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LA MARGINALISATION SANITAIRE DES ÎLOTS PYGMÉES DE LA LIKOUALA (CONGO) Gérard SALOMONE Médecin
des hôpitaux François TAGLIONI Maître
de conférences |
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L'article complet |
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Les conditions socio-économiques nexpliquent pas tout quand il s'agit dinégalité de santé et dallocation de ressources. Le contexte ethnique joue un rôle habituellement occulté. Il est certain que la discrimination en matière de droit civil et politique est aussi importante que les inégalités économiques. Ainsi, létat sanitaire déplorable des Pygmées est la conséquence, à la fois de leur condition de "sous-prolétaire" mais également de leur asservissement par leurs voisins Grands Noirs (Bantous et Oubanguiens). La persistance du pian dans ces communautés danciens chasseurs-cueilleurs, alors quil a disparu chez leurs patrons Grands Noirs1, témoigne sur le plan sanitaire de la ségrégation subie par ces populations. Cette ségrégation se manifeste également par la quasi-absence de scolarisation et de droits civiques élémentaires. Dans cette étude, les
différentes tentatives délimination du pian en Afrique
Centrale seront présentées. Les profils sanitaires des
Grands Noirs et des Pygmées de la région de la Likouala
(Congo) seront comparés et analysés en faisant appel à
lhistoire et à lethnologie. Nous donnerons enfin
quelques éléments de réflexions pour venir en aide
aux minorités tribales pygmées de la région. 1. Histoire de la lutte contre le pian Le pian2, bien connu des négriers et des officiers de marine, fut, jusquaux années 1950, une endémie touchant plusieurs centaines de millions dindividus dans la zone intertropicale. Cest en effet, en 1950, que la découverte de lextencilline3 (photographies 1 et 2) fit croire aux experts de lOrganisation mondiale de la santé (OMS), la possibilité déradiquer lendémie. En 1965, bien que 50 millions de pianiques eussent été traités, lOMS constata la persistance de linfection et de la transmission de la maladie dans toutes les zones dinterventions. Le mot éradication disparu des documents officiels de lOrganisation mondiale. En 1978, à Alma Ata, un nouvel espoir de lutter contre cette endémie fut mis dans les Soins de santé primaires (SSP). Ils intégraient, en effet, dans leurs objectifs, la prévention et le contrôle des endémies locales, en particulier le pian. Mais, en 1984, le bilan dressé au IIIe Symposium contre les tréponématoses endémiques fut plus que mitigé. Les cas résiduels étaient encore estimés à un ou deux millions de personnes et surtout le pian était devenu une maladie des zones marginalisées. "Là où sarrête la route commence le pian", disait Higgins, un spécialiste reconnu de cette affection. Cest à partir de ce symposium quune divergence apparut entre les recommandations de la communauté scientifique et les politiques sanitaires des états impliqués. Pour les experts, il était absolument nécessaire de continuer à surveiller cette endémie. Dans le cas de lAfrique Centrale, le pian ne concernait quasiment que les groupes pygmées. Au Congo, par exemple, le Dr Obvala, médecin chef des grandes endémies de la région de la Likouala signalait en 1986, lexistence dun réservoir de pian dans cette population ; 1200 cas furent traités. LOCEAC4 concluait à son tour, en 1989, à une recrudescence suffisamment importante de laffection pour quelle soit à nouveau considéré comme un problème de santé publique. Par la suite, les Cahier santé de 1993, précisaient également que les Pygmées étaient devenus réservoir de pian et que celui-ci commençait à apparaître chez les Grands Noirs, témoignant dune régression, chez ces derniers, des soins de santé primaires. Entre 1992 et 1996 les médecins de lassociation Technologie médicale et coopération (TMC) au cours de leurs tournées traitèrent, par lextencilline, dans le Nord Congo (carte 1) plus de 3 000 cas de pian chez les Pygmées Aka5 (carte 2). En revanche pour les états de la région et les bailleurs de fonds (Banque mondiale, Coopération française et dautres) le pian n'était plus considéré comme une priorité sanitaire. Dailleurs il ne fait plus partie aujourdhui des programmes de lutte. En conséquence lextencilline a disparu des centres de soins de santé primaires bien que la prévalence du pian est du même ordre6, dans le cas du Congo, que la tuberculose (2 500 cas), la trypanosomiase (1 625 cas) ou la lèpre (3 757 cas). La justification idéologique des bailleurs sappuyait
