce sens
les religions participent pleinement aux constructions sociales dont
elles sont un élément important, voire capital. Certains
auteurs ont même expliqué quelles étaient
dans certains contextes un élément central de structuration
de la société civile. Eduardo Villalon la montré
pour le Sénégal où,explique-t-il, les confréries
soufies exercent un rôle de médiation entre lEtat
et la société ( Villalon, 1995). A un niveau plus culturel
et symbolique on a pu dire que les mouvements religieux sont une tentative
pour donner sens au changement et même le rendre possible, à
travers ce que lon a appelé « un nouvel ordre
moral de lautorité ». ( Otayek, 2000).
Tous ces éléments
permettent de mieux comprendre ce que lon nomme le renouveau
religieux en Afrique et lapparition de nouveaux mouvements
religieux, quils soient musulmans, chrétiens, ou prophétiques,
ou autres . Ces renouveaux portent des mobilisations qui dans certaines
situations sont susceptibles dentraîner des rivalités
et des conflits entre communautés.
Du côté chrétien
les campagnes dévangélisation de certains groupes
très actifs prennent le forme de « croisades »,
quelquefois sous la houlette de grands prêcheurs internationaux,
comme le pasteur allemand Reinhard Bonnke. Ces « croisades »,
je men suis aperçu lors dune mission au Kenya,
nont pas manqué de poser des problèmes dordre
public dans la mesure où elles mettaient en cause dautres
communautés religieuses , disons plus « traditionnelles »
et où elles se manifestaient par des « happenings »
difficilement contrôlables.
Les dawa sont
la version musulmane de ces nouvelles formes dévangélisation.
le mot dawa signifie « appel »
et désigne des formes de prédication et de propagation
de la foi qui prônent un activisme religieux dans la vie de
tous les jours. Comme dans les groupes chrétiens la dawa
repose sur laction de prêcheurs dont la rhétorique
et le style sont dailleurs assez proche de ceux des pasteurs
évangélistes. On retrouve aussi chez eux la même
critique des cadres institués de la religion ( cest le
thème de la « trahison des clercs »,
en loccurrence des oulémas « pervertis »)
et le même souci détablir un nouveau leadership
religieux au sein de la communauté. Dans un pays comme le Nigeria
ces campagnes ont abouti à des violences entre les musulmans
des confréries soufies ( Qadiriyya, Tijaniyya) et les « fondamentalistes »
du mouvement Izala ( exactement : Bida Yan Izala : « ceux
qui rejettent linnovation » ). Mais elles ont pu
aussi provoquer de véritables émeutes entre musulmans
et chrétiens, notamment dans les campus du nord du pays.
Il faut aussi ajouter que
ces nouvelles mobilisations sappuient dans un cas comme dans
lautre sur de réseaux internationaux qui financent ces
activités de propagation de la foi et forment leurs cadres.
Cette nouvelle mondialisation de lactivité religieuse
est un élément qui mérite dêtre pris
en compte dans la géopolitique complexe de ce renouveau religieux
qui croise dynamiques internes et stratégies globales. Mais
la situation est dautant plus difficile à démêler
que les « centres » sont multiples et rivaux.
Dans le cas musulman on est en présence dune multitude
d « agences », de « fondations »
qui sarticulent moins sur des différences dinterprétation
de lislam que sur des compétitions politiques entre Etats,
partis ou ligues correspondant à des intérêts
politiques et stratégiques internationaux spécifiques.
Bref, ces recompositions
religieuses qui remettent en question les frontières entre
communautés religieuses sont à la fois le reflet de
changements sociaux internes et lexpression localisée
de rivalités politiques plus larges. Le paradigme du « branchement »,
que Jean-Louis Amselle a récemment proposé me semble
particulièrement approprié pour rendre compte de ces
croisements, de cette dialectique entre le global et le local, entre
linterne et lexterne ( Amselle, 2001).
Il y a enfin autre élément
qui participe pleinement à ces recompositions, il sagit
du lien entre le champ religieux et le champ politique . La politisation
des religions me semble en effet être une dimension importante
de ces problèmes de frontières dont nous discutons aujourdhui.
Cela nest évidemment pas nouveau ; les historiens
et les anthropologues lont abondamment souligné :
létude des assises sacrées du pouvoir ou celle
des rébellions religieuses, parfois ritualisées, dans
lAfrique précoloniale en sont lillustration. Quant
à la colonisation, on sait quelle a été
à lorigine dune nouvelle carte des religions en
Afrique et de la formation de nouvelles élites, même
si les conversions, ainsi que le dit Achille Mbembe, sont peut-être
moins des ruptures que des modalités inédites dinscription
contradictoire- des Africains dans un nouvel univers ( Mbembe,
idem).
Il reste cependant que depuis
les indépendances, les constructions politiques ont pu interférer
avec les dynamiques religieuses dont jai parlé plus haut.