sur le constat que le pian navait pas une
charge de morbidité suffisante pour être pris en compte
et que le prix à payer pour son éradication était
trop élevé. Dans cette conception de la médecine
de masse, seules étaient traitées les maladies pour lesquelles
le retour économique de linvestissement financier, constitué
par le prix du traitement, était suffisamment rentable pour le
développement du pays. Cette politique sanitaire était
déjà celle de la colonisation. En 1950, le Dr Vaucel,
directeur du service de santé de la France dOutre-mer,
justifiait linutilité des campagnes contre le pian par
son incidence économique marginale pour la colonie. Cétait
pour lui un problème dhygiène qui devrait être
réglé par lamélioration Photographies 1 et 2 26 juin
22 juillet Crédits Photos : J.-B. Fabre Carte 1
Carte 2
des conditions économiques de ces populations. Bien sûr le pian avait une morbidité faible, mais lintérêt de sa prise en compte résidait dans le fait que, dune part, il témoignait des difficultés daccès aux Soins de santé primaires (SSP) et que, dautre part, sa présence démontrait que les SSP tels quils sont conçus nétaient pas adaptés aux spécificités sanitaires des groupes qui en étaient atteints. Le pian nétait, en effet, que la partie émergée de liceberg et les rares enquêtes sanitaires montraient que, en particulier, le Programme élargi de vaccination (PEV) narrivait pas jusquà eux. Les campements étaient en conséquence la proie dépidémies beaucoup plus graves, comme la rougeole, qui tuaient un grand nombre denfants pygmées. Alors pourquoi choisir le pian comme indicateur de marginalisation de certaines populations de la zone intertropicale ? Certes, le pian a une morbidité relativement faible, mais la chronicité et la visibilité de ses manifestations sont plus difficiles à occulter que la mortalité de certaines maladies qui témoignent également dune discrimination. Ainsi, la rougeole à une létalité beaucoup plus grave mais son évaluation est plus difficile dans une population non recensée et dans laquelle les déclarations de naissance sont faites de manière aléatoire : cest le cas des groupes pygmées. Cette marginalisation est dailleurs confirmée par les rares enquêtes7 sanitaires qui permettent de comparer les profils sanitaires des Pygmées et des Grands Noirs. Les Pygmées ne sont pas atteints par le SIDA et les cas dhépatites sont beaucoup moins fréquents du fait de lisolement social de ces populations. Elles ne souffrent quasiment pas du paludisme car lanophèle ne pénètre pas la canopée. Elles sont rarement atteintes de trypanosomiase : les mouches tsé-tsé ne vivant pas en forêt du fait de labsence deau. Ces affections touchent en revanche les villageois Grands Noirs qui bénéficient dune certaine attention des pouvoirs publics et des différents programmes de coopération. Cette inégalité dans les allocations de ressources selon le groupe considéré est encore plus choquante quant, on connaît limportance des financements internationaux investis dans les parcs naturels de la région, comme celui de NDoki-Nouabalé (carte 1). Un des objectifs officiels de ce parc est de sauver les gorilles argentés migrant dans les mêmes territoires que les Pygmées. Paradoxe dautant plus frappant que ces animaux sont également atteints par le pian et traités régulièrement pour cette maladie, contrairement aux pisteurs pygmées. Pourquoi cette différence daccès aux soins pour des groupes humains voisins ?
2. Vux pieux et réalités
Depuis peu, sous la pression de la société civile une évolution est perceptible dans les déclarations de lOMS et de la Banque mondiale. Ainsi, dans son rapport 2000, pour la première fois, lOMS considère que lamélioration de la santé est de toute évidence le principal objectif dun système de santé. Mais, il doit également répondre aux attentes de la population et réduire au minimum les écarts entre les individus et les groupes. Il sagit donc dassurer à chacun la même qualité de soins sans discrimination. Lapproche, selon laquelle, les soins de santé primaires étaient considérés comme le moyen dobtenir une couverture universelle dun coût abordable, est remplacée par ce que lOMS appelle le nouvel universalisme. Les experts de lOMS voudraient que maintenant on dispense à tous ceux qui en ont besoin des soins essentiels de haute qualité. Quant à la Banque mondiale, elle constate que lamélioration de la santé ne saurait exister sans croissance économique. Elle ajoute aujourdhui que lélimination des obstacles sociaux et institutionnels, érigées par les distinctions de sexe, dappartenance ethnique et de statut social, facilite également laccès aux soins. Pour montrer la difficulté de mise en uvre de ces nouveaux objectifs, dans le cas de lAfrique Centrale, un détour par lethnologie et lhistoire nous semble à présent nécessaire. Les difficultés daccès aux soins ne sont quune des plus visibles manifestations discriminatoires dont souffrent les Pygmées. Dautant, que la situation politique actuelle au Congo ne laisse pas beaucoup despoir à ces minorités tribales. La discrimination des Pygmées s'inscrit dans la longue durée et sétend à lensemble de leurs droits. La perspective historique nous éclaire sur la domination économique, sociale et culturelle des Pygmées par les Grands Noirs au cours des siècles. Plusieurs phénomènes ont contribué à ce processus.
Enfin, la colonisation consolida ce lien de dépendance de plusieurs manières. Dans les trente premières années de la colonisation, on assista ainsi à la chute de la démographie chez les Grands Noirs, dans l'interfleuve Sangha-Oubangui, à la suite de multiples épidémies, famines, répressions et déportations. Par ailleurs, le développement des Compagnies concessionnaires (1898-1930) et par la suite (à partir des années 50) la mise en place des cultures de rente nécessitèrent un important besoin de main-duvre. Chute démographique et besoin de main-duvre rendirent les Pygmées indispensables au fonctionnement de l'économie domestique des Grands Noirs. Cette dépendance évolua par la suite en clientélisme lignager qui permettait aux Grands Noirs de mieux maîtriser leurs fournisseurs pygmées. Ceci afin de répondre à la demande locale et de la colonie, en viande, en ivoire et en peaux d'antilope. Dans tous les cas, les modalités du contrat reflétaient le rapport de force. Les Grands Noirs fournissaient le capital (nourriture, fer, filet, fusil) et commandaient l'accès au marché alors que les Pygmées apportaient leur travail (chasse, collecte, travaux agricoles et domestiques). Les Pygmées refusèrent de se soumettre à ce contrat inique. Les Grands Noirs exercèrent alors une pression morale (présence aux cérémonies de deuil, participation à la dot, enrôlement de force dans les sociétés secrètes) et appliquèrent des sanctions physiques (châtiments et chasse aux Pygmées). Se surimposa à cette situation, la volonté de l'administration coloniale française d'apprivoiser les Pygmées, de les sédentariser et de les former à l'agriculture sous prétexte de les émanciper de leurs maîtres bantous. Cette tentative fut un échec, mais dessina le cadre idéologique dans lequel s'insérèrent toutes les politiques prônées par les religieux et les administrations successives pour assimiler les Pygmées. Enfin, la croyance dans le monde colonial, à une inégalité naturelle des races, des ethnies, des cultures et des vocations régionales, trouva un écho dans la mentalité bantoue. Sur l'échelle de valeurs raciales de ces derniers, le Pygmée occupait la dernière place, juste avant le chimpanzé.