On peut constater que cest souvent lorsque ces interférences
se produisent que les relations entre communautés religieuses
posent problème. Examinons rapidement quelques uns des scénarios
de rencontre du religieux et du politique. Commençons par la
nature de lEtat. La plupart des Etats africains se déclarent
laïques et sont donc en principe neutres au plan religieux. Il
y a bien sûr des exceptions : lEthiopie impériale
chrétienne, avant la révolution de 1974 et les Etats
officiellement islamiques ( Soudan, Mauritanie, Comores, Djibouti).
Il est évident que ces situations où il y a une religion
dEtat crée un contexte porteur de tensions lorsqu
existent des « minorités » importantes
et actives ( Soudan).
Cependant la laïcité
de lEtat ne doit pas toujours être prise à la lettre.
En effet, elle nempêche pas les autorités de chercher
à maîtriser le champ religieux ou à sappliquer
à instrumentaliser certains groupes ou autorités religieuses
pour renforcer leur légitimité et sassurer des
médiations et relais socio-politiques. Le cas du Sénégal
avec les relations étroites existant entre les confréries
soufies et le pouvoir politique est de ce point de vue intéressant.
La laïcité officielle sarticule avec une islamisation
croissante du champ politique et de lEtat, au point que je ne
suis pas certain que le Sénégal pourrait à nouveau
avoir un président non musulman, comme Senghor. Cela ne veut
pas dire que la petite minorité chrétienne sénégalaise
( 6% de la population) soit en difficulté, mais cette situation
conduit tout de même à une marginalisation politique
de cette communauté. Le Kenya serait un cas inverse :
les minorités musulmanes de le côte de locéan
Indien et du Nord ( 8% de la population) ne se retrouvent guère
dans le populisme à résonance chrétienne et biblique
du gouvernement du président Moï. On a pu parler à
ce sujet dun forme de néo-constantinisme, propre à
renforcer le repliement des groupes religieux qui ne se sentent pas
partie prenante dans ce pacte. Ceci dit dans aucun de ces deux pays
on ne constate doppression religieuse. Il convient aussi dajouter
que ces alliances poussent certains groupes musulmans au Sénégal
et chrétiens au Kenya à critiquer plus ou moins violemment
ces collusions.
On notera aussi que la prégnance
croissante de la religion dans la société conduit la
classe politique sinon à remettre en question la laïcité
du moins à en relativiser la portée en adoptant des
comportements ostentatoirement religieux et en truffant leurs discours
de références religieuses. On la bien vu, par
exemple au Bénin où depuis les transitions démocratiques
la religion est devenue un registre dominant du répertoire
politique, y compris chez ceux qui auparavant se réclamaient
du marxisme (Kérékou, dit le « caméléon »
dont la « conversion » a été spectaculaire).
Dans ce pays la revitalisation du vodun semble devoir être comprise
dans ce contexte.
Les transitions démocratiques
nont donc pas du tout entraîner une sécularisation
du politique. A linverse elle a contribué à introduire
de façon encore plus manifeste le religieux dans le champ politique.
Les partis et hommes politiques ont cherché des soutiens politiques
et financiers auprès de telle ou telle Eglise ou groupe religieux,
ce qui a conduit à une certaine instrumentalisation de certains
dentre eux. Le pluralisme politique ne reproduit pas de façon
nette le pluralisme religieux, mais les tentatives dutilisation
du religieux par le politique sont partout manifestes et peuvent contribuer
à créer des clivages entre communautés ou groupes
religieux, même si les constitutions de la plupart des Etats
africains interdisent les partis politiques à base religieuse
( mais aussi ethnique et régionale). Ce fut le cas, par exemple
au Mozambique où lors des élections qui ont suivi les
accords de paix la Renamo a largement bénéficié
du vote musulman, alors que le Frelimo était plutôt identifié
aux Eglises chrétiennes ( pentecôtistes, catholiques).
Dans un autre pays lusophone, La Guinée-Bissau, les rivalités
entre les deux grandes confréries musulmanes ( la Qadiriyya
et la Tijaniyya), au profil social assez différent, sexprime
notamment sur le terrain politique par des affinités partisanes
bien différenciées.
En somme la démocratisation
nest pas étrangère à la politisation et
à la radicalisation des clivages religieux quand ceux-ci tendent
à se confondre avec des clivages partisans et ethniques ( voir
aussi le cas de la Côte - dIvoire). Limportance
croissante des religions dans la vie sociale assure à celles-ci
une place privilégiée dans la société
civile et les sphères publiques. La diminution des ressources
étatiques et donc des champs dintervention des institutions
publiques ont favorisé cette situation dans la mesure où
les organisations religieuses sont de plus en plus présentes
dans des secteurs comme la santé, le travail social, le développement
local ( ONG), léducation.
Il est évident que
cette présence sociale et cette politisation des affiliations
et groupements religieux peuvent conduire à des demandes spécifiques
de telle ou telle communauté religieuses ( ou de ses représentants)
pour que certaines de ses particularités aient une reconnaissance
officielle.