Ces considérations nous montrent que de profonds changements sont nécessaires pour lutter contre le pian et pour permettre aux Pygmées daccéder, de manière plus générale, à des soins adaptés et de qualité. Il faudrait pour cela, inverser le rapport de forces entre Pygmées et Grands Noirs, pallier le sous-développement des régions du Nord et réorienter les investissements en matière de santé publique. 3. Quelques pistes prospectives On peut se demander, si des conditions politiques plus favorables aux communautés infra-nationales sont possibles au Congo. Il apparaît hélas, à ce jour, que la tradition de non-respect des droits de lhomme est dans ce pays inscrite dans la longue durée. Il en va ainsi du fonctionnement de lorganisation sociale bantou précoloniale, du régime autoritaire colonial et des dictatures de laprès-indépendance. Aujourdhui, la paix serait évidemment la première condition dun retour à un état de droit. En effet, la persistance de la guerre civile a entraîné la militarisation du Nord du pays. Les tentatives d'enrôler les Pygmées dans les milices, aux dires des missionnaires catholiques, ont provoqué la fuite des Pygmées d'Ouesso et d'Impfondo en forêt, aggravant ainsi leur isolement et plus particulièrement sanitaire. Si la paix revenait, la nouvelle Constitution du pays, à l'instar de celle de 1992, devrait comporter une forte dose de décentralisation et une reconnaissance des droits collectifs aux communautés infra-nationales. Une décentralisation réelle permettrait de faire taire les revendications sécessionnistes de la Sangha et de la Likouala et leur demande de rattachement à la République centrafricaine. Ces revendications permanentes sont le fait de certains groupes de pression depuis les années 1950. Par ailleurs, la reconnaissance des spécificités culturelles et d'une représentation collective permettrait aux Pygmées de défendre mieux leurs droits auprès de l'administration. Ils pourraient devenir ainsi plus aisément partenaires dans les programmes spéciaux pour les peuples tribaux, financés par la Banque Mondiale ou l'Union européenne8. Mais reconnaître les droits collectifs des Pygmées, ne doit en aucune manière, leur interdire de choisir entre un statut de minorité autochtone et une possibilité dune pleine citoyenneté congolaise. De la même façon, les ethnies Grands Noirs du Nord, zones forestières défavorisées, pourraient également faire l'objet de mesures spéciales d'aide au développement. Ces questionnements étaient au centre des débats du congrès tenu en avril 1999 à Yaoundé sur le thème "Protéger la forêt équatoriale africaine". Ce congrès a montré que cela ne pouvait se faire qu'avec la participation des populations. Telle a été également la conclusion, à mi-chemin, du projet "Avenir des peuples des forêts tropicales (APFT)" de l'Union européenne. Dautant, que l'amélioration des conditions de vie des Grands Noirs devrait entraîner un allégement des contraintes quils font peser sur les Pygmées. En matière de droits individuels, les déclarations et les conventions9 signées par le Congo ne comportent pas de protocoles additionnels permettant aux individus de porter plainte. Dautre part, aucun mécanisme juridictionnel contraignant existe, contrairement à ce qui se passe en Europe avec la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Enfin, les procédures sont confidentielles, évitant ainsi aux états la sanction de l'opinion publique. Et surtout, la recevabilité des demandes exige l'épuisement des recours devant les juridictions nationales. Ceci pose un problème majeur quand l'état lui-même ne respecte pas les droits élémentaires... Néanmoins, lOrganisation des Nations unies (ONU) et lOrganisation de lunité africaine (OUA) pourraient favoriser, sur le plan juridique, la reconnaissance des droits des Pygmées en faisant évoluer ce rapport de force entre les individus, les communautés infra-nationales et létat congolais. Il est cependant difficile dapporter la preuve dune violation des droits élémentaires des groupes marginalisés. De ce point de vue, le pian, par son caractère indélébile, témoigne que le droit à la santé des Pygmées et de certaines ethnies nest pas respecté. Or, le droit à la santé est le plus fondamental des droits sociaux et culturels et devrait être, à ce titre, le plus développé : ce qui nest pas le cas. En matière de droits collectifs,
la signature par les pays africains de la Déclaration des droits
des peuples autochtones n'est pas à l'ordre du jour. Pour ces
pays, il n'y a pas de peuples autochtones en Afrique ou alors tous les
peuples africains sont autochtones. Dans ces conditions, la définition
des peuples tribaux, inscrite dans la convention 169 de lOrganisation
internationale du travail, permettrait sans doute de trouver un compromis.
Elle élimine, en effet, les références à
la terre et à l'ancienneté du peuplement dans le pays.
Cette convention, pour l'instant, recueille les mêmes oppositions
de la part des états africains.
L'église catholique est la seule institution internationale qui agit aujourd'hui dans le monde pygmée. Les trois piliers sur lesquels se construit sa politique dévangélisation sont la sédentarisation, la scolarisation et lapprentissage de lagriculture. Ces actions sont particulièrement remarquables au Cameroun. Elles ont bénéficié en République centrafricaine de la politique de sédentarisation, instaurée dans les années 70, par Bokassa. Au Congo, en revanche, les Pygmées n'ont jamais été regroupés autoritairement. L'orientation marxiste du régime a interdit à l'église de les prendre en charge. Néanmoins, les dispensaires des Pères du Saint-Esprit et des Surs de la Charité sont les seuls à recevoir ces chasseurs-cueilleurs rejetés des hôpitaux. Si aucune autre institution charitable ne sintéresse à ces populations, les Pygmées sont, toutefois, un objet prisé de recherche ethnologique. Plusieurs équipes françaises, canadiennes et américaines travaillent sur ces populations. Ont-elles été responsables d'un début d'utilisation des groupes Pygmées à des fins touristiques et de la folklorisation de leurs coutumes ? Ces études sont cependant un préalable incontournable à toute action dans la région. La complexité et lintrication des problèmes à résoudre pour mettre en uvre un plan de lutte contre le pian, qui ne peut se concevoir que dans le cadre de soins de santé primaires, nécessite la constitution dun groupe de travail pluridisciplinaire. Ce groupe devrait évaluer, dès que possible, le profil sanitaire des Pygmées Aka et les incidences de l'environnement socio-économique, politique et écologique sur leur santé. La mise en place dun réseau de surveillance et de soins est souhaitable. Ce groupe devrait également s'interroger sur les moyens pour améliorer la situation juridique de ces populations. Néanmoins, la chronicité du pian, l'importance des moyens à mettre en uvre pour le traiter, implique la participation de la population et l'ensemble du système national de santé. Ces actions ne peuvent pas exister sans une volonté politique forte pour contrôler cette endémie. Dans les faits, les bailleurs de fonds internationaux sont indifférents à cette maladie et les Pygmées ne pèsent d'aucun poids dans les alliances politiques stratégiques. Conclusion Dans une communauté infra-nationale, la présence dun taux de prévalence anormalement élevé de certaines maladies traduit une discrimination non seulement socio-économique et culturelle mais aussi civile et politique de cette communauté. Preuve, sil en est, que les différents droits de lhomme sont indissociables. Le refus de soigner reste toutefois lattitude discriminatoire la plus terrible. Les cartes de prévalence de certaines endémies coïncident souvent avec les territoires dethnies marginalisées. Malheureusement, ces cartes sont rarement tracées et leur absence occulte les problèmes discriminatoires. La carte du pian dans le Nord Congo, établie par lassociation Technologie médicale et coopération, se superpose parfaitement à celle des îlots pygmées. Le pian apparaît ainsi comme lindicateur médical de leur discrimination. Mots Clés : Pygmée, Congo, Pian, Santé publique, Discrimination, Géographie de la santé Bibliographie
Bahuchet, S. ; Philipart de Foy, G., 1991. Pygmées, Peuple de la forêt. Paris, édition Denoël. Bahuchet, S. ; Thomas, J.-M.C. (dir), 1981. Encyclopédie des Pygmées Aka. Techniques, langage et société des chasseurs-cueilleurs de la forêt centrafricaine. Paris, SELAF, 15 volumes en cours de parution. Bahuchet, S., 1991. Les Pygmées d'aujourd'hui en Afrique Centrale. Journal des Africanistes, tome 61, fascicule 1. Bahuchet, S., 1993. Histoire d'une civilisation forestière. La rencontre des agriculteurs : les Pygmées parmi les peuples d'Afrique Centrale, tome 2. Paris, SELAF, 344 p. Brücker,
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Le pian est une endémie handicapante et défigurante, atteignant
en premier lieu les enfants des régions tropicales. Lagent
du pian, Treponema Pertenue, fut découvert par Castellini en
1905.
3.
Une seule injection de cette antibiotique retard est suffisante pour
traiter la maladie.
4.
OCEAC : Organisme de coordination pour la lutte contre les grandes endémies
en Afrique centrale.
5.
On estime que la population Aka sélève à
15-20 000 individus mais aucun recensement officiel na jamais
eu lieu.
6.
Source : Service des grandes endémies du Congo-Brazzaville.
7.
Source : OCEAC, Coopération française et Service
des grandes endémies du Congo-Brazzaville.
8
. Ces programmes concernent plus spécialement les domaines sanitaire,
de lenvironnement ou de la protection des forêts.
9
. Il sagit de la Déclaration universelle des droits de
l'homme, du pacte relatif aux droits civils et politiques, du pacte
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et enfin
des conventions relatives au racisme et aux droits de l'enfant.
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