Il existe notamment dans
la plupart des pays où les communautés musulmanes sont
suffisamment nombreuses et actives un lobbying islamique critiquant
le caractère occidental et chrétien des institutions
publiques et luttant pour que lhéritage islamique soit
pris en compte. Ces revendications touchent surtout les questions
de léducation, du droit ( cest la problème
de lintroduction de la sharia dans le droit privé
droit de la famille et parfois droit pénal) et des jours
fériés
Ces demandes ont souvent provoqué
dâpres controverses et alimentées des débats
politiques souvent houleux (comme au Mozambique ou au Kenya) et ont
quelquefois, plus rarement, entraîner des affrontements violents
entre communautés religieuses.
Ces remarques aboutissent
donc au constat que la pluralité religieuse si caractéristique
de beaucoup dEtats africains est susceptible de se radicaliser,
surtout dans les situations où on assiste à une instrumentalisation
réciproque du religieux et du politique et où les appartenances
religieuses recoupent des identités territoriales ou ethniques.
Il convient cependant de
ne pas exagérer cette tendance. Sil y a des violences
et des guerres en Afrique, elles ne se confondent pas dans la majorité
des cas avec des guerres de religions. On notera que des pays
comme la Somalie, le Rwanda ou le Burundi sont relativement homogènes
du point de vue religieux.
Dans beaucoup dEtats
africains règne tolérance et cohabitation religieuses.
Celles-ci tiennent moins au progrès de la laïcité
quà une habitude de la diversité culturelle, au
caractère labile des identités et à une approche
souvent pragmatique de la religion.
Il se peut que les changements
et les décompositions que connaissent les sociétés
africaines contemporaines modifient cette situation et que linflation
des mobilisations religieuses qui est loin dêtre
une spécificité africaine aboutisse à
une radicalisation des différences religieuses.
En létat actuel
des choses nous avons surtout deux exemples de ces situations de violences
religieuses : Le Nigeria et le Soudan, qui mériteraient
des analyses de cas spécifiques. Je ne les aborderai que très
sommairement.
Au Nigeria, ces conflits
participent dune culture de la violence qui sest instaurée
avec lexplosion urbaine, la guerre du Biafra, la corruption
de la classe dirigeante, labsence de régulation politique,
notamment. Cette culture de la violence sest aussi nourrie dune
segmentation territoriale aboutissant la création de 36 Etats
fédérés, cherchant chacun à établir
ses frontières et à affirmer son identité, dans
un contexte où prévalait la pluralité religieuse
et ethnique, même si certains groupes exerçaient une
certaine hégémonie.
Mais il convient aussitôt
de souligner que ces affrontements religieux nopposent pas forcément
chrétiens et musulmans. Je lai déjà signalé :
les trois pôles de lislam nigérian ( les confréries,
les réformistes/ fondamentalistes, lislam messianique
et populiste) sont loin davoir entre eux des relations pacifiques.
La stigmatisation de ladversaire est de règle.
Je connais moins le cas
du Soudan, mais celui-ci me semble aussi plus complexe que ne peut
le laisser paraître le simple clivage Nord musulman/ Sud chrétien
qui est habituellement présenté. Sil est incontestable
que ce clivage issu de la colonisation britannique a quelque réalité
et a produit des cultures et des histoires différentes, les
spécialistes expliquent que les choses ne sont pas aussi simples.
Dun point de vue confessionnel le Sud est bien plus diversifié
quon pourrait le croire (catholiques, protestants, animistes)
et que le Nord nest pas non plus un bloc monolithique ( diversité
et rivalité des confréries, opposition confréries/
fondamentalistes). Ce pluralisme religieux complexe est propice à
des alliances a priori contre nature, comme le soutien de Khartoum
à la guérilla des intégristes chrétiens
ougandais
. Ou les attaques des troupes gouvernementales contre
les groupes musulmans armés nuba.
Les enjeux apparaissent
moins religieux que politiques et territoriaux, sur fond de ressources
pétrolières. Les religions sont surtout des modes de
mobilisation et des catalyseurs de passions ( Marc-Antoine Pérouse
de Montclos, 2002).
Toutefois, les passions
religieuses, comme les passions ethniques, posent une question de
fond : pourquoi les hommes se laissent-ils autant mobilisés
ou manipulés par ces catégories dappartenances ?
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Anthropologie de luniversalité des cultures, Paris,
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Paris,Karthala, 1997.
Otayek ( R), Identité
et démocratie dans un monde global, Paris, Presses de Sciences
Po, 2000.
M. A.Pérouse de Montclos,
« Le Soudan, une guerre de religions en trompe-loiel »,
in C.Coulon ( dir.), Lislam africain branché,
Année politique africaine 2002, Bordeaux/CEAN, Paris/Karthala,
à paraître.
E.Villalon, Islamic Society
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